Découvrir le pardessus de viole

La multi-instrumentiste granbyenne Mélisande Corriveau et son conjoint... (photo Catherine Trudeau)

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La multi-instrumentiste granbyenne Mélisande Corriveau et son conjoint Eric Milnes offriront deux représentations du concert-conférence Récital en duo dans la région ce week-end.

photo Catherine Trudeau

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Jonathan Gagnon
La Voix de l'Est

(Granby) Mélisande Corriveau invite les amateurs de musique classique à découvrir le pardessus de viole ce week-end, alors que le duo l'Harmonie des saisons offrira deux représentations du concert-conférence Récital en duo dans la région. La musicienne de Granby et son conjoint, le claveciniste new-yorkais Eric Milnes, alterneront alors pièces musicales et informations sur l'instrument en vedette, autrefois considéré comme le «violon des femmes».

L'ensemble se produira d'abord dans la chapelle de l'église St-Édouard de Knolwlton ce vendredi à 20 h, avant de répéter l'expérience dès le lendemain après-midi (14 h) au Centre culturel St-Matthew, à Stukely-Sud.

Le pardessus de viole, une variante de la viole de gambe, est en fait un instrument de musique de chambre qui servait parfois de substitut au violon, de l'époque baroque à la Révolution française. Utilisé la plupart du temps par des femmes de la noblesse, on lui associe un répertoire raffiné et élégant, a expliqué Mélisande Corriveau en entrevue avec La Voix de l'Est.

Puisqu'on ne retrouve qu'une poignée de joueurs de pardessus de viole à travers le monde, la Granbyenne promet une expérience unique. «C'est un peu le Stradivarius de la viole. C'est moins connu et ça vaut moins cher, mais pour moi, ça a la même valeur», explique-t-elle.

L'instrument est si rare que la musicienne de 33 ans a dû solliciter un prêt d'un mois en provenance d'une collection de Toronto. Profitant de cette faveur ainsi que d'une subvention qui couvrira la moitié des coûts de production, elle se rendra à Mirabel au cours des prochains jours afin d'enregistrer un album.

Si la discographie de Mme Corriveau comprend plus de 30 titres, le pardessus de viole sera néanmoins mis à l'avant-plan pour une toute première fois.

Et la jeune femme n'a pas caché sa nervosité, étant bien au fait de la complexité de l'instrument auquel elle se frottera. «C'est magnifique, mais c'est très difficile à jouer.»

Docteure Corriveau

L'ensemble de cette démarche axée sur le pardessus de viole s'inscrit en continuité des études universitaires de la Granbyenne, qui a obtenu un doctorat en musique de l'Université de Montréal en janvier 2014. La rédaction d'une thèse d'une centaine de pages faisant office de passage obligé, ce processus l'aura amené à «déterrer le répertoire» d'un instrument quasi oublié.

Elle avait auparavant complété un baccalauréat en flûte à bec ainsi qu'une maîtrise en interprétation de viole de gambe.

Également habile au violoncelle, Mélisande Corriveau estime que son haut niveau de polyvalence l'a grandement aidée à se «bâtir une carrière» en musique classique, et plus particulièrement comme chambriste. «Je suis vraiment spécialisée en musique ancienne. À l'époque (baroque), les gens jouaient de plusieurs instruments. Donc je poursuis cette tradition-là.»

Les dernières années ont été passablement occupées pour Mme Corriveau. En plus de participations régulières aux concerts de cinq ensembles - y compris des représentations en Europe -, elle a aussi collaboré à différents projets, notamment au cinéma et à la télévision.

Par ailleurs, Mélisande et sa soeur Isabeau, une spécialiste de la harpe, se retrouveront sur scène à quelques reprises cet été.

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