Tournage à Sutton : un troublant huis clos

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Le directeur des lieux de tournage du film Shut In présentement en tournage à Sutton, Benoit Mathieu

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Maxime Massé
Maxime Massé
La Voix de l'Est

(Granby) Depuis deux jours, plusieurs roulottes ont pris d'assaut le coeur du village de Sutton où a présentement lieu le tournage du film Shut In mettant en vedette Naomi Watts, nominée à deux reprises pour l'Oscar de la meilleure actrice.

Ce film à suspense raconte l'histoire d'une femme enfermée avec son fils handicapé dans sa maison de campagne à la suite d'une tempête de neige. Elle découvrira alors un troublant secret au sujet de son garçon catatonique.

Hier, l'équipe de tournage a filmé des scènes intérieures et extérieures sur le plateau de la résidence où se déroulera l'essentiel de l'action.

«C'est un huis clos qui a lieu dans une maison isolée dans un boisé. Il y a une tempête de neige avec du verglas, une panne de courant et les gens qui y habitent se retrouvent prisonniers de leur propre maison», a indiqué hier le directeur des lieux de tournage, Benoit Mathieu.

Il est d'ailleurs l'un des rares à ne pas se réjouir du redoux de cette semaine, qui risque de leur compliquer la tâche.

«Il faudra peut-être faire de la neige si ça fond trop. On avait aussi choisi des endroits pour déplacer le camp de base plus près des lieux de tournage, mais on ne pourra pas puisque ce sont des champs et ils commencent à être inondés. Ça demande donc plus de temps de transport. C'est un peu contraignant pour nous», explique-t-il.

Mais peu importe la météo, il y aura en tout 11 jours de tournage à Sutton avant que le plateau ne se déplace du côté de Vancouver. «S'il y a une journée où on ne peut pas tourner en raison d'un empêchement, ce sont des dizaines de milliers de dollars qui peuvent être perdus. On ne peut pas s'arrêter», précise M. Mathieu.

La scène initiale du long-métrage où le personnage principal interprété par Naomi Watts quitte la ville pour aller à la campagne a été tournée à Montréal sur l'autoroute Bonaventure, il y a quelques jours.

Pouquoi Sutton?

Après avoir penché d'abord du côté des Laurentides, le choix du lieu de tournage s'est finalement arrêté sur Sutton au début février à la suite de nouvelles demandes du réalisateur britannique, Farren Blackburn.

Ce dernier souhaitait vraiment dénicher une maison victorienne rappelant la Nouvelle-Angleterre où se passe l'intrigue, ce qui a fait tourner les recherches vers les Cantons-de-l'Est.

«Dans le film, on est quelque part dans le Maine dans un endroit non identifié. La commande était d'avoir une maison vraiment isolée et sans voisins. Comme il fallait une belle façade du côté de l'allée de stationnement, la recherche a été un peu plus pointue. Ça ne correspond jamais en tous points. Le réalisateur doit faire des compromis, choisir le lieu qui s'approche le plus de sa vision et adapter sa mise en scène en conséquence», a noté M. Mathieu.

«On va en fait utiliser plusieurs lieux de tournage en ville puisqu'on se promène pour les morceaux manquants. On a un autre lieu de tournage pour représenter le bureau de la résidence, un autre pour le sous-sol. Ça va être réparti dans plusieurs maisons, mais en donnant l'impression qu'il n'y en a qu'une.»

Et les Sutonnais risquent peu de reconnaître leur ville à l'écran. «On n'essaie pas d'éviter de le montrer, mais on ne voit pas le village puisqu'il n'y en a pas dans le film. C'est vraiment un «shut in» dans une maison. Il y a un accident de voiture qu'on va filmer ici, mais c'est sur une route sinueuse, dans un boisé et de nuit», souligne M. Mathieu.

Des acteurs de premier plan, un film indépendant

Si Shut In, coproduit par Lava Bear et EuropaCorp, la boîte de Luc Besson, mise sur plusieurs acteurs de renommée internationale, dont Naomi Watts et Oliver Platt, il n'en demeure pas moins un film indépendant qui est loin d'avoir les mêmes moyens que les blockbusters hollywoodiens.

«Ce n'est pas un gros film. Quand on fait un gros film canadien, je pense à Barney's Version, on avait 34 millions$ de budget. Ici, on a à peine 12 millions$ et il faut aller à Vancouver après, en plus de devoir payer les comédiens», mentionne M. Mathieu qui évolue dans le domaine du cinéma depuis une trentaine d'années.

Comme c'est souvent le cas lors de tournages, il a été impossible d'obtenir une entrevue avec Naomi Watts. Même le directeur des lieux de tournage n'est pas autorisé à lui adresser la parole à sa guise.

«On n'a pas le droit de leur parler à moins qu'eux, ils nous parlent. J'ai rencontré Anthony Hopkins, Nicole Kidman et c'est le même principe avec tout ce monde-là. Ils sont peut-être en train de réviser leurs textes ou de se préparer pour une scène. On ne peut pas les déranger, les interrompre. C'est la même chose avec les acteurs québécois.»

Les curieux devront patienter près d'un an avant de voir le résultat final puisque Shut In sortira en salles en février 2016.

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