Première soirée de demi-finales : d'un univers à l'autre

Deuxième artiste à monter sur scène, Véronique Bilodeau... (photo Catherine Trudeau)

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Deuxième artiste à monter sur scène, Véronique Bilodeau s'est ouverte au public, chacune de ses pièces devenant une longue confidence.

photo Catherine Trudeau

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) C'est à une soirée très éclatée que le public a eu droit pour la toute première ronde des demi-finales du 47e Festival international de la chanson de Granby. Six premiers artistes ont tout donné dans l'espoir de décrocher une place à la finale du 28 août prochain.

«Ce sont des petits fruits, ils ont mis leur belle pelure et ils sont bien mûrs. Ils espèrent être choisis dans le réfrigérateur de votre coeur», a illustré l'animateur Matthieu Girard.

C'est Jérôme Casabon qui a brisé la glace avec une chanson à saveur western des plus entraînantes, donnant le ton à une soirée qui s'annonçait festive. On ne pouvait faire autrement que de hocher la tête au rythme de ses airs. Le grand gaillard, très à l'aise sur scène, possède une arme redoutable: il excelle dans l'art du ver d'oreille. On pourrait facilement se surprendre à chantonner ses toum-ti-dla-di au cours des prochains jours.

L'artiste demeurant dans le quartier St-Roch, à Québec, en était à sa deuxième participation au concours: en 2008, il a remporté le Coup de coeur du public avec son groupe, Casabon. «On n'est pas pire contents», chantait-il en ouverture. Nous aussi, admettons.

Véronique Bilodeau a par la suite pris place derrière le micro. Agréable découverte que cette jeune femme en apparence toute douce, qui se révèle forte et solide à travers sa musique aux inspirations folk et pop. Elle transpose visiblement toute son âme dans son art.

Que ce soit en grattant énergiquement sa guitare ou en effleurant les touches d'un piano, la Rimouskoise s'est ouverte au public, chacune de ses pièces devenant une confidence dont chaque membre de l'assistance se faisait le complice. Ça s'entendrait très bien à la radio, juste de même...

Originaire du Saguenay, Danaé s'est montré à la hauteur de son sobriquet de «poète-bucheron». Celui qu'on nous a présenté comme un homme des bois nous a fait découvrir un coeur tendre comme une épinette, nous faisant voguer sur ses hymnes au rythme de sa philosophie.

Une mise en scène minimaliste: l'homme, sa guitare et sa voix. Une formule efficace qui laisse toute la place aux textes révélant un artiste à fleur de peau.

Feu roulant

Au retour de l'entracte, le feu roulant de prestations s'est poursuivi avec une performance de Vincent Roberge, qui a présenté au public un mélange improbable, mais heureux, de trip-hop, de jazz et de rock'and'roll. Un son éclectique et unique.

L'air tout droit sorti des années 1980 avec ses lunettes fumées et son ample chemise à motifs, Roberge nous est apparu comme une drôle de bibitte, le genre qui pique immédiatement la curiosité de ceux dont il croise le regard et les oreilles. En voilà un qui sort des sentiers battus, et ce n'est pas pour nous déplaire.

C'est ensuite débordante d'assurance que Karimah s'est amenée sur scène, prenant possession de l'espace. Mais c'est en chantant que l'Albertaine s'est réellement imposée, sa voix puissante n'ayant rien du tout à envier à celles des grandes dames du soul. Nul besoin de s'accompagner à la guitare ou au piano pour s'imposer: le seul instrument dont la jeune femme a besoin pour faire ses preuves, elle l'a bien en elle.

Après un long préambule, Projet Coyote a finalement clos le bal des demi-finalistes. La force du duo du Lac-Saint-Jean réside assurément dans sa capacité à faire passer son public d'un environnement à l'autre sans tomber dans l'incohérence. Alliant guitare, banjo, harmonica, basse et contrebasse, David Fortin-Théberge et François Potvin ont commencé par nous transporter, effets sonores à l'appui, sur le bord d'un cours d'eau, qu'on pouvait même visualiser grâce à une lumière bleutée à leurs pieds. Une seconde chanson sur la cigarette, accompagnée au gazou, rien de moins, puis une troisième plus rythmée: assez pour nous dépayser.

Prix du public à la finale de 2014, Émile Bilodeau a terminé la soirée comme lui seul sait le faire, enchaînant plus de mots les uns après les autres qu'il est humainement possible de chanter... le tout avec l'humour qu'on lui connaît désormais.

Le verdict: une première demi-finale qui rend impatient de connaître la suite...

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