Coeurs de chasseresses

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Florence Grandmont et Julie Lambert étaient fières de présenter Un film de chasse de filles aux Granbyens.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) «Sacrer, c'est prier, et à la chasse, c'est permis!» Authentiques, vraies, et émotives: les femmes en vedette dans le documentaire Un film de chasse de filles n'avaient aucun filtre devant la caméra de la réalisatrice Julie Lambert. Le long-métrage, auquel ont assisté près d'une centaine de personnes hier après-midi au cégep de Granby, transmet par l'image des sentiments pour lesquels les mots n'existent pas toujours.

Le film, fruit de quatre années de travail, sert d'abord à démystifier la chasse. Mais surtout, il vise à démontrer l'humanité qui se dégage de ce loisir aux airs meurtriers. «Dans ce que j'ai vu des films de chasse, on n'aborde jamais le sujet de l'émotion. Pourtant, la chasse est quelque chose de très émotionnel, explique Mme Lambert. On ne parle pas de la peur, mais c'est une émotion qui est bien présente.»

L'oeuvre finale est parvenue à faire transparaître la terreur qui habite parfois celle qui chasse. «Tout était naturel, ça n'avait pas l'air filmé, a commenté Vital Michaud, après le visionnement. Ce sont les vraies réactions d'une femme qui a peur... mais un homme aussi se sentirait comme ça!»

Pleurer derrière les arbres

Le choix des femmes pour le film n'est toutefois pas lié au hasard. «C'était plus facile de le traiter avec des femmes car elles sont plus transparentes au niveau de leurs émotions, affirme Mme Lambert. Ça reste qu'après avoir vu le film, il y a des chasseurs qui m'ont dit: ''Nous aussi on pleure, mais on se cache derrière les arbres''.»

Pour saisir toutes les émotions que vit un chasseur, la réalisatrice s'est entièrement immergée dans son sujet. On la voit, dans le long-métrage, suivre des cours de chasse et tuer sa première bête. Son visage devient alors une toile blanche sur laquelle se dessine toute la gamme de sentiments qui l'habitent, de la nervosité à la peur, en passant par l'excitation, l'inquiétude, la fierté et la fébrilité.

Des sentiments qui remontent à la surface en revoyant certains extraits. «J'ai vu le film plusieurs fois, mais à chaque fois, je ressens la même chose, a confié Florence Grandmont après la projection où on la voit abattre sa 17e proie. Quand t'entends le bruit du coeur... à chaque fois, il veut sortir de ta poitrine. Ce sont les mêmes émotions qui sont revenues. C'est une sensation qui ne s'explique pas.»

Confrontation

Un film de chasse de filles vient aussi toucher les sentiments contradictoires entourant la mort. Mais pour ces adeptes de la chasse et leurs homologues masculins, donner la mort au nom de la subsistance n'a rien d'horrible.

«C'est un cycle: tu viens au monde, tu meurs. Mais la bête, quand elle meurt, elle me nourrit», a lancé Mme Grandmont.

Un constat qui a trouvé écho parmi l'assistance. «C'est la réalité, note Diane Forgues. Je n'ai pas de regrets quand je tue un chevreuil, car ma famille en profite.»

Néanmoins, puisqu'environ la moitié du public assistant au film est composée de chasseurs, l'autre moitié se trouve confrontée à l'inconnu, voire heurtée dans ses valeurs. «Les chasseurs se reconnaissent dans ce qu'on voit dans le film. Les non-chasseurs et les végétariens découvrent un univers qu'ils ne connaissaient pas. Leur vision de la chasse change complètement», allègue Julie Lambert.

«Je ne m'attendais pas du tout à ça. J'ai été surprise, mais c'était très intéressant», a commenté France Denis, une spectatrice.

«C'est super bien. Ça fait découvrir la chasse au féminin, croit Sophie Pichereau, qui tire à l'arbalète depuis trente ans. Il faudrait qu'il y ait plus de femmes à la chasse.»

Celle-ci croit que le long-métrage pourra en inciter certaines à tenter le coup. «Il suffit qu'il y ait un chum ou des amies de fille qui les initient...» dit-elle.

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