Lumière au bout du tunnel pour les producteurs laitiers

Les producteurs de lait canadiens estiment que l'importation... (archives La Voix de l'Est)

Agrandir

Les producteurs de lait canadiens estiment que l'importation de lait diafiltré leur a fait perdre 220 millions $ l'an dernier.

archives La Voix de l'Est

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Fannie Olivier
La Presse Canadienne
Ottawa

Les agriculteurs canadiens dont les revenus ont été mis à mal par l'importation de lait diafiltré américain ces dernières années peuvent voir la lumière au bout du tunnel.

Les Producteurs laitiers du Canada et les transformateurs ont conclu un accord de principe qui comprend «une stratégie des ingrédients». Le contenu de cet accord demeurera toutefois secret tant qu'il ne sera pas ratifié par l'ensemble des intervenants de cette industrie.

Le lait diafiltré est considéré comme un «ingrédient» quand il traverse la frontière et n'est ainsi pas soumis au système de gestion de l'offre qui prévaut au Canada pour le lait, les oeufs et la volaille. Il s'agit d'un lait hyperconcentré, très riche en protéines, utilisé dans la production de fromages ou de yogourt grec, par exemple.

Les producteurs de lait canadiens estiment que l'importation de lait diafiltré leur a fait perdre 220 millions $ l'an dernier, alors que la quantité traversant la frontière a grimpé à 32 000 tonnes, par rapport à 21 000 tonnes l'année précédente.

Enterrer la hache de guerre

Dans une courte déclaration commune transmise mercredi, producteurs et transformateurs laitiers disent vouloir enterrer la hache de guerre. La directrice générale des Producteurs laitiers du Canada, Caroline Emond, a évoqué des «négociations dans un esprit de collaboration».

«L'industrie laitière opère sous la gestion de l'offre; il est donc important que les producteurs et les transformateurs collaborent afin de pouvoir s'adapter à l'évolution du marché, et c'est exactement ce que cet accord de principe nous permettra de faire», a pour sa part indiqué Jacques Lefebvre, président-directeur général de l'Association des transformateurs laitiers du Canada.

On espère une mise en oeuvre de l'accord dès le 1er septembre.

Une source au fait du dossier a toutefois indiqué que cet accord ne change rien aux doléances des producteurs laitiers auprès du gouvernement fédéral. L'industrie demande à Ottawa et au ministre de l'Agriculture, Lawrence MacAulay, d'agir et d'appliquer la réglementation déjà existante.

Moderniser l'industrie laitière

En mai dernier, Agropur a annoncé qu'elle cessait d'utiliser du lait diafiltré importé, se félicitant d'être ainsi «le premier grand transformateur national à le faire».

Saputo et Parmalat, les deux autres gros joueurs de l'industrie au pays, continuent toutefois de le faire. En point de presse le 2 juin, Lino Saputo fils avait plaidé pour la création d'une nouvelle catégorie de lait moins coûteux au Canada, une «solution idéale», à ses yeux.

Le jour même, plusieurs centaines d'agriculteurs, dont un convoi de tracteurs partis de Québec, avaient afflué sur la colline du Parlement à Ottawa pour réclamer plus d'action de la part du fédéral.

Dans une déclaration envoyée par courriel, le ministre MacAuley a salué les négociations vers «la création d'une stratégie nationale d'ingrédients». Il a affirmé que le gouvernement libéral soutenait le système de gestion de l'offre et souhaitait «aider à moderniser» l'industrie laitière canadienne, afin d'assurer sa viabilité à long terme.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer