Andrée Ferretti publie Pures et dures

Les 26 visages de la liberté

Andrée Ferretti vient de publier un troisième recueil... (Photo Janick Marois)

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Andrée Ferretti vient de publier un troisième recueil de nouvelles, Pures et dures. Un essai sur son cheminement indépendantiste ainsi qu'un nouveau roman devraient également sortir en librairie cette année.

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(Brigham) Elles s'appellent Maude, Jasmine, Viviane, Reine, Cécile ou Geneviève. Elles sont au nombre de 26 - un nom pour chaque lettre de l'alphabet -, de tous âges, de toutes professions, et de toutes les classes sociales. Elles rêvent de liberté ou en jouissent, luttent pour l'obtenir ou la troquent contre un besoin plus grand de sécurité. Mais elles ont un point en commun: elles sont des battantes. Et elles sont toutes regroupées dans le dernier recueil de nouvelles d'Andrée Ferretti, Pures et dures, paru à la fin du mois de janvier.

Ce n'est pas un hasard si la liberté se retrouve au coeur du septième ouvrage de fiction - et de la dixième publication - de la résidante de Brigham. La liberté, c'est le thème central de toute sa littérature et, surtout, sa raison de vivre.

Andrée Ferretti fut notamment l'une des premières femmes à adhérer au mouvement indépendantiste en 1958 et celle qui a fondé le Front de libération populaire 10 ans plus tard. «J'ai lutté toute ma vie pour la liberté, reconnaît-elle. Et je sais que je suis l'une des chanceuses qui sont nées libres. Ça ne m'est jamais passé par l'esprit que je ne pouvais pas faire quelque chose parce que je suis une femme. Je crois que c'est parce que je suis un brin inconsciente. Je ne me pose pas de questions sur moi-même; je les pose sur le monde qui m'entoure. Ma liberté ne s'en trouve ainsi pas entravée par des questionnements introspectifs.»

Indépendantiste et féministe, donc. Andrée Ferretti se défend toutefois d'avoir pondu, avec Pures et dures, un recueil de nouvelles féministes. Bien qu'il ne mette en scène que des femmes. «Le féminisme est là en quelque sorte, puisque toutes mes femmes assument ce qu'elles font, mais il ne l'est pas dans l'idéologie, explique celle qui collabore depuis plusieurs années avec Le Devoir. En fait, tout au long du processus d'écriture, j'ai eu en tête de montrer par des mises en situation le rapport de chaque personnage avec la liberté plutôt que d'entrer dans un discours idéologique.»

Elle a passé un an et demi à imaginer ses différentes protagonistes. Elle y allait selon l'inspiration, sans forcer les choses. Sans essayer d'habiter ses personnages. «Quand j'écrivais, je voyais mes femmes plutôt que de tenter de m'identifier à elle, explique-t-elle. Diane serait probablement la plus proche de moi au niveau de la conception... et peut-être aussi un peu Nadine, qui est un peu plus consciente de la lutte qu'elle mène.»

Un essai et un autre roman

Andrée Ferretti est par ailleurs à compléter l'écriture d'un essai «très personnel» sur son cheminement indépendantiste ainsi que les raisons qu'elle avait et qu'elle a encore d'y croire. Sa parution est prévue pour le printemps.

Elle a également dans ses cartons un nouveau roman qui se déroulera en Espagne sous le régime de Franco. Celui-là devrait sortir en librairie à l'automne.

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