Daoust veut «réglementer pour interdire», selon Uber

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«Ce qu'on envoie comme message aux Québécois, c'est qu'on ne réfléchit pas à leurs besoins à eux», estime le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette.

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Le bras de fer s'intensifie entre Uber, l'industrie du taxi et le gouvernement du Québec.

L'entreprise de transport privé non réglementé a accusé jeudi le ministre des Transports, Jacques Daoust, de vouloir sortir Uber du paysage par voie réglementaire.

«Le ministre Daoust propose une réglementation qui va fermer Uber au Québec. L'objectif ici, ce n'est pas de réglementer pour permettre, c'est de réglementer pour interdire», s'est insurgé le directeur général d'Uber au Québec, Jean-Nicolas Guillemette.

Celui-ci estime que la démarche du ministre a complètement mis de côté le point de la vue du consommateur qui, selon lui, souhaite avoir accès au service de transport à moindre coût qu'offre Uber.

«Ce qu'on envoie comme message aux Québécois, c'est qu'on ne réfléchit pas à leurs besoins à eux», a-t-il dit.

Même si Jacques Daoust n'a toujours pas présenté de projet de loi ou de réglementation, il lui reproche de s'être entièrement soumis aux arguments du lobby de l'industrie du taxi et averti qu'Uber fermera ses portes si le ministre va dans la direction qu'il dit craindre.

M. Guillemette soutient que son entreprise souhaite être réglementée, mais que la solution réside dans un équilibre entre l'augmentation de la réglementation d'Uber et une diminution de la réglementation du taxi et non dans la seule imposition de règles contraignantes pour son entreprise.

L'entreprise utilisera le moyen qu'elle connaît le mieux, soit Internet, pour faire pression: sous le thème «Sauvons Uber Québec», elle a envoyé près d'un demi-million de courriels à ses clients, les invitant à se manifester auprès de leurs députés.

Sondage de l'industrie du taxi

La sortie d'Uber survient au même moment où l'industrie du taxi publie un sondage qui laisse croire que les Québécois voudraient que l'entreprise soit soumise à une réglementation plus stricte.

Le sondage CROP, réalisé pour le Comité provincial de concertation et de développement de l'industrie du taxi (CPCDIT), demandait notamment aux répondants si l'État doit faire respecter les règles du transport de personnes, si tous les transporteurs doivent payer taxes et impôts, si les antécédents des chauffeurs doivent être vérifiés, si la tarification des transports doit être connue et prévisible et si tous les transporteurs doivent répondre aux mêmes règles.

Sans surprise, ces questions de portée générale ont obtenu des réponses positives dans des proportions de 83 à 90 pour cent.

Les représentants de l'industrie en concluent que les Québécois appuient «tous» l'idée que «c'est à Uber à se conformer aux règles, pas l'inverse».

«Les Québécois ne sont pas contre l'innovation, mais ils sont pour la sécurité et l'équité», a précisé par voie de communiqué Guy Chevrette, porte-parole du Comité.

«On ne peut pas prétendre être au-dessus des lois, simplement parce qu'on a une application mobile», a-t-il ajouté.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1000 répondants entre le 14 et le 18 avril.

M. Chevrette demande au ministre Daoust de déposer un projet de loi le plus tôt possible, «afin que des sanctions plus sévères s'appliquent contre les délinquants dès cet été».

Jacques Daoust a toujours maintenu, à cet effet, qu'Uber fonctionne dans l'illégalité en vertu des lois québécoises.

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Téo Taxi représente un nouveau modèle d'affaires où les chauffeurs sont payés à l'heure plutôt qu'à la course et bénéficient de tous les avantages sociaux. 

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Téo Taxi se lance grand public

Pendant ce temps, sur le terrain, l'effervescence se poursuit avec le dévoilement, jeudi, de la nouvelle application mobile et du lancement officiel des services grand public de Téo Taxi, à l'issue d'une période de rodage amorcée en novembre dernier.

Téo Taxi représente un nouveau modèle d'affaires où les chauffeurs sont payés à l'heure plutôt qu'à la course et bénéficient de tous les avantages sociaux, incluant des vacances, le tout dans le respect de la réglementation actuelle entourant le taxi.

Le créateur de Téo, Alexandre Taillefer, croit pouvoir compenser ces coûts de main-d'oeuvre plus élevés avec les économies de près de 35 pour cent des coûts d'exploitation obtenues d'une part par l'utilisation de voitures entièrement électriques plutôt qu'à l'essence et, d'autre part, par une forte réduction du temps de roulement à vide.

«On devrait être fixés sur la rentabilité du modèle vers septembre-octobre, mais notre niveau de confiance est très élevé», a-t-il affirmé à La Presse Canadienne.

M. Taillefer ne s'inquiète pas outre mesure de la présence d'Uber pourvu que celle-ci soit soumise aux mêmes conditions fiscales que le reste de l'industrie et que des compensations soient octroyées aux artisans du taxi qui doivent débourser des sommes importantes pour leurs permis de taxi.

«Uber fait du taxi amateur. Il y a de la place pour le taxi amateur s'il y a des gens qui veulent le faire, mais il faut respecter certaines conditions minimales», a-t-il précisé.

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