Inch'Allah: un conflit complexe qu'on voudrait mieux comprendre

Évelyne Brochu dans une scène de Inch'Allah.... (FiLMS Séville)

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Évelyne Brochu dans une scène de Inch'Allah.

FiLMS Séville

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Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Critique) Alors que le monde arabe subit une recrudescence de violence à la suite de la sortie du film Innocence of Muslisms, Anaïs Barbeau-Lavalette met au monde son deuxième long métrage en carrière après Le Ring, Inch'Allah.

Ce dernier risque cependant de susciter beaucoup moins de controverse que le premier puisque, loin de nous exposer le conflit israélo-palestinien, la réalisatrice s'en sert comme trame de fond pour camper l'histoire d'un triangle amical entre une Québécoise, une Palestinienne et une Israélienne sans jamais s'aventurer sur la pente glissante de la prise de position, ni même de la pitié.

Dans Inch'Allah, expression arabe qui veut dire «si Dieu le veut», elle se contente d'exploiter le côté dramatique, tragique de la situation et se concentre à traduire «la morsure du loup de la guerre» à travers sa protagoniste. Et c'est ce qui fait toute la beauté du film.

Chloé (Évelyne Brochu), une jeune obstétricienne québécoise, décide d'aller pratiquer dans une clinique pour femmes enceintes d'un camp de réfugiés palestiniens. C'est là qu'elle se liera d'amitié avec une de ses patientes, Rand (Sabrina Ouazani). Elle deviendra également amie avec une voisine de palier de l'immeuble où elle habite, Ava (Sivan Levy), jeune militaire qui travaille au poste de contrôle du mur de Gaza qu'elle doit traverser matin et soir pour se rendre à la clinique.

Entre ces deux mondes, ses patientes et les drames qu'elle rencontrera, Chloé se fera vite happer par la cruauté d'un conflit qui dure depuis plus de 60 ans et qui ne semble pas près de s'achever. C'est à sa descente dans les abîmes les plus profonds non pas du désespoir, mais du sentiment d'impuissance qu'on assistera... Et elle peut se rendre très loin...

Tout au long du film, on sent qu'Anaïs Barbeau-Lavalette maîtrise son sujet. On l'aura d'ailleurs entendu à maintes reprises: elle a fait plusieurs séjours au Moyen-Orient, de sorte qu'elle a développé une certaine relation amour/haine avec ce coin du monde, relation qui lui a inspiré Inch'Allah.

Si cette grande maîtrise de son sujet contribue au résultat solide qui en découle, elle vient toutefois aussi affaiblir à quelques reprises le scénario. Celle qui est également scénariste du film aurait eu tout intérêt à expliquer davantage certains trucs qui auraient pu aider ceux qui ne sont pas si familiers avec ce qui se passe là-bas - et qui ne parlent pas l'arabe! -, à mieux se situer dans l'histoire.

On aurait également aimé avoir ne serait-ce qu'un élément du passé de l'obstétricienne, question de nous donner une idée de la raison qui la pousse à travailler au Moyen-Orient. On aurait peut-être ainsi eu l'impression de mieux la connaître, de la saisir, de s'identifier à elle plutôt que d'assister, tel un simple spectateur (même si au fond, c'est ce que nous sommes), aux images qui défilent sous nos yeux et à une gamme de sentiments qu'on ne parvient pas tout à fait à comprendre.

Malgré tout, Inch'Allah reste un très bon film. D'une qualité à laquelle nous ont habitués les gens de chez micro_scope (Incendies, Monsieur Lazhar).

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