Jamais trop tôt : un projet qui grandit

«À cinq ans, on est rendus à une... (photo Alain Dion)

Agrandir

«À cinq ans, on est rendus à une étape de qualité, affirme Pierre Fortier, directeur général du festival. Les tounes sont vraiment bonnes. J'ai hâte au show!»

photo Alain Dion

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le volet Jamais Trop Tôt du Festival international de la chanson de Granby souffle cinq bougies cette année. Et déjà, le projet a atteint une belle maturité. Ce soir au Palace, au tour de nos ados de nous en mettre plein la vue... et plein les oreilles.

«À cinq ans, on est rendus à une étape de qualité, affirme Pierre Fortier, directeur général du festival. Les tounes sont vraiment bonnes. J'ai hâte au show!»

«C'est un projet pour les 14-17 ans, rappelle-t-il ensuite. On sait que les jeunes évoluent beaucoup dans un environnement web anglophone. L'objectif initial du concours était de trouver un moyen de les intéresser à la langue française, alors on a décidé de leur faire écrire des chansons.»

En cinq ans d'existence, ce sont plus de 40 000 élèves de secondaire 3, 4 et 5 à travers le pays qui ont participé à l'écriture d'une ou de plusieurs chansons. Cette année seulement, Jamais Trop Tôt réunit 262 classes de neuf provinces, et pas moins de 284 textes ont été écrits.

Talents bruts

Malgré le jeune âge de leurs auteurs, ces écrits sont criants de vérité. «Ce ne sont pas tous des textes joyeux qui parlent d'oiseaux, note Pierre Fortier. On parle d'hypersexualisation, de drogue, de suicide, d'inceste, d'individualisme... C'est la réalité des jeunes, dans un discours d'ado bien foutu, dans le format d'une chanson avec des couplets et un refrain.»

Difficile alors pour le comité de sélection de choisir les 24 meilleures chansons du lot, soit la moitié au Québec et l'autre moitié dans le reste du Canada. Fait intéressant, deux des textes retenus ont été rédigés par des classes de décrocheurs ou d'élèves en difficulté. «C'est porteur d'espoir», affirme M. Fortier.

Il a ensuite fallu arpenter le pays pour trouver tout autant de voix pour mettre en chanson les textes choisis.

Laïla Lessard fait partie des heureux élus au terme d'une ronde d'auditions où elle a été retenue. La Granbyenne de 15 ans, qui s'est mise sérieusement à la chanson au tournant de l'adolescence, est ravie de prendre part à l'événement. «Le Palace est la plus grande salle dans laquelle j'aurai chanté, raconte-t-elle. C'est sûr que c'est un peu stressant, mais j'y vais pour me donner de l'expérience et pour grandir de ça. J'ai très hâte!»

Les vocalistes retenus ont par la suite pris part à une retraite de cinq jours où ils se sont approprié les oeuvres, bien conseillés par le directeur musical Marc Papillon, la coach vocale Isabelle Côté et la metteure en scène, Andréanne A. Malette.

«Je me suis vraiment découverte en faisant la mise en scène de Jamais Trop Tôt l'an dernier, a affirmé cette dernière au quotidien La Presse, plus tôt cet été. C'est simple: tout ce que je sais sert!»

La préparation du spectacle n'est pas de tout repos. Mais l'auteure-compositrice-interprète de Granby ne lésine pas sur les efforts et s'est impliquée de A à Z dans le projet.

«On monte le spectacle en trois jours en compagnie des interprètes, et chaque chanson implique une demi-heure en rencontre individuelle. Il y a 24 chansons, c'est du stock, poursuit-elle. Après, on a une journée pour la répétition générale et la journée du spectacle proprement dit. Trois jours, c'est justement le temps qu'on avait pour monter chaque semaine un show quand j'étais à Star Académie...»

La suite

Toutes les étapes du concours apprennent aux jeunes que leurs rêves sont à leur portée, à condition d'y mettre du sien. Une leçon parfois ardue. «Plusieurs ne pensaient pas que ce serait autant de travail, note M. Fortier. Les jeunes réalisent que pour arriver à faire carrière, il faut travailler aussi fort que pour un autre métier.»

D'anciens finalistes du Festival de la chanson ont pour leur part composé les mélodies qui donneront vie aux mots des adolescents.

Les 12 meilleures chansons de la cuvée 2015 seront endisquées. Une première galette réunissant les meilleurs titres des années précédentes a d'ailleurs été lancée en douce le printemps dernier. Elle est disponible gratuitement pour un téléchargement sur la plateforme Bandcamp.

«Signe que le projet en est un de qualité, on a appris à la fin juillet qu'une des chansons, qui s'appelle L'été qui recommence, va être reprise sur les ondes de Rouge FM», annonce Pierre Fortier.

De quoi inciter de plus en plus de jeunes à prendre part à l'expérience. Et, qui sait, la boucle finira peut-être par se boucler d'elle-même.

«Ça fonctionne, on a des anciens de Jamais Trop Tard qui font les demi-finales, indique Pierre Fortier. On espère que la chaîne va se faire: des finalistes du Petit Festival qui iraient à Jamais Trop Tôt et qui feraient le Festival. C'est un projet porté à grandir encore.»

Le concert Jamais Trop Tôt débutera à 19 h 30. Il sera diffusé simultanément sur le site web www.jamaistroptot.ca. Le spectacle de l'an dernier a atteint 12 000 visionnements, en direct et en différé.

Abonnez-vous à La Voix de l'Est ou à LaVoixdelEstSurMonOrdi.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer