«Oh non! Même si je suis la plus vieille - on n'aime pas le mot, mais c'est ça -, je ne revendique pas un tel titre. Je fais mon petit bonhomme de chemin, et c'est tout», se défend-elle.
Elle se réjouit néanmoins de voir le genre en aussi bonne santé dans la province. «Depuis 10 ou 15 ans, on voit apparaître de plus en plus d'auteurs confirmés», note-t-elle.
Plusieurs d'entre eux, dont elle-même, seront d'ailleurs à Knowlton la fin de semaine prochaine pour la toute première édition du festival de littérature policière Les Printemps meurtriers.
Il s'agit d'une initiative de Johanne Seymour, elle aussi bien connue dans l'univers du polar.
Pour l'occasion, Mme Brouillet participera notamment à une table ronde, le samedi après-midi, aux côtés de l'auteur britannique réputé R. J. Ellory et de Martin Winckler, les deux autres invités d'honneur du happening littéraire.
Le lendemain, elle sera l'hôte d'un brunch-causerie à l'Auberge West Brome. «Connaissant ma légendaire gourmandise, c'était tout à fait logique qu'on m'ait choisie pour le déjeuner», lance en riant l'épicurienne.
Cet événement sera, dit-elle, l'occasion pour le public de «rencontrer Maud Graham». «Elle est une pessimiste active et moi une optimiste passive», laisse tomber l'auteure quand on lui demande s'il existe une ressemblance entre elle et son personnage. «Elle n'est en rien mon alter ego», s'empresse-t-elle d'ajouter.
Maud Graham, poursuit-elle, est «davantage une amie» qu'elle prend plaisir à retrouver dans chaque livre qu'elle écrit. La monotonie, même après un quart de siècle, est donc loin de vouloir s'installer dans son imaginaire. «Ça revient à se poser la question "Combien de temps peut-on être ami avec quelqu'un?", illustre-t-elle. Entre moi et Maud, je pense que ça va durer toute la vie.» De quoi réjouir ses fidèles lecteurs...
D'ailleurs, les prochaines aventures de son enquêtrice sortiront pas plus tard que le 6 juin, sous le titre La Chasse est ouverte.
Comme c'est souvent le cas, l'inspiration de ce 13e Maud Graham - le 11e publié à La Courte échelle - lui est venue d'un détail capté au hasard au détour d'une conversation. «Une affaire d'histoire de chasse, dit-elle. Et je me suis dit "Ah, voici le début d'une bonne histoire!"»
La Chasse est ouverte abordera le thème de la vengeance. «La trame de fond a ses racines dans le passé, explique-t-elle. Ça parle de la souffrance d'un homme qui a perdu quelqu'un qui lui est cher. Mais l'élément déclencheur, c'est le meurtre d'un riche homme d'affaires de Québec. L'intérêt, c'est que beaucoup de gens le détestaient.»
«Personnellement, même moi, je l'aurais assassiné», assure-t-elle en riant. Ce qu'elle a fait, d'une certaine façon, puisque c'est elle, l'auteure...
Tous les détails dans notre édition de samedi
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