Danielle Dansereau: en deuil de 19-2

«19-2, c'est une série qui demande beaucoup de... (photo Janick Marois)

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«19-2, c'est une série qui demande beaucoup de travail, c'est très long à développer et c'est un sujet complexe qui demande qu'on le peaufine encore et encore», confie l'auteure de Frelighsburg.

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Frelighsburg) Elle a passé son été avec Ben Chartier, Nick Berrof et leurs collègues du poste 19. Le tournage de la troisième saison de 19-2 va bon train. Et l'émission reprendra les ondes en janvier pour ce qui s'annonce être la dernière saison de la populaire série. «Cette troisième saison a été écrite comme s'il n'y avait pas de suite. On a bouclé l'histoire avec une fin probable, mais la porte peut rester ouverte si Radio-Canada décide de poursuivre l'aventure», laisse savoir l'auteure principale, Danielle Dansereau.

Son travail à elle est terminé - l'écriture. L'écriture qu'elle a partagée avec Martin Forget (La théorie du K.O.). Lui en a écrit trois, elle, sept. François Avard a agi à titre de script-éditeur.

«La troisième saison va commencer quelques minutes après la fin de la deuxième, après le suicide du sergent Houle (la taupe du 19), dévoile la résidante de Frelighsburg depuis 38 ans. Ben et Berrof (Claude Legault et Réal Bossé) vont faire un pacte de silence parce que ce qu'ils ont appris - le penchant pédophile de leur sergent - est tellement énorme, ça représenterait une bombe tellement grosse sur le 19, qu'ils ne peuvent pas parler. Aussi, pour ne pas avoir à justifier leur présence sur la scène, c'est-à-dire qu'ils étaient sur l'enquête pour trouver une taupe parmi leurs collègues. C'est quelque chose de très mal vu dans le milieu. Donc, toute la saison va être bâtie autour de ce pacte de silence. Et il y aura beaucoup d'obstacles parce que la vérité voudra toujours refaire surface. En plus, Ben et Nick auront deux interprétations différentes de ce pacte... Ajoutez à cela que tout le 19 sera sous enquête...»

Pas de plan-séquence, mais...

Les comédiens sont sur les plateaux depuis le début septembre et le seront jusqu'au 17 décembre précisément, dit-elle. Un total de 68 jours de tournage pour 10 épisodes. «C'est énorme. Mais 19-2, c'est une série qui demande beaucoup de travail, c'est très long à développer et c'est un sujet complexe qui demande qu'on le peaufine encore et encore.»

Non, il n'y aura pas cette fois de plan-séquence à la Podz (le réalisateur) de l'ampleur de la fusillade dans une école secondaire de la deuxième saison. «Mais ça va ouvrir fort avec une alerte Amber autour de la disparition d'un enfant de cinq ans qui mobilisera tout le 19 et la population», laisse savoir Danielle Dansereau, avant d'ajouter: «C'est l'une des interventions majeures qu'ils auront à faire durant la saison.»

Des personnages réels

L'auteure assiste parfois aux tournages, regarde l'émission en direct comme nous, mais on comprend qu'elle est en deuil. «J'ai tellement vécu avec ces personnages-là qu'ils sont comme réels pour moi, ils existent pour vrai, confie-t-elle. Quand ça fait longtemps que je ne les ai pas vus (est-il utile de rappeler qu'il se passe beaucoup de temps entre chaque saison?), je m'ennuie d'eux, de mes amis.»

Le métier étant ce qu'il est, ce n'est pas le premier deuil qu'elle doit faire. Et la chance qu'elle a, c'est que de nouveaux projets débarquent toujours sur sa table, lui faisant oublier les précédents. Un long métrage et une autre série télé sont notamment à son agenda. Mais pas question d'en dévoiler davantage, sinon qu'il ne s'agira pas de comédie - est-ce une surprise?

«J'aimerais ça un jour savoir écrire de la comédie, mais malheureusement, ce n'est pas dans mon registre naturel, dit presque à regret Danielle Dansereau. Peut-être quand je vais être grande...»

Rappelons qu'on doit notamment à l'auteure de Frelighsburg des séries comme Diva, Tribu.com ainsi que le film L'Affaire Dumont.

«Ce qui m'intéresse, quand j'écris, reprend-elle, c'est l'humain dans tous ses paradoxes. Il n'y a rien de tout blanc, rien de tout noir chez quelqu'un. Il n'y a que des zones grises, d'infimes subtilités, des zones de lumière chez les plus sombres et vice versa. Et quand on est auteur, il n'y a jamais de situations banales. Attendre 8 heures à l'urgence, faire la file, c'est du bonbon pour observer les comportements, les réactions, les tics, et s'en inspirer.»

On pourrait croire que 19-2 a été particulièrement éprouvante à pondre. Que nenni! Ou en fait oui, comme tout le reste. «Pour moi, il n'y en a jamais de facile, admet-elle. C'est toujours difficile parce que je refuse de tomber dans la formule. Je la fuis. Comme je suis dans la création, chaque page est une page blanche.»

«C'est un peu ce qui me pousse à continuer dans le métier, poursuit-elle. De savoir que quand j'écris, je ne parviens jamais à dire vraiment ce que je veux dire, que je me sens inadéquate à transmettre un message. C'est cette recherche d'arriver à la perfection qui fait que je fais encore ce que je fais aujourd'hui.»

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