Francine brière lance Les secrets de Madame Pickton

Les secrets de Madame Pickton est un récit... (photo Julie Catudal)

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Les secrets de Madame Pickton est un récit autobiographique dans lequel Francine Brière raconte les quelques mois vécus sur la ferme des Pickton, en Colombie-Britannique.

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<p>Marie-Ève Martel</p>
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Marieville) Et si vous découvriez qu'un homme que vous avez connu, il y a près de quarante ans, était devenu l'un des pires tueurs en série qu'ait connus le Canada? C'est ce qu'a vécu la Marievilloise Francine Brière, qui a lancé samedi le premier d'une série de quatre épisodes de son passage sur la ferme de Robert Pickton.

Les secrets de Madame Pickton relate les quelques mois où Mme Brière, son mari, l'artiste Pierre Bourdon, et leurs enfants ont vécu chez la famille Pickton. Un séjour qui remonte bien avant que l'éleveur de porcs ne soit condamné, en 2007, à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre sordide de six prostituées. Vingt autres chefs d'accusation de même nature ont par la suite été abandonnés.

Rien du récit autobiographique n'a été romancé, assure l'auteure. «Ce sont tous mes souvenirs. Tout est réel», dit-elle.

Le premier chapitre, intitulé simplement Départ, raconte le périple qui a mené le couple jusqu'à Vancouver au milieu des années 1970. «On vivait à Montréal quand notre appartement a été totalement détruit par un incendie, se souvient Mme Brière, qui a aussi publié quelques recueils de poésie. On avait un jeune enfant et j'étais enceinte à ce moment-là. Il fallait trouver un lieu où vivre et travailler.»

La famille s'est alors dirigée vers l'Ontario, puis au Manitoba. En voiture, elle traversera les Prairies avant de se rendre en Colombie-Britannique.

Francine Brière a mis sa mémoire cinématographique à contribution. «Lors du voyage, les paysages étaient extraordinaires, se souvient-elle. C'est de toute beauté, les forêts, les Grands Lacs, c'est magnifique.»

Confidente

Une série de hasards mène le couple et ses enfants - Mme Brière a accouché en cours de route - près de la ville de Nanaimo. Puis, le véhicule qu'ils venaient d'acheter tombe en panne non loin de la ferme Pickton.

C'est David, le frère de Robert, qui vient à leur rescousse. «Il nous a tirés jusqu'à la ferme, et il nous a offert du travail, raconte Mme Brière. On est restés là quelques mois.»

Trois ou quatre en tout, période durant laquelle le couple tisse des liens avec la famille Pickton: Robert, David, la femme de celui-ci et la mère Pickton, Helen Louise.

«Elle vivait comme nos mères, comme nos grands-mères, explique la poétesse. Ça se voyait dans sa façon d'être, dans sa manière d'accueillir les gens. C'était une personne extraordinaire.»

Cette dernière dit être devenue rapidement la confidente de la dame. «Elle se dévoile rapidement à moi et me fait beaucoup de secrets, poursuit-elle. Il y a des choses qu'elle m'a dites qu'elle n'avait jamais révélées à personne, pas même à sa famille.»

Ces secrets seront dévoilés au fur et à mesure qu'on avance dans le récit, promet l'auteure. Si le premier chapitre s'attarde à la traversée du Canada du couple Brière-Bourdon, les trois autres, qui devraient paraître au cours de la prochaine année, traiteront du quotidien à la ferme jusqu'au départ de la famille.

Meurtres

La question des meurtres, qui se sont produits des années après le passage de Mme Brière à Vancouver, sera abordée dans le tout dernier chapitre de son histoire. Rien ne laissait présager un tel drame. «On a entendu parler de l'histoire dans les journaux. Au début, on n'y croyait pas, relate Mme Brière. Puis, on a vu des photos de Robert, de David, et tout m'est revenu en tête.»

Pour écrire le dernier épisode, Mme Brière a mené des recherches exhaustives sur l'affaire Pickton. C'est d'ailleurs pour rétablir l'image de Mme Pickton, décédée en 1979, qu'elle a senti le besoin d'écrire son récit. «J'ai eu le besoin d'écrire pour rendre justice. Ils prennent Mme Pickton pour une folle et je devais clarifier les choses. [...] Ce qui a été écrit sur elle, qu'elle était sale, que sa maison l'était aussi, c'est dégueulasse. Ce n'est pas du tout ce que j'ai vu», déplore la femme de lettres.

Bien qu'elle ne croie pas Robert Pickton blanc comme neige, elle a du mal à croire qu'il soit le seul auteur des meurtres sordides pour lequel il a été reconnu coupable. «Tous ceux qui ont connu Robert savent que ce n'est pas un méchant (...) Il a payé pour les autres», allègue-t-elle.

Depuis son passage à la ferme, Mme Brière n'avait jamais gardé contact avec les Pickton. Elle a parfois eu envie d'écrire à Robert, en prison, depuis son arrestation. Elle compte lui faire parvenir un exemplaire de son récit.

Les secrets de Madame Pickton: Départ est actuellement disponible, sur DVD ou en format électronique, auprès de Mme Brière, sur son site (francinebriere.weebly.com), ou en la contactant au Casier postal 1142, Marieville J3 M 1N2. Un dollar par ouvrage vendu ira à la cause des femmes autochtones.

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