Marie-Josée Lord: le chant lyrique, un coup de foudre

Marie-Josée Lord... (photo Jocelyn Michel)

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Marie-Josée Lord

photo Jocelyn Michel

Marie-Ève Lambert

Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Cowansville) En décembre dernier, Marie-Josée Lord était de passage pour la première fois dans la région pour le neuvième concert-bénéfique du Grand Choeur de Noël à l'église Notre-Dame de Granby. Demain soir, c'est dans un lieu de culte beaucoup plus exigu - l'Église Emmanuel de Cowansville - que la soprano offrira une prestation.

Ce n'est toutefois pas avec Voyage latin, son dernier spectacle, qu'elle débarquera accompagnée de deux musiciens. Elle viendra plutôt présenter Bouillon, un répertoire mixte composé d'opéras et de grands classiques contemporains - Plamondon, Lama, Ferland, etc.

Tout comme elle, de plus en plus d'artistes spécialisés dans le chant lyrique n'hésitent pas à aborder des trucs un peu plus populaires. On n'a qu'à penser aux Marc Hervieux, Nathalie Choquette, Pascal Gauthier et son trio Trois et même Kent Nagano et son OSM.

«Il y a pleins de répertoires différents dans lesquels on peut piger, laisse tomber Marie-Josée Lord. Si j'avais - je n'en ai pas, mais si j'en avais - des chansons country que je pourrais faire de façon lyrique, je le ferais. Le lyrique, ce n'est pas associé juste à l'opéra, c'est plutôt une technique vocale, une technique qui peut s'appliquer à tout. C'est un peu comme un peintre qui fait de l'aquarelle. Il n'est pas obligé d'en faire juste sur papier cartonné, il peut y aller sur de la soie aussi.»

«Et bon, ça permet aussi d'aller rejoindre un plus grand public», concède-t-elle aussi.

Le chant lyrique, ç'a été un coup de foudre pour la soprano de 40 ans. Elle étudiait le piano au Conservatoire de musique de Québec quand, blasée et errant dans les corridors universitaires, une classe de chant a attiré son attention. «J'ai ouvert la porte et ça m'a tout de suite attirée», dit-elle.

À 21 ans, elle a donc définitivement abandonné le piano pour se tourner vers une formation en chant.

Opéras et albums

Depuis sa sortie de l'école, elle a enchaîné les rôles dans différents opéras - Turandot, Cosi fan tutte, I Pagliacci, La Bohème -, mais c'est vraiment son rôle de Marie-Jeanne dans Starmania qui l'a révélée au grand public.

En novembre 2010, la cantatrice a sorti un premier album, écoulé à ce jour à plus de 28 000 copies et qui lui a valu le Félix du meilleur album classique au dernier gala de l'ADISQ.

Il aura fallu cependant beaucoup de pouvoir de persuasion de ses proches pour l'embarquer dans cette aventure... «Je ne voyais pas la nécessité de faire un album», dit-elle simplement.

L'intervention maternelle et les démarches répétées de sa maison de disques, ATMA, en seront finalement venues à bout. «Finalement, les propositions étaient intéressantes, l'équipe aussi, et surtout, j'avais carte blanche, on ne m'imposait rien, donc j'ai décidé d'y aller», raconte-t-elle.

Le succès que connaît son premier opus l'aura finalement fait changer d'avis à propos des séances en studio puisque, en juin, elle enregistrera son second album.

«Il sera très différent du premier, laisse entendre la soprano. Celui-là sera composé du répertoire espagnol de Voyage latin. Ça n'en sera pas l'intégral, mais pas mal.»

Cet été, Marie-Josée Lord aura également la chance de participer, pour la toute première fois de sa carrière, à un opéra à l'étranger. «Je m'envolerai pour l'Allemagne, où je ferai la 9e (symphonie) de Beethoven et La Traviata», laisse-t-elle savoir, mentionnant avoir «très hâte» de vivre cette nouvelle expérience.

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