La maison de L'heptade cherche preneur

C'est entre ces murs que Serge Fiori et... (photo Alain Dion)

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C'est entre ces murs que Serge Fiori et Harmonium ont passé l'été 1976 à enregistrer leur album double.

photo Alain Dion

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Saint-Césaire) La maison de L'heptade est à vendre. Vous savez, cette vieille maison de briques rouges où les membres d'Harmonium ont passé l'été 1976 en état de grâce pour mettre au monde cet album double devenu mythique au Québec? C'est le propriétaire des lieux, Luc Mérineau, qui nous a mis au courant. Et, curieux, on a eu envie d'aller y faire un tour. Direction: 156, rang St-Ours à Saint-Césaire.

Depuis L'heptade, plusieurs familles ont habité la résidence. En 2008, Luc Mérineau est tombé sous le charme à son tour. «Mon neveu était agent immobilier. Même si je ne venais pas du coin, il a tenu à me la montrer. En la voyant, c'était réglé. C'est après que j'ai su qu'on avait enregistré L'heptade ici. Disons que c'était une raison de plus de l'aimer!», explique ce grand fan d'Harmonium.

En tant que publicitaire, il a même travaillé plusieurs fois au studio de son de Louis Valois, un membre du défunt groupe.

«Quand je l'ai achetée, je l'adorais. Mais je me suis quand même demandé ce que je venais de faire... Mes affaires, ma famille, ma blonde, ma vie sont à Montréal. Mais c'est une maison qui a une âme. On dort tellement bien ici!», poursuit-il en souriant.

La Maison-studio

Si l'on se fie au bouquin Serge Fiori - S'enlever du chemin publié en 2013, la résidence avait d'abord été achetée par Fiori et le chanteur Michel Rivard. Le groupe Beau Dommage y a d'ailleurs passé du temps. Or, les personnalités contraires des deux hommes sont rapidement venues à bout de leur cohabitation et Rivard lui a revendu sa part de la maison.

C'est là que L'heptade y a été enregistré, sous l'intuition de Fiori. Pour les besoins de la cause, le salon avait été vidé de ses meubles et transformé en studio de musique. Mais tout ce monde dans un espace si restreint posait problème. Il avait alors été proposé de louer un studio mobile new-yorkais - une camionnette - contenant tout l'équipement d'enregistrement nécessaire et de l'installer dans l'allée, près de la maison.

Encore aujourd'hui, on peut voir les traces du trou percé dans le mur de briques pour faire passer les fils du salon au studio mobile.

C'est aussi dans cette pièce que Marie-Claire et Richard Séguin ont enregistré leur album Festin d'amour la même année.

De la belle visite

Dans ce cottage patrimonial datant de 1850 «ou à peu près», le cachet est encore bien présent. Les portes intérieures, les plafonds, la plupart des planchers et plusieurs autres éléments sont d'origine.

«J'ai fait beaucoup de travaux, mais sans dénaturer la maison. Les fenêtres, par exemple, ont été changées, mais en respectant son style.»

Chose certaine, elle attire encore l'attention. Chaque année, des gens s'arrêtent devant le 156, pour revivre un bout d'histoire. Mais surtout un bout de l'histoire d'Harmonium. «Les gens n'osent pas sortir de leur voiture. Si je suis à la maison, je vais parfois au-devant d'eux. Un gars de Trois-Rivières est déjà venu voir la maison et je lui avais fait visiter. Pour me remercier, il m'a remis un exemplaire du livre sur Fiori!»

Serge Fiori lui-même est déjà retourné sur les lieux, en compagnie de Louis Valois et de Serge Grimaux. «C'est mon neveu qui les a reçus et il m'a dit que Fiori pleurait en entrant dans la maison.»

Monique Fauteux, la voix féminine d'Harmonium, a aussi franchi la porte de la demeure, des décennies après cette expérience marquante pour elle.

Et c'est sans compter les gens qui ont visité les lieux avec l'intention de réaliser une série documentaire sur Harmonium. «Ça fait quelques fois que le projet est dans l'air, mais ça ne s'est jamais concrétisé.»

Luc Mérineau adore cette maison de campagne remplie de souvenirs. Le temps, toutefois, est venu de «s'alléger», confie-t-il. «Je vais retourner à Montréal. Je vends, mais je ne suis pas pressé du tout. Il n'y a même pas de pancarte devant la maison. Je vais attendre de tomber sur des acheteurs qui me plaisent.»

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