Un regard sensible sur l'immigration

Le réalisateur Philippe Falardeau était de passage au... (photo Julie Catudal)

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Le réalisateur Philippe Falardeau était de passage au Cégep de Granby, récemment, pour la projection de son dernier film The Good Lie (Le Beau Mensonge), à l'invitation de la SERY. -

photo Julie Catudal

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<p>Cynthia Laflamme</p>
Cynthia Laflamme
La Voix de l'Est

(Granby) Le réalisateur Philippe Falardeau a présenté récemment à Granby son dernier long métrage, The Good Lie (Le Beau Mensonge), devant plus de 200 personnes, lors d'une soirée organisée par Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY).

Le travail de M. Falardeau était bien connu des gens dans la salle. Lors de la présentation du film par le réalisateur, nombreux étaient ceux qui complétaient à voix haute les titres de ses films ou même sa biographie. «J'ai un fan club à Granby!», s'est étonné l'invité de la soirée. Comme il y a 118 nationalités différentes à Granby, «c'est sans doute le meilleur endroit où présenter ce film.»

Il a aussi profité de cette tribune pour rappeler les événements dramatiques sur la mer Méditerranée, la semaine dernière, alors que des centaines de migrants ont perdu la vie dans de nombreux naufrages.

Issu du documentaire, le réalisateur est particulièrement sensible au sujet de l'immigration. «Dans ce cas-ci, c'est une histoire qui me touchait plus particulièrement parce que ce sont des réfugiés du Soudan et que je suis allé au Soudan en 94 pendant la guerre, raconte-t-il en entrevue. J'avais rencontré les tribus dont il est question. Quand j'y suis allé, ça allait vraiment mal là-bas, il avait fallu évacuer.»

Famille soudanaise

Il s'y trouvait en tant que caméraman pour un autre projet. Lorsqu'on lui a présenté le scénario du Beau Mensonge, 18 ans plus tard, il n'a pas hésité. Le film lui a permis de boucler la boucle, dit-il.

Dans le long métrage, on suit des orphelins soudanais qui fuient leur pays vers un camp de réfugiés. Plusieurs années plus tard, ils sont sélectionnés pour partir aux États-Unis où ils découvrent une autre culture. Le film met en vedette des acteurs soudanais qui ont connu la guerre ou qui sont des enfants de réfugiés, ainsi que l'actrice Reese Witherspoon.

Une vingtaine d'immigrants venus s'installer dans la région ont assisté à la projection. Certains ont refusé l'invitation, les blessures de la guerre étant trop vives encore.

«Je pense qu'ils vont pouvoir reconnaître une partie de leur histoire, a-t-il commenté avant le visionnement. Les gens qui sont réfugiés, habituellement, sont forcés de partir de leur pays. Ce n'est pas des choix. Les raisons varient, que ce soit économique, social ou politique. C'est souvent accompagné de violence dans leur propre pays. Je pense qu'ils vont pouvoir s'identifier à des gens qui débarquent dans un pays qu'ils ne connaissent pas et qu'ils trouvent étrange.»

Les Québécois pure laine ont aussi tout intérêt à voir la production américaine, puisqu'il s'agit d'un film sur les gens des pays d'accueil, tout autant que sur les réfugiés. «On se rend compte de nos travers à nous, observe M. Falardeau. Vu à travers les yeux d'un Africain, la quantité de bouffe qu'on jette par semaine, c'est un non-sens, c'est immoral pour eux. Pour nous, c'est des réflexes qu'on a. Eux, le concept de toilette, c'est de l'eau pour une famille pendant une semaine qu'on flushe à chaque fois. Non seulement ils avaient peur de la toilette, ils ne savaient pas où ça s'en allait tout ça, mais c'était inconcevable qu'il y ait de l'eau qui coule comme ça. C'est comme si nous on allait dans un autre pays et qu'il y avait de l'or qui coulait du robinet...»

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