L'Invité à Rougemont : Drôle de leçon de vie

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Vincent Bilodeau, Serge Postigo et Karine Belly se donnent la réplique dans L'Invité.

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Isabel Authier
Isabel Authier
La Voix de l'Est

(Rougemont) Jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour impressionner un futur employeur? Iriez-vous jusqu'à abandonner votre sort à un «gestionnaire d'image» autoproclamé? Perd-on une partie de soi à vouloir plaire à tout prix?

C'est à cette réflexion que la pièce L'Invité convie les spectateurs tout l'été au Théâtre de Rougemont. Un thème profond, soit, mais présenté avec assez d'humour pour éviter de tomber dans une lourdeur affligeante.

Après trois ans de chômage, Ghyslain (Serge Postigo) est enfin à deux doigts de décrocher un emploi intéressant, à l'étranger par-dessus le marché. Dans l'espoir de faire bonne figure, ce quadragénaire anxieux et un peu obsessif invite un certain Papineau (Jean-Bernard Hébert), «l'intégrateur de compétences» de la multinationale, à souper à la maison. Or, son épouse Sylvie (Karine Belly), ou «Vivie» pour les intimes, n'a aucun talent pour la cuisine et manque cruellement d'assurance.

Il n'en faut donc pas plus pour que le pauvre couple laisse son voisin d'en dessous (Vincent Bilodeau) prendre le contrôle de la situation, allant du menu raffiné à la décoration de son appartement, sans oublier le choix musical. Allo authenticité!

Vous comprendrez qu'il est ici question de l'influence - surestimée - des «coachs de vie», des méthodes - pas toujours orthodoxes - des grandes sociétés et des pirouettes que les simples mortels doivent parfois inventer pour se sentir dans le coup.

«C'est la game du siècle. Si on ne gagne pas, on perd toute!», lance Ghyslain pour illustrer à quel point le couple joue son va-tout lors de ce souper d'embauche.

Le bon jeu

Ce qu'on retient d'abord de L'Invité, c'est le jeu des comédiens, qui est excellent. À commencer par Vincent Bilodeau, qui vole la vedette par son naturel désarmant. Ce dernier endosse avec brio le rôle du «ti-Jos connaissant» plein de bonnes intentions, mais totalement envahissant.

La répétition générale du souper/entrevue donne lieu à de bons échanges entre Bilodeau et Postigo, et constitue sans doute le moment le plus rigolo de la pièce. Bien qu'il tire avantageusement son épingle du jeu, on sent toutefois Postigo moins à l'aise dans ce genre de comédie de situation.

Tout le contraire de sa conjointe sur scène et dans la vie, Karine Belly, à qui l'humour sied à merveille. Sa naïve «Vivie» est drôlement attachante.

Présent seulement vers la fin de la pièce, l'invité tant attendu, Jean-Bernard Hébert, personnifie quant à lui avec théâtralité le cadre supérieur suffisant et détestable, qui ne manquera pas d'enfirouaper Ghyslain et Sylvie.

Lors de notre passage samedi soir, l'équipe en était seulement à sa deuxième représentation. Tout semblait déjà bien rodé, mais on aurait aimé que les répliques déclenchent davantage de réactions dans la salle. Dommage que les sourires, même nombreux, ne fassent pas plus de bruit!

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'est sûrement pas trop tard pour ajuster certains détails et donner un peu plus de «punch» à la finale. Comme chantait Reggiani, «il suffirait de presque rien»... pour rehausser L'Invité d'un cran.

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