(Granby) Blind Witness se meurt. La formation originaire de Granby fera une dernière tournée du Canada à compter de vendredi et jouera une dernière fois, une toute dernière fois, le 12 août dans le cadre d'Heavy Montréal, au parc Jean-Drapeau. Jouer lors du même événement que System of a Down, Slipknot, Marylin Manson, Deftones et Voivod, pour ne nommer que ceux-là, vous donne une bonne idée du chemin parcouru par le groupe de Jonathan Cabana au fil des ans.
L'aventure aura duré neuf ans. Ce qui est assez exceptionnel pour un groupe de metal-hardcore. Cabana a survécu à une tonne de changements de personnel depuis 2003. Et il a tenu la formation à bout de bras la plupart du temps. Mais voilà, il commençait à en avoir assez.
«Moi, j'ai vendu mon âme à Blind Witness, lance le chanteur aux 1000 tatouages. Et j'ai tellement pris ça au sérieux que je n'étais pas capable de faire ça à temps partiel. Moi, c'est full time ou pas pantoute. On a fait le tour du Canada et des États-Unis plusieurs fois, on est allés eu Europe l'automne passé, on a trippé fort. Mais on est peut-être rendus à autre chose. Maxime, mon guitariste, est retourné aux études, et moi, je me suis trouvé un bon emploi. Je lâche ni plus ni moins par respect pour ce que j'ai et ce que nous avons monté au fil des ans.»
À compter de vendredi, à Val-d'Or, Blind Witness va donner 15 shows en 17 jours. Après l'Abitibi, ce sera l'ouest du Canada et l'Ontario.
«En carrière, on a dû donner plus de 1000 shows. Et tous les pépins qui viennent avec la vie de tournée d'un groupe qui a des moyens limités, on les a eus. Je me souviens d'avoir acheté une van au coût de 2000$, d'avoir eu des problèmes mécaniques qui auraient dû coûter 3000$ en réparation rendu en Saskatchewan et d'avoir dit: "Fuck, on laisse ça là pis on s'achète une minoune à 500$ pour finir la tournée! " Mais ça, je te jure, ce sont de beaux souvenirs! C'était pas toujours facile, mais on avait du fun, on trippait.»
Passer à autre chose
Blind Witness a produit trois albums, dont le dernier, Nightmare on Providence Street, s'est vendu à plus de 30 000 copies. Pas bête, quand même.
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