Le Carrefour Jeunesse-Emploi «desservira tout le monde»

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Yves Lauzière, directeur général du Carrefour Jeunesse-Emploi des Cantons-de-l'Est

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Le Carrefour Jeunesse-Emploi (CJE) des Cantons-de-l'Est se dit prêt à accueillir à bras ouverts les jeunes assistés sociaux qui devraient devoir réintégrer le marché du travail dans le cadre du projet de loi 70. Il est cependant hors de question de négliger ses clients actuels pour y parvenir.

Il y a quelques jours, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, et le réseau des Carrefour Jeunesse-Emploi (CJE) ont conclu une entente-cadre concernant le rôle que ces organismes joueront dans la réintégration de ces jeunes adultes sans emploi vers le marché du travail. Cette entente s'inscrit dans la foulée du projet de loi 70, actuellement à l'étude par les parlementaires.

Le directeur général du CJE des Cantons-de-l'Est, Yves Lauzière, voit d'un bon oeil cette entente qui reconnaît la compétence des CJE. «Il y a à peine deux ans, on pensait peut-être qu'on serait fermés ou coupés», rappelle-t-il.

Le tout pourrait permettre à des jeunes de bénéficier de services dont ils ne se seraient pas prévalus autrement. «Dans certains cas, l'obligation va jouer sur le client lui-même, ajoute le directeur. Il y en a pour qui ce sera la première fois qu'ils vont demander de l'aide: il va y en avoir des contents et d'autres avec qui ça sera plus difficile.»

Cela ne devrait pas changer l'approche des intervenants du CJE. «On fait déjà face à des jeunes qui sont parfois moins motivés. Pour nous, que le jeune soit sur l'aide sociale ne changera rien. Notre objectif est d'accompagner nos clients pour leur permettre de retrouver leur dignité et leur autonomie financière.»

«Tous nos clients sont prioritaires»

Le programme Objectif Emploi, prévu dans la loi 70 et qui ne fait pas l'unanimité, obligerait les bénéficiaires d'aide sociale à entreprendre des démarches de recherche d'emploi pour ne pas voir leurs prestations amputées.

En vertu de l'entente-cadre, les CJE devraient donc donner priorité aux jeunes de 35 ans et moins bénéficiaires d'une aide financière de dernier recours, dont l'aide sociale.

Pas question cependant de prioriser la clientèle d'Objectif Emploi au détriment de celle qui fréquente déjà l'organisme, assure-t-on au CJE des Cantons-de-l'Est. «Nous, de la manière qu'on voit les choses, c'est qu'on va respecter la commande, mais tous nos clients sont prioritaires. On va desservir tout le monde», s'engage M. Lauzière.

Actuellement, un conseiller est toujours disponible sur le plancher pour recevoir les walk-in, les jeunes qui se présentent sans avoir de rendez-vous. «Comme ça, le jeune est tout de suite pris en charge», précise le directeur général.

Advenant une augmentation importante de la clientèle en raison de l'entente-cadre, des places réservées pourraient leur être assignées. «C'est une possibilité qu'on pourrait voir à court terme, si on a soudainement un flot important de gens, indique M. Lauzière. Va-t-il y avoir un afflux? C'est à voir. Mais pour l'instant, on arrive à bien répondre à tout le monde.»

Pas de nouveau financement

L'entente laisse entendre qu'un financement annuel de 45,7 millions de dollars pendant trois ans sera alloué aux CJE dans le cadre de l'entente; or, il ne s'agit pas d'argent neuf, souligne le directeur général. «Le montant, c'est le même accordé qu'avant. On n'aura pas un sou de plus qu'il y a deux ans. Ce n'est pas un nouveau financement», affirme M. Lauzière.

Ce faisant, les CJE se retrouveraient à aider un plus grand nombre de personnes, sans aide financière supplémentaire.

M. Lauzière ne s'en fait toutefois pas outre mesure. «Je ne le dénonce pas, parce qu'en bout de ligne, on aide les jeunes à trouver un emploi. Comme je disais, on aurait pu être fermés à l'heure actuelle. On a au moins le même argent qu'avant, et on peut continuer à faire notre travail.»

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