Stéphane Fallu : faire rire loin des clichés

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«Avant, j'abordais des sujets plus absurdes. Maintenant, je parle du quotidien, de ma vie que j'ai maintenant, mais avec un angle qui peut sembler un peu bizarre. J'essaie de ne pas aller dans le cliché; j'aime beaucoup faire le contraire de ce qui a déjà été fait», confie l'humoriste.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Longtemps considéré comme un éternel adolescent, Stéphane Fallu a gagné en maturité, mais il conserve quand même son côté espiègle. Il s'amène au Palace de Granby vendredi prochain avec son nouveau spectacle Bon deuxième.

Même si dix ans se sont écoulés entre ses deux one man shows, l'humoriste n'a pas chômé. Entre deux spectacles privés et des numéros dans un gala ici et là, il a multiplié les apparitions à la radio et à la télé. Il a également mis un an et demi à concocter son dernier spectacle. «Je n'étais pas parti sur une île méditer mon chakra!» lance-t-il à la blague.

Plus sérieusement, il a attendu le bon moment pour faire son grand retour. «C'était le fun les galas, et un moment donné, j'étais prêt à refaire un show, j'ai eu des enfants, le timing était bon, poursuit le comique. J'attendais aussi d'avoir quelque chose à dire.»

Et des choses à dire, Stéphane Fallu en a. Des conventions qu'on respecte de moins en moins à la vie de couple, en passant par ses angoisses, parfois farfelues, de sa frustration de ne pas être bilingue et des passions que tout le monde semble avoir sauf lui, l'artiste ratisse large. Mais si les sujets peuvent laisser croire qu'il passe du coq à l'âne, un fil conducteur relie l'ensemble, assure-t-il.

«C'est une longue suite, décrit l'auteur, qui s'est entouré de Sébastien Ouellet, de Dominic Sillon et de Martin Cloutier - les célèbres Dominic et Martin-, pour la réalisation de son spectacle. Comme ça faisait longtemps que je n'avais pas été en show, j'ai écrit vraiment beaucoup de numéros. On a enlevé ceux qui ne cadraient pas, puis il y en a cinq qui ont été essayés en rodage et qui ont été enlevés pour en arriver à la formule qu'on a aujourd'hui.»

Éviter les clichés

Est-ce difficile d'être original en abordant des thèmes utilisés à toutes les sauces? «Je pense que tout est dans la manière de dire et de faire les choses, affirme Stéphane Fallu. Quand je parle de vie de couple, de banlieue, je fais beaucoup plus d'analyse sociale que je raconte des anecdotes. Avant, j'abordais des sujets plus absurdes. Maintenant, je parle du quotidien, de ma vie que j'ai maintenant, mais avec un angle qui peut sembler un peu bizarre. J'essaie de ne pas aller dans le cliché; j'aime beaucoup faire le contraire de ce qui a déjà été fait.»

À ce propos, il donne en exemple son numéro où il se plaint de la libido de sa conjointe. On n'en dira pas plus...

Retour à l'essentiel

Et, comme son titre l'indique, Fallu nous explique pourquoi ça n'est pas nécessairement une mauvaise chose, être un bon deuxième. «À travers ce sujet-là, je parle de la performance. Ce que je dis, c'est que tout le monde veut tout le temps être le meilleur. Il faudrait qu'on fasse un triathlon en Chine, du crossfit. On ne peut plus recevoir à souper avec un spaghetti, ce sont toujours des repas à six services. Être bon deuxième, c'est être un bon gars. Si tu es deuxième partout, t'es hot partout», relativise-t-il.

«De toute façon, on a tous nos qualités et nos défauts. Je pense que ça nous ramène à l'essentiel, et qu'il faut assumer qui on est», ajoute celui qui ose demander à son public si l'être aimé est réellement son premier choix.

Ce numéro semble faire réfléchir ceux qui ont assisté à Bon deuxième. «Il y a beaucoup de gens qui viennent me dire - je suis le genre de personne à qui on va se confier, il faut croire - que dans la vie, ils auraient aimé faire autre chose. J'espère que ce numéro-là leur fait réaliser qu'on n'est pas nécessairement malheureux parce qu'on n'a pas tous nos premiers choix», note l'humoriste.

Mais loin de lui l'idée de faire la leçon en abordant nos travers collectifs. «Je n'aime pas vraiment ça. Au lieu d'accuser les gens, je préfère me mettre en situation pour les faire rire. C'est juste ça que je veux, que ce soit drôle.»

Bon deuxième roule sa bosse depuis l'été dernier. Jusqu'à présent, le spectacle suscite une réaction positive partout où il va. «C'est un beau show, les gens partent et ont mal aux joues, c'est ça le but», se réjouit son auteur.

Avec un tel succès, qui sait, il ne se passera peut-être pas dix ans avant qu'il revienne sur scène. Comme le veut l'adage, jamais deux sans trois...

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