Le gouvernement Couillard ne veut pas «revivre» l'affaire Rona

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard... (Bernard Brault, archives La Presse)

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Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard

Bernard Brault, archives La Presse

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement Couillard admet qu'il ne veut pas «revivre» une autre affaire Rona.

«À la lecture de ce qui s'est passé, il est évident qu'il y a des règles qui doivent être clarifiées» dans la gouverne d'Investissement Québec (IQ), a déclaré la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, qui a évité soigneusement de faire référence directe au nom de Rona et à la saga du quincailler dans une entrevue téléphonique mercredi après-midi.

Toutefois, la ministre, qui est responsable du bras financier du gouvernement, a fait mention des communications entre la direction d'IQ et le ministre, de l'amélioration des méthodes et des canaux d'information, et de la prise de décision - tous des enjeux qui ont été abondamment débattus dans la controverse sur la vente de Rona au géant américain Lowe's.

Le gouvernement Couillard a toujours maintenu qu'il ne pouvait rien changer dans cette transaction l'hiver dernier, mais la ministre a soutenu qu'elle ne veut plus revivre ce genre de situation, admettant ainsi qu'elle peut éviter que cela se reproduise.

«Des situations dans lesquelles une décision doit être prise, par exemple des cas récents que l'on a vécus, je ne veux pas avoir à les revivre. Je veux que personne n'ait à les revivre, dans le sens où la responsabilité est clairement définie», a-t-elle dit.

Tout en refusant encore une fois de commenter directement la saga de Rona, Mme Anglade a néanmoins évoqué l'enjeu de l'autorisation ou de la consultation du ministre par IQ. Sans ambiguïté, elle a fait ainsi référence à l'échange de courriels sur Rona entre IQ et son ministère, qui a entraîné la chute de son prédécesseur, Jacques Daoust.

«C'est évident que si on a besoin de l'accord d'un ministre pour prendre une décision, si vous êtes président d'un conseil d'administration, vous allez convenir avec moi que vous aurez besoin de plus qu'un courriel, ou un commentaire dans un courriel, pour prendre une décision», a-t-elle dit.

Clarifier les règles de gouverne

Le 21 septembre, Investissement Québec déposera donc des propositions pour clarifier ses règles de gouverne et répondre aux recommandations de la vérificatrice générale concernant toute cette affaire.

«C'est ce que je vais demander à Investissement Québec, a-t-elle poursuivi. Si on n'a pas besoin de l'opinion du ministre, on n'en a pas besoin. Si on doit ultimement informer le ministre, qu'on l'informe, et de quelle manière on va l'informer, on va le préciser.»

Rappelons que peu après la vente du quincailler québécois à Lowe's l'hiver dernier, on avait appris que la société d'État avait auparavant liquidé un bloc d'actions d'environ 150 million $ à la fin de 2014 que le gouvernement lui avait pourtant demandé d'acheter en 2012, afin de constituer une minorité de blocage en cas d'offre d'achat hostile.

Le ministre de l'Économie de l'époque, Jacques Daoust, avait toujours nié qu'il avait été mis au courant de la vente de cette participation à l'automne 2014. Mais une série de courriels dévoilée récemment révèle qu'IQ avait sollicité l'avis du ministre et que le chef de cabinet du ministre, Pierre Ouellet, avait répondu «ok».

M. Daoust a démissionné de son poste dans la foulée de cette controverse, après que son patron, le premier ministre Philippe Couillard, a dit qu'il existait deux versions contradictoires dans cette affaire. En commission parlementaire la semaine dernière, M. Ouellet avait aussi contredit M. Daoust en disant qu'il était au courant.

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