Le Brésil dépose une plainte à l'OMC

D'après le Brésil, Bombardier a bénéficié d'investissements gouvernementaux... (Paul Chiasson, La Presse canadienne)

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D'après le Brésil, Bombardier a bénéficié d'investissements gouvernementaux totalisant 2,5 milliards $ US l'an dernier, et l'octroi de nouvelles sommes risque de provoquer d'autres « distorsions » dans le secteur aéronautique, au détriment des intérêts brésiliens.

Paul Chiasson, La Presse canadienne

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La Presse Canadienne

Le Brésil a officiellement déposé une plainte contre le Canada à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mercredi, pour l'octroi de subventions au secteur aéronautique, quelques heures seulement après que le gouvernement Trudeau eut octroyé un prêt sans intérêt de 372,5 millions $ sur quatre ans à Bombardier (TSX : BBD.B).

Les autorités brésiliennes - qui critiquent particulièrement le programme de l'avion commercial CSeries - confirment avoir demandé des consultations dans le cadre du système de règlement des différends de l'OMC.

«Les subventions canadiennes affectent artificiellement la compétitivité internationale du secteur, d'une manière incompatible avec les obligations [du Canada à l'égard de] l'OMC», fait valoir le pays sud-américain dans un communiqué.

D'après le Brésil, Bombardier a reçu des investissements gouvernementaux totalisant 2,5 milliards $US l'an dernier, et de nouveaux investissements risquent de provoquer d'autres «distorsions» dans le secteur aéronautique, au détriment des intérêts brésiliens.

Présent à la conférence de presse, mardi soir, le ministre canadien du Commerce international, François-Philippe Champagne, s'était montré prêt à défendre la décision de son gouvernement, lorsque questionné sur les critiques du Brésil.

Au total, le tiers du montant octroyé - environ 124 millions $ - sera consacré à la Série C, tandis que les deux tiers de l'enveloppe serviront au Global 7000, construit en Ontario.

Les autorités brésiliennes s'attendent à ce que les consultations, qui constituent la première étape d'une dispute commerciale dans le cadre du mécanisme de l'OMC, puissent permettre de trouver des solutions aux problèmes soulevés.

Les deux pays devraient s'entendre au cours des prochaines semaines quant au moment ainsi qu'à l'endroit où se tiendront les pourparlers.

Embraer satisfait

Sans surprise, l'avionneur brésilien Embraer - l'un des principaux rivaux du constructeur québécois d'avions et de trains - dit appuyer la décision du gouvernement du Brésil d'exiger des consultations.

Son président et chef de la direction, Paulo César Silva, affirme que Bombardier a bénéficié de «subventions» pour développer la Série C et vendre son avion à des prix «artificiellement bas».

«Il est essentiel de niveler le terrain de jeu dans le secteur des avions commerciaux afin de s'assurer que la concurrence se fasse entre les entreprises et non entre les gouvernements», a-t-il indiqué dans un communiqué distinct.

Depuis décembre dernier, le Brésil menaçait de se tourner vers l'OMC. Bombardier avait déjà affirmé pour sa part que tous les investissements effectués étaient «complètement conformes» à toutes les règles de l'organisation internationale. 




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