Beau Dommage fête ses 40 ans: Robert Léger se souvient

«Oui, le succès qu'on avait faisait du bien... (photo Alain Dion)

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«Oui, le succès qu'on avait faisait du bien aux artistes qu'on était. Ça rassure, ça te va droit au coeur. Mais tout aussi important, ce dont je me rappelle surtout aujourd'hui, c'est le plaisir qu'on avait à jouer ensemble», raconte Robert Léger.

photo Alain Dion

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Granby) Il y aura 40 ans jour pour jour mardi, Beau Dommage lançait son premier album. Robert Léger se remémore aujourd'hui avec nostalgie «la plus belle période de [sa] vie».

«Oui, le succès qu'on avait faisait du bien aux artistes qu'on était. Ça rassure, ça te va droit au coeur. Mais tout aussi important, ce dont je me rappelle surtout aujourd'hui, c'est le plaisir qu'on avait à jouer ensemble», dit celui qui était le pianiste, flûtiste - et bassiste à l'occasion - de la formation et qui a composé certaines chansons, dont Harmonie du soir à Châteauguay.

«On riait tellement, reprend-il. On prenait surtout plaisir à faire rire Marie Michèle (Desrosiers), qui était bien ricaneuse. Des fois, elle ne pouvait pas chanter pendant 45 minutes. À cause de ça, il fallait pratiquer plus souvent...»

Beau Dommage a été formé en 1973 à la suite de la dissolution de La Quenouille bleue. Michel Rivard, Robert Léger et Pierre Huet ont recruté Pierre Bertrand, puis Marie Michèle Desrosiers et le batteur Réal Desrosiers. Le 25 novembre 1974, après s'être fait refuser par plusieurs compagnies de disques québécoises, le sextette signe un contrat avec le géant américain Capitol, dans ses bureaux à Toronto, et sort son premier album éponyme, qui fait tout un tabac et se vend à quelque 300 000 exemplaires!

Suivront Où est passé la noce? (1975) ainsi qu'Un autre jour arrive en ville et Passagers (1977) - tous des disques d'or - avant la dissolution de la formation, chacun désirant se concentrer sur ses projets individuels.

«Moi, j'ai longtemps travaillé pour Paul Piché et j'ai composé bien des chansons pour le cinéma, la télévision, pour d'autres artistes, de Nathalie Simard à Sylvain Lelièvre, et pour le théâtre, comme la comédie musicale Pied-de-poule», rappelle Robert Léger, qui est enseignant à l'École nationale de la chanson depuis sa fondation, il y a 15 ans.

Beau dommage, à qui l'ont doit plusieurs grands classiques tels Ginette, La complainte du phoque en Alaska et Le blues d'la métropole, n'est toutefois pas mort, précise-t-il. «Il n'y a jamais eu de fin définie. On est revenu en 1994 pour une très courte période, on a refait quelques trucs ensemble dont une performance aux Francofolies il y a quelques années lors d'un hommage à Beau dommage, et on se revoit tout le monde deux ou trois fois par année juste pour le plaisir d'être ensemble.»

D'ailleurs, il se pourrait bien qu'ils se rassemblent pour fêter leurs 40 ans et Noël lors d'un souper au restaurant du fils de Michel Rivard bientôt...

«Mais si tu veux savoir si on va ressortir quelque chose bientôt, je te dis tout de suite que ça m'étonnerait», s'empresse-t-il d'ajouter.

Apport à la musique québécoise

Quand on lui demande de décrire l'apport de Beau Dommage à la musique québécoise, Robert Léger se montre perplexe et affiche une grande modestie. «On est très mal placé pour dire ça puisqu'on a tout vécu de l'intérieur, finit-il par répondre. Mais je dirais qu'au niveau du langage, on a emboîté le pas à Robert Charlebois en montrant aux gens qu'il pouvait être possible de chanter avec le parler de la rue, le parler québécois normal, qu'on n'est pas obligé de copier les Georges Brassens, Jacques Brel et compagnie. On a comme donné une permission, la liberté de le faire. Tout ça sur une musique très nord-américaine à l'accent new-yorkais ou californien.»

«Ce qui nous appartient probablement, poursuit-il, c'est le fait de voir trois chanteurs au premier plan sans qu'il y en ait un principal, comme c'est le cas dans la majorité des groupes. Et de mémoire, on n'a pas revu ça souvent.»

Une ruelle Beau Dommage?

Au début du mois, un quotidien montréalais dévoilait que le gérant et éditeur de la formation, Jehan Valiquet, avait officiellement déposé une requête à la Ville de Montréal pour désigner une ruelle au nom de Beau Dommage. Une proposition qui fait sourire Robert Léger.

«On a lancé ça pour rire, avec beaucoup de modestie... on ne demande pas un boulevard, juste un p'tit bout de ruelle, vu que c'est ça qu'on chantait dans nos chansons. On ne pensait pas que ça serait pris au sérieux!» dit-il.

«Mais bon, c'est sûr que ça nous toucherait beaucoup. Ce serait un beau clin d'oeil sympathique», conclut-il.

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