À la sauvegarde du patrimoine québécois

«Je n'ai jamais fait ça pour l'argent. Seulement... (Photo Janick Marois)

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«Je n'ai jamais fait ça pour l'argent. Seulement pour la postérité, pour la sauvegarde de notre patrimoine hippomobile québécois», affirme Paul Bienvenu.

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La Voix de l'Est

Le Bromontois Paul Bienvenu lègue son impressionnante collection de voitures hippomobiles au Musée de la civilisation de Québec

Des collectionneurs de la trempe de Paul Bienvenu, il en existe peu. Pendant plus de 50 ans, le Bromontois a acheté, méticuleusement restauré, entreposé et rigoureusement documenté des voitures hippomobiles du XVIIIe siècle au milieu du XXe siècle. Récemment, il a légué son impressionnante collection de 213 acquisitions au Musée de la civilisation de Québec, qui l'a épaulé dans ses démarches pour la faire reconnaître comme bien culturel d'importance auprès de la Commission canadienne d'exportation et d'examen des biens culturels.

Sur ses terres à Bromont, dans l'entrepôt où il garde encore précieusement sa collection faute d'espace au MCQ, Paul Bienvenu est intarissable. L'oeil brillant, passionné, l'ancien homme d'affaires à la retraite a une histoire à raconter à propos de chacun des cabrouets, calèches, coach, traîneaux, carrioles et landaus qu'il possède.

Telle voiture a spécialement été conçue pour permettre à Mme Vanderbilt d'aller faire ses commissions avec son fils sur la 5e avenue à New York. Telle autre a été choisie pour représenter le savoir-faire canadien à la toute première exposition universelle, à Londres, en 1851. Cette autre a servi au défilé du sacre de Mgr Taschereau. Cette autre encore a accommodé les déplacements de quatre gouverneurs généraux successifs, dont Lord Stanley - ce landau demeure d'ailleurs le plus important et le plus ancien de l'histoire politique canadienne.

Sa collection, considérée comme la plus imposante en Amérique du Nord, vaut plusieurs millions de dollars. Mais aux yeux de l'homme de 83 ans, elle est d'une valeur inestimable sur le plan patrimonial. C'est pour cette raison qu'il en a fait don - oui, oui! - au Musée de la civilisation à Québec.

«Je n'ai jamais fait ça pour l'argent, se défend-il. Seulement pour la postérité, pour la sauvegarde de notre patrimoine hippomobile québécois. Quatre-vingt-cinq pourcent de mes voitures ont été fabriquées au Québec, vous savez.»

C'est d'ailleurs ce désir de préserver un pan de notre passé qui est à l'origine de la naissance de cette passion.

Une exposition au MCQ

Déjà amateur de chevaux et d'antiquités, ce fils de forestiers s'est très tôt rendu compte que les voitures hippomobiles de la province étaient acquises surtout par des acheteurs américains. «Je me disais qu'au rythme où ça allait, on n'aurait plus de patrimoine parce qu'il s'en allait tout aux États-Unis, dit-il. Ça prenait quelqu'un qui allait intervenir, et je me suis en quelque sorte nommé le sauveur de la situation.»

Il a fait sa première acquisition en 1962. Il a eu la piqûre. Au fil des ans, il en a acquis plusieurs autres, certaines d'aussi loin que les États-Unis ou l'Irlande. Il a effectué un travail de moine pour documenter chacune de ses voitures et dénicher gravures et peintures les représentant.

En 2009, Historia l'a contacté pour le tournage d'un épisode de La caverne d'Ali Baba, animée par Gildor Roy. «C'est là que tout a débloqué», indique M. Bienvenu pour introduire la suite des choses.

Plusieurs téléspectateurs ont contacté le Musée de la civilisation de Québec pour leur faire part de ce trésor national. L'établissement n'était pas au courant de l'existence d'un tel joyau. Les dirigeants ont pris contact avec Paul Bienvenu, sont tombés sous le charme de sa collection et la donation s'est officialisée en février 2011. «C'est presque un miracle ce qui s'est produit», s'étonne encore le Bromontois.

Désormais sous la garde du MCQ, les 213 voitures hippomobiles de M. Bienvenu sont assurées de demeurer dans la province et évitent d'être éparpillées par une éventuelle vente à l'encan. Dix-huit d'entre elles - les plus belles pièces - sont depuis la fin février en vedette au Musée pour l'exposition Tirées par les chevaux, qui se tiendra jusqu'au 17 janvier 2016.

«Je suis vraiment content et extrêmement fier de ce que j'ai accompli», conclut M. Bienvenu avec raison.

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