Les Vulgaires Machins: comme vous ne les avez jamais vus

Les Vulgaires Machins s'éloignent temporairement du punk rock,... (photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est)

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Les Vulgaires Machins s'éloignent temporairement du punk rock, le temps d'une tournée acoustique, qui est la suite logique de leur sixième album sorti en septembre dernier.

photo Alain Dion, archives La Voix de l'Est

Marie-Ève Lambert

Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est

(Granby) Jeudi soir, au Palace, le public pourra voir les Vulgaires Machins comme jamais il ne les a vus et ne les verra plus. Parce que depuis la fin février et jusqu'au début mai, le quatuor qui nous a habitués à un punk rock digne de ce nom propose plutôt un spectacle acoustique. Cette tournée exclusive d'une trentaine de représentations seulement est, bien sûr, la suite logique à la sortie de leur sixième album, éponyme et acoustique, en septembre dernier. Et cette «incartade» n'est pas sans plaire tant aux Granbyens d'origine qu'à leurs fans et aux nouveaux initiés.

«Ce qu'on a remarqué, c'est qu'il y a un pourcentage intéressant de gens qui nous découvrent, et ça, ça fait partie de ce qu'on souhaitait avec ce disque là», fait remarquer Guillaume Beauregard, le chanteur et guitariste des Vulgaires Machins.

Avec ce dernier CD, le band souhaitait revisiter ses chansons autrement et renouer avec les joies du danger et de l'inconnu. Force leur est de constater que la tournée aussi les amène ailleurs.

«Ça faisait 17 ans qu'on faisait des shows punk rock, il n'y avait plus de surprise ni pour nous, ni pour les fans, explique Guillaume. On n'avait plus le tract, plus le 'thrill' de ne pas savoir ce qui va se passer. Là, c'est carrément un autre "challenge'', on a vraiment perdu tout ce qu'on avait comme repères. On n'embarque pas sur scène avec une confiance démesurée, et je pense que c'est ça qui fait qu'on a autant de plaisir à le faire, qu'on est contents de vivre ça. On n'est pas en parfait contrôle de nos moyens tout le temps.»

S'adapter

Marie-Ève, Maxime, Pat Love et lui-même ont donc dû faire preuve de beaucoup d'adaptation pour monter cette série de concerts. Et ça n'a pas été facile tous les jours, raconte Guillaume. C'était même «plutôt difficile dans une certaine mesure, dans le sens qu'il a fallu retrouver des repères et s'adapter à tous les instruments qu'on utilise», fait-il valoir.

Comme le disque ne compte que onze chansons, il leur a aussi fallu en travailler d'autres pour parvenir à un spectacle complet. «Ça explique le délai entre la sortie du disque et le début de la tournée, fait remarquer le Vulgaire Machin. On est allés piger dans notre répertoire, mais on en a aussi composé de nouvelles (en plus des trois titres inédits qui se trouvent sur l'album), de sorte qu'on a une vingtaine de tounes pour le spectacle.»

L'échange avec le public n'est pas le même non plus, poursuit-il encore. «L'approche est carrément différente. On a adopté une formule plus cabaret avec des tables et des chaises, et comme les gens sont assis plutôt debout à danser, l'échange est plus intime, d'autant plus que l'acoustique, c'est plus doux. Quand il n'y a pas de musique, la porte s'ouvre pour qu'il se passe quelque chose. Par exemple, si quelqu'un dans la salle dit quelque chose, on va l'entendre, et on va tenter de s'en servir pour réagir, ce qui n'est pas vraiment possible dans une formule punk rock.»

Même s'ils se plaisent dans ce qu'ils sont en train de vivre, les Vulgaires Machins se disent néanmoins contents «que ça ne s'éternise pas». «Ce n'est pas un virage définitif qu'on veut faire, dit-il. Notre premier amour, c'est le punk rock. L'acoustique, c'est juste une expérience qu'on vit, c'est exclusif, et il n'y en aura plus après.»

Réflexions

Et qu'est-ce qu'il y aura, après? Fidèles à eux-mêmes, les membres du groupe refusent de se projeter trop loin dans le futur. «Avec le temps, on a appris à vivre chaque expérience une à la fois sans regarder six mois en avance», soutient Guillaume.

Ce dernier ne cache toutefois pas que le temps est à la réflexion pour eux.

«Et même si/on s'est détruit les oreilles/même s'il ne reste plus rien/même s'il faut se dire adieu/et même si les nuages résistent au soleil/et les mohawks se délavent/mon coeur est encore en feu» n'est peut-être pas seulement le refrain quelconque de Et même si...

En entrevue à La Presse, en septembre dernier, la voix masculine du quatuor affirmait qu'au détour d'une conversation, Hugo Mudie, des Sainte Catherines, lui avait dit: «quand tu te mets à écrire des pièces qui parlent de ton groupe, c'est que ça sent la fin».

«Pour moi ça ne veut pas dire que c'est la fin», avait réagi Guillaume à l'époque.

Et aujourd'hui?

«Je dirais qu'il y a une part de vérité dans ce qu'il (Hugo Mudie) dit, admet-il. Mais il faut aussi faire la part des choses, et il n'y a rien de mal à faire un bilan. Sa phrase a au moins eu le bénéfice de nous amener à une réflexion. Après autant d'années à traiter des mêmes thèmes, le risque est grand de se répéter. L'important, c'est de choisir la prochaine direction, ce qu'on veut encore dire et comment on veut exploiter tout ça.»

Est-ce que ça sentirait la fin pour les Vulgaires Machins? «Pas du tout, se défend-il. Si c'était la fin, on se le dirait et il n'y aurait pas de mal à ça. Mais la réflexion est très importante pour la suite.»

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