Hydro-Québec retourne à l'international

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Hydro-Québec travaille sur six ou sept dossiers et se dit prête à allonger entre 250 millions $ et 2,5 milliards $ afin de réaliser une acquisition, a expliqué son président directeur général, Éric Martel.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Confrontée à une baisse de ses bénéfices d'ici 2020, Hydro-Québec espère inverser cette tendance en retournant à l'international en plus de lancer une offensive pour courtiser de grandes sociétés étrangères spécialisées dans l'hébergement de données.

Ces deux éléments se trouvent au coeur du plan stratégique 2016-2020 de la société d'État dévoilé mercredi et orienté autour de l'exportation d'électricité, l'achat d'infrastructures ainsi que la commercialisation des innovations.

Hydro-Québec travaille sur six ou sept dossiers et se dit prête à allonger entre 250 millions $ et 2,5 milliards $ afin de réaliser une acquisition, a expliqué son président directeur général, Éric Martel, en marge d'une allocution devant l'Association de l'industrie électrique du Québec (AIEQ).

« Cela m'étonnerait que l'on réussisse à conclure une transaction cette année, mais ce n'est pas impossible, a-t-il expliqué en conférence de presse. Cela pourrait très bien se produire l'an prochain. »

Sans plan de croissance, le bénéfice net d'Hydro-Québec, qui s'est établi à 3,15 milliards $ l'an dernier, aurait fléchi à 2,85 milliards $ en 2020. Au mieux, les profits, en dollars constants de 2015, auraient stagné à 3 milliards $ en 2030, alors que le plan stratégique les chiffre désormais à 5,2 milliards $.

Ce recul anticipé s'explique principalement par la baisse des prix de l'électricité aux États-Unis ainsi que le début de l'amortissement du projet La Romaine, sur la Côte-Nord.

Rien n'est exclu du côté des acquisitions. Hydro-Québec envisage de prendre des participations dans des projets ou acheter des actifs comme, par exemple, un réseau de transport d'électricité qui serait remis à niveau avant d'être exploité.

« La rentabilité est importante, a souligné M. Martel. Des fois, pour un an ou deux, il y aura des investissements à faire et le retour (sur investissement) ne sera pas aussi grand qu'il pourrait l'être, mais nous allons être très agressifs. »

La société d'État compte limiter ses risques en restant éloignée des pays instables politiquement et des projets dont la rentabilité ne semble pas au rendez-vous.

Elle a par ailleurs été active au cours des deux dernières semaines en envoyant des représentants en Amérique du Sud pour discuter avec des partenaires potentiels alors que M. Martel est récemment revenu d'un séjour en Chine.

Hydro-Québec avait mis fin aux activités de sa filiale internationale au milieu des années 2000 en liquidant l'ensemble de ses investissements aux États-Unis, au Chili, au Costa Rica, au Pérou et en Australie.

Si cette division avait généré des profits considérables, la performance d'Hydro-Québec International avait néanmoins fait l'objet de critiques à l'époque en ce qui a trait à son rendement.

« Sur les huit projets, six ont été rentables et deux se sont avérés difficiles, a répliqué M. Martel lorsque questionné sur le sujet. Je pense qu'il faut être vigilant. »

Quant aux exportations d'hydroélectricité, Hydro-Québec souhaite les accroître principalement en Ontario ainsi qu'aux États-Unis, notamment en Nouvelle-Angleterre et dans l'État de New York.

Séduire dans l'hébergement de données

Misant sur les surplus ainsi que les bas tarifs, M. Martel espère attirer d'importantes sociétés spécialisées dans l'hébergement de données, qui consomment beaucoup d'énergie afin de refroidir leurs serveurs, notamment en faisant miroiter le tarif de développement économique pour la clientèle de grande puissance.

Cette initiative prévoit une réduction de 20 pour cent sur le tarif applicable pour des sociétés qui comptent de nouvelles installations exigeant une puissance d'au moins un mégawatt.

La société d'État espère que des joueurs majeurs emboîteront le pas à Microsoft, Amazon, OVH, Cogeco et Vidéotron, qui ont investi au cours des dernières années dans des centres de données.

Son dirigeant ne croit pas que cette initiative est mise de l'avant trop tardivement.

« Il y a une croissance dans ce secteur qui va atteindre 15 milliards $ dans les prochaines années, a-t-il affirmé. C'est temps de réagir. Les grands joueurs regardent toujours de nouveaux endroits. »

Hydro-Québec misera sur les nombreux terrains vacants qu'elle possède aux quatre coins du Québec, dont la superficie est évaluée à 25 millions de pieds carrés. Elle a par ailleurs procédé à un « lancement secret » de son projet, la fin de semaine dernière, en Floride.

Ce projet a été salué par OVH, une multinationale française qui compte 130 employés au Québec et qui figure parmi les plus grands joueurs dans le secteur infonuagique à l'échelle mondiale.

« Si Hydro-Québec fournit des sites assez grands pour accueillir des centres de données avec un approvisionnement hydroélectrique suffisant et fiable, cela va certainement en inciter à venir s'établir ici », a expliqué son vice-président des ventes et du marketing au Canada, Cédric Combey.

Le centre de données de l'entreprise se trouve dans un ancien bâtiment de Rio Tinto Alcan, à Beauharnois, en Montérégie, à proximité d'un barrage hydroélectrique.

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