Julien Poulin est revenu depuis peu de la République tchèque, où le film dans lequel il campe le rôle principal, Camion, a reçu une belle ovation du public lors de sa présentation en compétition officielle du 47e Festival international du film de Karlovy Vary, en plus de remporter le prix du Meilleur réalisateur, ainsi que le prix du jury oecuménique.
Le quatrième long métrage de Rafaël Ouellet sortira en salles au Québec vendredi prochain, mais la région aura le privilège de le voir en grande première provinciale la veille, puisqu'il ouvrira le deuxième Festival du film des Cantons-de-l'Est, à Knowlton.
Le réalisateur et l'acteur principal seront d'ailleurs sur place pour échanger avec le public après le visionnement, qui aura lieu au Théâtre Lac-Brome à 20h.
Camion raconte l'histoire de Germain, un camionneur d'expérience qui voit sa vie basculer à la suite d'un accident de la route qui fait une victime. Sous le choc, il ne peut se résoudre à reprendre le volant de son véhicule et sombre dans une profonde dépression. Dans le but de lui venir en aide, ses deux fils, incarnés par Stéphane Breton et Patrice Dubois, reviennent dans le patelin de leur enfance, au Nouveau-Brunswick. Les trois hommes marqueront un temps d'arrêt dans leur vie, apprendront à s'apprivoiser et se remettront en question.
Camion s'inscrit dans la foulée de Route 132, de À l'origine d'un cri et, d'une façon plus comique, de Starbuck et de De père en flic en abordant la thématique des relations père-fils. Une récurrence au cinéma depuis quelques années que Julien Poulin attribue à la nécessité de «faire le ménage».
«Arrive un événement ou simplement un moment dans la vie où il faut s'arrêter pour s'interroger sur notre histoire, tant personnelle qu'en tant que société, pour régler les malentendus, pour cerner d'où on vient pour savoir où on s'en va, soutient-il. Ça aide à mieux voir après, à refaire sa vie.»
Pour incarner Germain, le comédien de 66 ans a dû prendre quelques leçons 101 de conduite de véhicules lourds. C'est nul autre que le père du réalisateur qui lui a servi de professeur. «Au départ, le film est inspiré d'un fait vécu par son père, qui était camionneur, raconte-t-il. La personne qu'il a frappée n'est pas morte, elle a seulement été blessée, mais il a eu peur de reprendre le volant pendant plusieurs mois.»
Le paternel a assisté à tout le tournage. Mais l'interprète de Germain ne s'est senti aucunement intimidé par la présence de celui qui a inspiré son personnage. «Ce n'était pas intimidant, c'était plus inspirant, dit-il. Il m'a inspiré pour construire mon personnage. Intérieurement, du moins.»
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