Les hordes

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Pascal Faucher
La Voix de l'Est

Ça a commencé par les numéros de téléphone, puis les codes postaux. Dans certains magasins, on nous les demande avant notre achat, même si ce n'est qu'un livre ou un rouleau de ducttape.

Déjà, c'est fatigant. Mais la nouvelle mode, maintenant, c'est de nous demander notre adresse courriel à la caisse. Comme si on ne recevait pas déjà assez de cochonneries via internet! Pour ma part, à chaque jour suffit son «Agrandissez votre pénis à prix modique!» (plutôt inquiétant), son «Je viens d'hériter de huit millions$ US, mais ils sont coincés dans une banque africaine, pouvez-vous m'aider?» (euuuh, non!) ou son «Profitez de soldes mirobolants sur nos casseroles!» (je chante déjà très mal, merci).

Je me dis qu'on ne peut pas faire grand-chose contre les arnaqueurs de la verge ou les escrocs outre-mer, mais contre les hordes de dépliants virtuels, oui. Et ce serait bon pour la nation.

Faites le calcul: je passe en moyenne une demi-heure par semaine à faire le tri entre les pourriels et les courriels pertinents que je reçois au journal. Multipliez ça par le nombre de travailleurs au Canada qui ont une adresse courriel professionnelle, fois 52 semaines, et je ne serai pas surpris que la perte de productivité se chiffre à plusieurs millions de dollars.

En plus, j'achetais un agenda à 15 $! Pas mal tout ce que j'achète en fourniture de bureau par année, mon employeur étant (encore) assez gentil de me fournir stylos, feuilles et calepins. Alors non, ça ne m'intéresse pas de recevoir des offres de rabais inégalées sur les agrafes.

Rendu là, nouveau dilemme. Est-ce que j'explique poliment que je n'ai pas envie de me faire polluer davantage mon adresse courriel, que c'est plutôt personnel, ou est-ce que je donne une fausse adresse pour régler la question plus vite?

J'opte souvent pour cette solution-là. C'est mentir, je sais, mais ça permet de couper court à une discussion fastidieuse sur le pourquoi du comment, et en prime, ça me donne le sentiment de donner de fausses informations personnelles à une jolie fille, comme si j'étais un bellâtre trop en demande par la gent féminine.

J'ai quand même une pensée de sympathie pour ces pauvres caissières qui doivent demander ça et se faire virer de bord par les gens moins courtois que moi.

Dans un autre ordre d'idée, j'ai encore plus de sympathie pour les emplois qui exigent de leurs travailleurs qu'ils rappellent aux gens ce qu'ils devraient déjà savoir (ou ignorent sciemment).

Le constable spécial du palais de justice qui rappelle aux gens qu'ils ne peuvent entrer en cour en culottes courtes; le sauveteur de la piscine municipale qui renvoie le baigneur qui s'est présenté en sous-vêtements; l'employé du parc national qui demande aux plaisanciers de ranger leur ghetto-blaster parce que, franchement, personne n'est intéressé à bronzer en écoutant la musicographie complète de Justin Bieber.

Franchement, je leur lève mon chapeau. Et en plus, ils ne nous demandent pas notre adresse courriel.

 

Bonne idée

Pour revenir au sujet «chaud» du monsieur africain qui dénonce l'appellation «quartier blanc» utilisée à Granby pour définir les rues où il n'y a pas d'épandage d'abrasif l'hiver, je trouve que les internautes ont été plutôt méchants. Abrasifs, même. Mais ça fait partie de la culture virtuelle: tant que ça se passe derrière un clavier, et souvent sous un pseudonyme, on insulte qui on veut, comme on veut. Très élégant.

Je trouve que M. Adoukounou charrie un peu, quand même. Sur les pancartes, c'est clairement écrit «Quartier blanc: pas d'abrasif». Qu'est-ce que tu veux de plus? Pour régler le problème, je suggère l'appellation «Quartier où on ne voit pas le noir (de l'asphalte) l'hiver». C'est une bonne idée, non?

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