Les gens du Théâtre Juste pour rire lui ont réservé une de ces belles surprises lorsqu'ils l'ont invité à jouer dans Double Vie, une pièce qui sera présentée à compter de mardi à Bromont. Une belle surprise, dira-t-il, parce que l'offre était tout simplement trop alléchante.
«On m'offrait de jouer du Ray Cooney, le Feydeau de notre époque, en compagnie de ma femme (Martine Francke), d'un de mes meilleurs amis (Bernard Fortin) et, tout cela, dans une mise de scène de Normand Chouinard, qui sait tellement bien diriger les comédiens. Honnêtement, c'était impossible de dire non. Oui, c'était une belle surprise...»
Et il aurait pu ajouter qu'il travaillera tout près de la maison, lui qui habite le secteur d'Orford.
«J'avais adoré mon été à Bromont il y a deux ans, reprend celui qui avait joué dans Scandale en compagnie de sa douce. Au point où j'avais dit aux gens de Juste pour rire: "Si jamais vous avez un autre beau rôle pour moi..." Je suis vraiment content qu'ils m'aient rappelé...»
Marie-France Lambert, Roger La Rue, Audrey Rancourt Lessard et Sébastien René complètent la distribution de Double Vie, qui parle d'un homme (interprété par André Robitaille) qui a de plus en plus de difficulté à cacher à ses deux femmes la double vie qu'il mène depuis des années.
«Ça se complique quand mon meilleur ami (interprété par Bernard Fortin) essaie de m'aider. On s'entend qu'on n'ira pas à Bromont cet été pour la psychologie des personnages, mais c'est de la bonne comédie, bien écrite, quelque chose que les gens vont aimer. Et on a une belle gang, un groupe de comédiens qui va bien rendre les personnages.»
On dit que Bernard Fortin, tellement à l'aise dans la comédie, est particulièrement bon. Chose certaine, André Robitaille répète qu'il est très heureux à l'idée de partager la scène avec lui.
«Bernard et moi, on se connaît depuis des années, nos femmes sont des amies, nos familles se fréquentent. Mais on n'avait jamais joué au théâtre ensemble. À chaque fois qu'on se voyait, on se disait: "Un jour, pourtant..." Et ça nous a finalement été offert. Sérieusement, on s'est promet!»
Et il y a toujours cette complicité avec Martine Francke, qui était tellement évidente dans Scandale il y a deux ans.
«Il y a des couples qui n'aiment pas travailler ensemble, mais nous, on adore ça. Parce qu'on aime être ensemble et parce qu'on fait une belle équipe. Sur scène, on fait vraiment un bon duo.»
Privilégié
André Robitaille est toujours aussi présent à la télé, lui qui anime C'est juste de la TV, à ARTV, et Testé sur des humains, à TVA. Si l'animateur a semblé prendre le dessus sur le comédien au cours des dernières années, l'homme admet qu'il ressent encore un besoin très fort de jouer.
«Je suis diplômé de l'École nationale de théâtre et moi, quand j'étais ti-cul, je voulais jouer, je ne pensais pas à animer, raconte-t-il. Mais j'ai pris goût à l'animation au fur et à mesure qu'on m'offrait du travail et, aujourd'hui, j'ai énormément de plaisir à faire des entrevues, à présenter un show. Mais jouer, c'est jouer, et le théâtre, c'est le théâtre, ça restera toujours quelque chose d'extrêmement attirant à mes yeux.»
Tout de même, André Robitaille est privilégié et il le sait. Il refuse plus de propositions qu'il peut en accepter et, encore tout récemment, il était en nomination aux côtés des Véronique Cloutier et Guy A. Lepage au Gala ARTIS. Il a la cote d'amour du public.
«Le public semble m'apprécier, c'est vrai. Mais qu'est-ce qu'il aime chez moi? Je ne sais pas vraiment. Peut-être est-ce qu'il aime simplement mon honnêteté, celle d'un artiste qui s'applique toujours afin d'être à la hauteur du certain talent qu'on lui a donné. Oui, je pense que les gens aiment mon honnêteté...»
Mais il ne prend rien pour acquis. Il ne faut jamais rien prendre pour acquis, insiste-t-il.
«Je me méfie toujours de ceux qui ont l'air au-dessus de leurs affaires. Moi, je doute, je doute tout le temps, et j'ai l'impression qu'il faut douter pour bien faire les choses dans ce métier. Chaque mandat qu'on me confie, je le prends comme un défi. Je veux que le public soit content, je veux que mes patrons soient contents. À mon avis, c'est la seule et unique façon de faire si tu veux durer.»
Clairement, sa formule est gagnante.
Double Vie est présentée au Théâtre Juste pour rire de Bromont à compter de mardi.
Abonnez-vous à La Voix de l'Est