L'humour sans concession

Yannick de Martino gagne en popularité avec son... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Yannick de Martino gagne en popularité avec son humour décalé, repoussant les conventions dans son créneau.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Jean-François Guillet
La Voix de l'Est

(Granby) L'originalité avant l'efficacité. Tel est le leitmotiv de l'humoriste autodidacte Yannick de Martino. Depuis sa victoire au concours En route vers mon premier gala, il y a quatre ans, le Granbyen d'origine gravit rapidement les échelons avec son style surréaliste et décalé hors du commun.

Dans sa jeunesse, Yannick de Martino s'est souvent vu accoler le qualificatif «différent». Cela a toutefois bien servi celui qui se considère comme «plutôt timide», car il a su amalgamer cette étiquette à une arme infaillible: sa capacité de faire rire. «Je ne me suis jamais considéré comme le clown de service, mais j'ai une facilité à déstabiliser les gens pour les faire rigoler. En fait, j'ai su assez tôt que j'allais faire de l'humour dans la vie. D'ailleurs, je n'ai pas vraiment eu d'autre job. À part travailler deux mois dans une épicerie quand je suis arrivé à Montréal. C'était pathétique, lance-t-il. Vraiment pas fait pour moi.»

Sans le sou, avec son talent pour seul curriculum vitae, le jeune homme a décidé de plonger. Contre vents et marées, Yannick de Martino a gardé le cap, faisant fi d'un passage à l'École nationale de l'humour. «Personnellement, je crois qu'avoir une formation en humour, ça ne change vraiment pas grand-chose. Si tu te poses les bonnes questions, tu peux très bien réussir comme autodidacte. C'est le talent brut qui compte, fait-il valoir. Il faut simplement être capable de te faire voir dans les bons événements pour percer.»

Sortir du cadre

Appelé à décrire son style d'humour, de Martino martèle ne pas vouloir «entrer dans le moule». «Je déteste dire que je fais des blagues. Moi, je propose des idées, j'extrapole sur un sujet. J'aime jouer sur la logique et l'irrationnel. Je n'aime pas le mot absurde. Je fais plutôt de l'humour alternatif. Je trouve ça plus clair, un peu comme la musique. Et ça fait moins peur aux gens. Je qualifie aussi ce que je fais de surréaliste.»

D'ailleurs, loin de lui l'idée de jouer un personnage. «Je suis le même sur scène que dans la vie. Le stand-up, c'est la meilleure façon de ramener l'art au plus simple, dit-il. Ce que j'offre au public est très calqué sur ma vraie personnalité.»

Bien qu'il tienne à «sortir du cadre» en défiant les conventions, l'humoriste de 26 ans a bien quelques modèles. Andy Kaufman est le premier en lice. «Plus jeune, j'ai tout de suite accroché sur ce qu'il faisait. C'était audacieux. Ça me parlait beaucoup», confie-t-il. Les prestations d'Eddie Izzard ainsi que de Tim Minchin figurent également parmi ses coups de coeur. Sur la scène québécoise, de Martino aime particulièrement la plume de Martin Petit et la verve caustique de Mike Ward.

Spontanéité

Les formules toutes faites ne font pas partie de l'arsenal de Yannick de Martino. Adepte d'improvisation au secondaire puis au cégep, il a su jumeler cette passion à l'humour. «Quand j'ai commencé dans le métier, je décortiquais beaucoup les conventions de base comme le fameux "Salut! Ça va bien tout le monde? " Mon but, c'est de faire tout ce qui ne se fait pas. Je fonctionne aussi beaucoup par écriture automatique. Souvent, la base d'un numéro est improvisée à partir d'un mot, explique-t-il. Quand je vois ce qui fonctionne bien, je mets tout ça sur papier.»

Il aime définitivement déranger, parfois même troubler. «J'aime jouer sur le malaise et les silences sur scène. Je ne veux pas être démagogue simplement pour aller chercher des réactions faciles, dit-il. Je veux provoquer des rires bien sentis. C'est la même chose dans ma vie personnelle. Par exemple, je fais souvent semblant de me disputer avec ma blonde pour déstabiliser les gens autour de moi. Je trouve ça bien drôle.»

Dans cette veine, de Martino a récemment fait un passage remarqué en foulant la scène du gala Les Olivier, rappelant aux milliers d'auditeurs son patelin d'origine. «Yannick "de" Granby, je trouve que ça sonne un peu BS!», a-t-il lancé dans un numéro s'articulant autour du «de» en compagnie de son homonyme Olivier Martineau. «Le spectacle a été un gros hit. Les gens m'en parlent beaucoup.»

D'ailleurs, son agenda est bien garni pour les mois à venir. Outre son travail de chroniqueur à l'émission Cliptoman à Musique Plus et un projet de websérie inspirée de sa propre vie, Yannick de Martino poursuit la tournée Alliance Solo avec Pierre-Luc Pomerleau. Il sera aussi du gala Juste pour rire sur la gourmandise animé par André Sauvé, le 15 juillet à la Place des Arts.

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