«Je reviens avec grand plaisir parce que Jean-Bernard Hébert présente toujours des pièces de qualité en été, explique celle qui, en plus, habite Beloeil, pas trop loin de Rougemont. Encore cette année, le texte est excellent, c'est de la comédie sérieuse, c'est intelligent. Personnellement, je crois au théâtre intelligent, même en été.»
Dans Les conjoints, Anne Casabonne donne vie à Maude, une pharmacienne qui, comme tous les personnages dans la pièce, navigue entre la vérité et le mensonge. René Gagnon, qui a remplacé Michel Forget à la dernière minute, Alexandre Goyette et Myriam Poirier complètent la distribution.
«C'est une belle gang, on s'amuse beaucoup. On a ce qu'il faut pour passer un bel été et pour faire passer de bons moments aux gens qui vont venir nous voir.»
La comédienne aime l'écriture d'Éric Assous. Une écriture particulière, il faut le dire.
«Le bonhomme est brillant, très brillant. Ça fait deux fois que je joue ses textes et il a cette capacité de sortir la crasse de chacune des situations qu'il exploite. Ses textes sont drôles, mais c'est de l'humour caustique. Bref, c'est très bon.»
Travailler fort...
La vie est bonne pour Anne Casabonne. Du moins, le métier l'est. Non, elle n'a vraiment pas manqué de travail au cours des dernières années, elle qu'on a vu dans Trauma, dans 30 Vies et, surtout, dans La Galère. Mais voilà, la dame à la jeune quarantaine avouera qu'elle négocie toujours aussi mal avec l'insécurité qui vient avec la pratique de ce métier.
«J'essaie de me guérir, mais ça ne marche pas vraiment, dit-elle. L'idée, c'est de travailler fort et d'espérer. Espérer que ton travail sera apprécié, espérer qu'il y aura assez d'argent pour reconduire tel projet, espérer ci, espérer ça. Il faut avoir la passion du métier, parce que ce serait tellement facile de faire autre chose quand ça ne va pas. Mais on aime ça. Une maudite chance!»
À l'automne, elle retrouvera son fameux et délicieux personnage de Claude dans La Galère. Le théâtre occupera aussi beaucoup de son temps lors de la saison 2012-2013.
«Je viens du théâtre et j'adore le théâtre. Mais honnêtement, il n'y a pas beaucoup de comédiens et comédiennes au Québec qui peuvent se permettre de faire uniquement de la télé ou uniquement du théâtre. Il faut mêler les deux, t'as pas le choix. En tout cas, moi, j'ai pas le choix!»
Autre bonne raison d'apprécier le travail du directeur artistique et propriétaire du Théâtre de Rougemont, Jean-Bernard Hébert: la pièce qu'il présente en été est toujours suivie d'une tournée du Québec.
«Ce sont de beaux contrats, c'est vrai. C'est difficile de dire non à ça...», admet Anne Casabonne.
Le mensonge
On vous l'a dit, Les conjoints est une pièce à l'intérieur de laquelle tous les personnages naviguent entre la vérité et le mensonge. Ironiquement, s'il y a quelque chose qui enrage Anne Casabonne, c'est le mensonge. Et par-dessus tout, les mensonges de nos dirigeants.
«Il y a trop de choses qui ne fonctionnent pas au Québec présentement, lance-t-elle en élevant le ton un brin. Jean Charest a le droit d'être néo-libéraliste et mondialiste, mais pourquoi est-ce qu'il ne l'avoue pas? Et sa pub de la casserole pour descendre Pauline Marois, c'est quoi ça? Quand on a honte de son bilan, on s'en prend aux autres. Ça manque tellement d'honnêteté...»
Elle se définit comme étant «très carré rouge». Et elle a du respect pour ces artistes qui osent exprimer leur opinion dans le débat actuel.
«Avant d'être des artistes, nous sommes des citoyens. Et on a le droit de s'exprimer nous aussi. Et si les gens ne sont pas d'accord avec notre opinion, c'est pas grave.»
Elle hésite lorsqu'on lui demande quelle serait la position de Claude, de La Galère, dans le débat qui nous préoccupe.
«Elle est assez folle, elle serait sûrement du bord du gouvernement! Quoiqu'elle travaille dans l'aide humanitaire, alors... Dans l'fond, j'sais pas ce qu'elle en penserait!»
Anne Casabonne avait retrouvé le sourire.
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