Maudite drogue

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Pour Noël, en attendant la venue de notre descendante, Désirée et moi nous nous sommes offert une tablette numérique, gracieuseté de nos assurances et du voleur impénitent qui est passé chez nous cet été.

Je dis tablette numérique, mais je devrais plutôt l'appeler par son vrai nom, une DROGUE.

Ça a l'air de rien, une tablette numérique. C'est plat, compact et pratique. Tu peux l'amener partout, la consulter en tout temps, et en plus, ça paraît bien, ça donne un air full techno, dans le vent et à la page qui, d'ordinaire, me manque cruellement.

Ça crée aussi une accoutumance pire que la cocaïne, ai-je appris à mes dépens. (Je précise ici qu'il s'agit d'une image et que je n'ai jamais pris de cocaïne, lui préférant de loin une autre importation colombienne, Shakira.)

On n'est pas rendus à se battre pour savoir qui aura la tablette, mais c'est pas loin (de toute façon, je gagnerais).

On y lit les journaux, on regarde des vidéos, on joue à des jeux, on va (trop) sur les réseaux sociaux, on rejoue à des jeux... Le problème, c'est que toutes ces activités s'exercent dans une solitude fermée proche de la misanthropie. Avec une tablette, on devient complètement absorbé, comme devant une machine à vidéopoker où notre 25 cents dure indéfiniment.

L'autre jour, tenez, j'ai fait l'erreur de télécharger une application qui consiste en un tournoi où des centaines de superhéros se tapent dessus à qui mieux mieux. Trippant! Mais j'ai vite remarqué que je pouvais passer des heures à tapocher sur des héros en collant et aux muscles saillants, négligeant ainsi mes tâches ménagères, mes deux périodes d'activité physique mensuelles et ma vie de famille à l'aube de s'agrandir exponentiellement.

(Je sais, c'est pas beau des adverbes comme «exponentiellement». Pis c'est long. C'est pourquoi j'essaie d'en écrire le moins possible. Mais des fois, ça se place bien. Si j'étais payé au mot, j'en mettrai plein de petits comme do, si, if, pi, ka, ou, wu, dû, in, us et hé. Mais ce n'est pas le cas, alors ostensiblement, je préconise une utilisation grandiloquente d'idiomes superflus.)

Et au sortir d'une longue séance de tapotage de superhéros, avec son et graphiques ultrasophistiqués, on se sent étourdi, renfrogné, comme si on revenait de se faire taper sur la tête ou d'un coma. Alors dans un élan de rage, cette semaine, j'ai supprimé l'application... que j'irai probablement rechercher entre Noël et le jour de l'An.

N'empêche que c'est bien pratique, une tablette. Vous pouvez lire La Voix de l'Est n'importe où, et en couleur! Comme avec la version papier, finalement, mais en plus vous pouvez nous écrire directement à la fin de votre lecture pour nous faire part de votre approbation et/ou dégoût envers le sujet abordé.

J'apprécie surtout les messages d'amour inconditionnel que m'envoient mes lectrices les plus assidues, continuez, mais s'il vous plait, modérez vos ardeurs, je ne suis plus disponible.

Hérésie

Mon patron Marcus (prénom fictif), un homme plein de ressources et de bonhomie, est fâché noir que j'aie énuméré, dans ma dernière chronique, les défauts trouvés dans le dernier film de Star Wars. Il dit qu'il ne faut pas parler ainsi de choses sacrées, que c'est du blasphème, une hérésie, bref, que ça mérite l'excommunication et quantité de châtiments religieux dont le sens est oublié au Québec depuis les années 1970.

Je précise que j'adore les films de Star Wars et que comme le veut le proverbe, qui aime bien châtie bien et mon amour n'est pas exempt d'objectivité. Sinon, ce serait de l'amour aveugle, et cela ne peut mener l'homme que vers une tristesse infinie. Comme l'espace.

Joyeuses Fêtes et on se revoit le 9 janvier, sauf si Désirée accouche d'ici là.

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