La ferme Cavalia à Sutton: le paradis des chevaux

Le dada, la passion de Dominique Day, c'est... (photo Janick Marois)

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Le dada, la passion de Dominique Day, c'est le bien-être des chevaux et l'apprentissage par renforcement positif. On la voit ici avec son petit «chouchou», Woodie.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Sutton) L'endroit est magique. Des champs vert tendre bercés par le vent, un panorama qui s'étend très loin jusqu'aux montagnes et des chevaux partout où le regard se pose. Bienvenue à la ferme de Cavalia, une oasis où les vedettes équines de la troupe vont en vacances ou prennent leur retraite en toute quiétude.

La châtelaine de ce vaste domaine de 72 acres, c'est Dominique Day, cofondatrice et vice-présidente à la direction de Cavalia, qui voue aux chevaux un amour véritable. Son dada, sa passion, c'est le bien-être de ces beautés à quatre pattes et l'apprentissage par renforcement positif.

En visitant les écuries et l'immense manège acrobatique, où la quinzaine d'employées (toutes des femmes) et la cinquantaine de chevaux s'entendent comme larrons en foire, on comprend le rôle crucial des installations de Sutton dans la machine Cavalia. Oui, le site sert de lieu de repos, mais aussi d'entraînement pour les plus jeunes chevaux. «Quand on est en période de création d'un spectacle, ça devient une vraie ruche ici. Les gens sont ici durant une année», confie Mme Day.

Au moment du passage de La Voix de l'Est, cette semaine, l'ambiance n'avait rien d'une ruche. Le calme régnait dehors comme dedans. Cette harmonie entre l'humain et la bête a d'ailleurs beaucoup à voir avec la philosophie de l'entreprise, et de la dame en particulier.

Ici, on traite les chevaux aux petits oignons, en répondant à leurs besoins individuels et en s'adaptant même à leurs petits caprices. «On leur doit bien ça», affirme Dominique Day. Si l'un d'eux préfère être à l'intérieur, soit. Un autre déteste être importuné par les insectes? On adapte ses sorties à l'extérieur en conséquence. «Chaque cheval est un individu à part entière.»

C'est là que le renforcement positif prend tout son sens, ajoute-t-elle. Sutton est d'ailleurs un véritable laboratoire en la matière. «Je suis en train de m'entourer des meilleurs au monde dans ce domaine. Depuis le début de Cavalia, Normand [NDLR<saxo:ch value="226 128 137"/>: Latourelle, le fondateur] et moi avons toujours été dans une démarche d'exploration. Et c'est loin d'être fini. On a encore beaucoup à apprendre pour rendre les méthodes d'apprentissage des chevaux plus humaines. Je veux explorer ça jusqu'à ma mort!», lance-t-elle.

L'idée d'ouvrir les portes de la ferme au public fait même tranquillement son chemin. «J'ai envie que les gens sachent qu'on peut entraîner des chevaux dans le plaisir, sans correction, et tirer le meilleur d'eux.»

Elle ajoute: «Le cheval n'est peut-être pas l'animal le plus intelligent, mais c'est une bête toujours à l'affût, hyper intuitive et capable de nous lire. Les chevaux nous rentrent dans le coeur et nous obligent à être dans l'instant présent. Les plus beaux moments que j'ai vécus avec un cheval, c'est quand j'étais juste à ses côtés, à respirer avec lui. C'est comme s'il disait simplement 'Let's hang out'.»

Si Cavalia et Odysseo ont pu pousser aussi loin l'interaction entre l'Homme et l'animal, c'est grâce à cette approche empreinte de respect.

Toujours plus loin

Du spectacle Odysseo, qui voyage depuis 2011 et qui est de passage à Montréal pour quelques semaines, la dame n'a bien sûr que de bons mots. Elle souligne que cette production est très différente de Cavalia, le show qui a tout lancé en 2003. «Au plan théâtral et du divertissement, Odysseo est beaucoup plus gros. Le budget aussi. Odysseo, c'est aussi beau que les spectacles permanents qu'on trouve à Las Vegas.»

Elle rappelle, par exemple, que les mâts intérieurs qui supportaient le chapiteau de Cavalia ont disparu dans Odysseo pour ne pas nuire aux prouesses des chevaux, qui sont plus nombreux. «Ça a multiplié les possibilités.»

Deviendra-t-il un jour difficile de renouveler le genre? «On est allés très, très loin avec Odysseo. Mais les méthodes de renforcement positif vont permettre de faire faire aux chevaux des choses qu'on n'a encore jamais vues», assure-t-elle, convaincue.

Même si elle a assisté maintes fois au spectacle, Dominique Day ne s'en lasse pas. «Les chevaux ne sont pas des robots. C'est un show vivant, avec un côté imprévisible. Il y a une fraîcheur chaque fois.»

Et même à distance, elle ne perd rien de ce qui se passe. «Tous les matins, je lis les rapports de régie. Ça me permet de suivre la condition des chevaux... et les chiffres!»

Car Cavalia est une entreprise familiale. Encore aujourd'hui, les rênes sont menées par Mme Day, Normand Latourelle et ses deux fils. «Ce sont de grands défis. On a près de 500 employés. On ne peut pas arrêter. On a d'autres projets de spectacle. Et Cavalia va demeurer ici tant qu'on aura les moyens. Pour moi, la retraite des chevaux est un volet important.»

Alors qu'Odysseo tournera à Montréal au moins jusqu'au 2 août, Cavalia a ouvert, hier, à Shanghai.

«La Chine continentale, c'est nouveau pour nous. Mais le langage de la beauté, la musique et le côté noble et mythique du cheval, c'est universel! Ça vient chercher quelque chose de profond en nous.»

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