Ainsi, le pont, les trois pins centenaires de l'hôtel de ville et diverses structures architecturales du village seront recouverts de toutes sortes de bouts de laine de couleurs. Un art baptisé le tricot-graffiti (traduction de l'anglais yarn bombing).
Cette initiative est une idée de Johanne Ratté, l'une des fondatrices du Festiv'Art. «Ça faisait déjà quatre ans que je savais que ça existait, j'étais tombée là-dessus par hasard en cherchant des patrons de couture sur internet, raconte-t-elle. Et là, on cherchait une façon spéciale de souligner le retour du Festiv'Art (NDLR: l'an dernier, le symposium avait dû être annulé à cause de travaux majeurs dans la municipalité) et j'ai proposé ça. En plus, le thème cette année était sur l'art et le recyclage, et on avait beaucoup, beaucoup de laine.»
«Au départ, ça se voulait un projet intergénérationnel», poursuit Marie-Carole Pinard, coordonnatrice de l'événement. Les plus âgés devaient initier les enfants du primaire au tricot. «Mais c'est devenu un projet communautaire qui s'est régionalisé», dit-elle.
En effet, l'idée à fait boule de neige, si bien que des femmes de Bedford, Sutton, Saint-Armand, Dunham, Stanbridge East, Saint-Ignace-de-Stanbridge et où encore se sont jointes au projet.
«On ne sait pas combien de gens participent, mais facilement 200 personnes, et même plus parce qu'on reçoit de gros sacs ou de grosses boîtes remplis de trucs tricotés anonymement», s'étonne Mme Ratté.
De ce nombre très approximatif, il y a la centaine d'élèves de l'école primaire St-François d'Assise. Tous, de la maternelle à la sixième année, se sont lancés comme défi de recouvrir le pont au coeur du village de tricots. À ce jour, ils ont réalisé 610 mètres de tricotin, sans compter leurs nombreuses autres créations.
«Même les p'tits gars sont contents lorsque c'est leur activité tricot, s'étonne Mme Ratté. Beaucoup de profs nous ont aussi dit que ça aidait à la concentration de ceux qui avaient des déficits d'attention. C'est des petits gestes simples, mais à force de les répéter, ça te fait te concentrer.»
Un autre groupe de femmes de Saint-Armand a «presque terminé» l'oeuvre qui enlacera l'un des trois pins centenaires à l'hôtel de ville, laisse savoir l'une d'elles, Lorraine Pullen.
Un deuxième conifère sera recouvert de pompons réalisés par les campeurs du camp Garagona, tandis que le troisième livrera, sur fond de tricot, un poème brodé.
Le Club de l'Âge d'or de Frelighsburg, le cercle des fermières de Bedford et d'autres adeptes du tricot de Sutton participeront également en enjolivant poteaux de téléphone et structures architecturales.
«On devrait installer tout ça à la mi-août et les laisser en place le plus longtemps possible, tant que c'est beau, donc peut-être un mois, environ», indique Marie-Carole Pinard.
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