La question du Moyen-Orient s'invite à l'assemblée de CAE

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Le président et chef de la direction de CAE, Marc Parent.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Les activités de CAE (TSX:CAE) au Moyen-Orient se sont retrouvées sous la loupe, mercredi, lors de l'assemblée annuelle du spécialiste des simulateurs de vol et de la formation, qui se déroulait à son siège social montréalais.

La frange québécoise de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), un mouvement créé par la société civile palestinienne, a exhorté la société à décréter un embargo complet contre Israël dans le secteur militaire.

Pendant la période des questions, des membres du groupe, dont certains sont actionnaires de l'entreprise, ont évoqué des contrats obtenus au cours des dernières années par CAE.

Ils ont notamment cité celui décroché en 2013 auprès d'Elbit Systems pour la vente de pièces et d'autres éléments de simulateurs de vol pour l'entraînement des pilotes d'avions de combat de la force aérienne israélienne.

CAE a également obtenu d'autres contrats auprès des forces armées israéliennes pour la mise à niveau de simulateurs pour des hélicoptères de combat en plus d'avoir collaboré avec la firme israélienne Aeronautics, spécialisée dans la production de drones.

«Nous vendons nos produits selon les règles canadiennes en place et nous les suivons très rigoureusement», a répliqué le président et chef de la direction, Marc Parent, précisant que ces contrats étaient venus à échéance.

Alors que le Forum social mondial se déroule dans la métropole, les représentants de BDS-Québec s'étaient déplacés à l'assemblée des actionnaires, affirmant que leur missive envoyée en mars dernier pour solliciter une rencontre avec la direction de CAE était restée lettre morte.

Les partisans du mouvement BDS affirment qu'il prône l'autodétermination palestinienne, alors que ses détracteurs affirment que cette campagne ne vise qu'à stigmatiser les Israéliens.

Ses représentants québécois ne sont pas repartis bredouilles de l'événement, étant en mesure d'obtenir un entretien, qui aura lieu dans deux semaines, avec la vice-présidente aux affaires publiques et communications mondiales de l'entreprise, Hélène Gagnon.

«Des compagnies israéliennes vendent des produits qu'elles disent avoir testé sur le terrain, qu'est-ce que cela veut dire? Tester sur la population civile palestinienne? On se pose la question», a affirmé aux journalistes une représentante de BDS-Québec, Sabine Friesinger, accompagnée de l'avocat en droit pénal international John Philpot.

CAE respecte toutes les règles, assure M. Parent

Réitérant que CAE respectait toutes les règles entourant l'exportation de matériel et de services dans le secteur militaire, M. Parent a affirmé, en point de presse, qu'il n'avait pas l'intention de cesser de faire des affaires avec Israël.

«Je suis responsable de gérer la compagnie pour les actionnaires, a-t-il dit. Nous prenons des décisions qui vont faire croître la valeur de la compagnie.»

M. Parent s'est toutefois dit très «sensible» à l'incidence que certaines relations d'affaires pouvaient avoir sur l'image de l'entreprise.

Cette notion de responsabilité fait les manchettes depuis plusieurs mois au Canada en raison du controversé contrat prévoyant la vente de blindés légers à l'Arabie saoudite par l'entreprise ontarienne General Dynamics Land Systems.

Dans ce pays, CAE a déjà eu le transporteur aérien national Saudia comme client dans le secteur civil, a précisé M. Parent, sans toutefois dire si l'entreprise avait actuellement des contrats en vigueur du côté militaire.

Résultats du premier trimestre

La société a par ailleurs profité de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre, qui se sont avérés supérieurs aux attentes des analystes.

CAE a engrangé un profit net de 69,3 millions $, ou 25 cents par action, en hausse de 55 pour cent comparativement à la même période l'an dernier.

Abstraction faite des éléments non récurrents, son bénéfice ajusté a affiché une progression de 40 pour cent, s'établissant à 70,9 millions $, ou 26 cents par action, alors que les revenus ont été de 651,6 millions $, en hausse de 17 pour cent.

Les analystes sondés par Thomson Reuters tablaient sur un profit ajusté par action de 20 cents et sur des revenus de 619,2 millions $.

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