Il est difficile de résumer Polaroid. En fait, c'est pratiquement impossible puisqu'il s'agit d'une succession de sketches sur différents sujets ayant comme unique lien cette époque pas si lointaine qui se déroulait sur fond de Révolution tranquille, d'Expo et de Guerre froide et où un vent de changement commençait à souffler sur les mentalités et les modes de vie.
Ainsi, la religion, encore très présente, le sexe, encore très tabou, les relations hommes-femmes, encore plutôt «macho», la folie des Beatles, les notions erronées voire inexistantes de saines habitudes de vie et la musique de cette époque sont quelques-uns des thèmes qui sont abordés dans un ou plusieurs numéros de la soirée.
Martin Gougeon, Mélissa Dion Des Landes, Laurie Gagné et Maxime de Munck y interprètent une série de personnages, allant du curé aux nouveaux mariés en passant par fiston, la «senneuse», Mam'Avon ou une famille modèle.
Le tout se veut un album photo de clichés rappelant de bons et moins bons moments de cette époque déjantée. Mais comme c'est souvent le cas dans un album-photos, il y a de très bonnes et de moins bonnes photographies. Certains se montrant meilleurs photographes que d'autres...
Polaroid n'y échappe pas. L'auteur Louis-François Grenier se détache drôlement des six autres avec ses sketches La nuit de noces et My name is John, les deux plus appréciés du public, à en entendre les rires qui fusaient non-stop. On aurait aimé en avoir un peu plus de lui à se mettre sous la dent; sur 26 numéros, on a eu droit à trop peu.
À l'opposé, les monologues signés Simon Boulerice, qui semblaient davantage être là pour meubler quelques minutes nécessaires à un changement de décor ou de costume, manquaient de substance. Ils avaient l'air, pour être franche, un peu hors contexte, à part du reste, et cassaient immanquablement le rythme du spectacle.
Entre les deux extrêmes, les autres auteurs avaient des hauts et des bas, c'est-à-dire de bons numéros et de moins bons, mais qui faisaient néanmoins tous leur job.
Par ailleurs, on savait déjà tous ce que Martin Gougeon et Mélissa Dion Des Landes étaient capables de donner sur scène, et ils ne font pas exception dans Polaroid. Toutefois, c'est Laurie Gagné qui nous a le plus surpris, avec un penchant tout naturel pour la comédie et une remarquable aisance à passer d'une mémé désagréable à une ado dans la fleur de l'âge.
Maxime de Munck n'est pas en reste, il a, comme on dit, le physique de l'emploi, mais il nous a semblé à quelques reprises avoir de la difficulté à saisir son personnage et à le surjouer.
Qu'à cela ne tienne: l'oeuvre présentée cet été à l'Ancien presbytère vaut certainement le détour. Ne serait-ce que pour tous les souvenirs que Polaroid fait remonter à la surface.
Abonnez-vous à La Voix de l'Est