Une transaction qui ne surprend pas

Jean Gadoua, directeur général de Farnham Ale &... (Catherine Trudeau, Archives La Voix de l'Est)

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Jean Gadoua, directeur général de Farnham Ale & Lager.

Catherine Trudeau, Archives La Voix de l'Est

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

Jean Gadoua et Sébastien Gagnon ne sont pas tombés en bas de leur chaise lorsqu'ils ont appris, mardi, que Labatt mettait la main sur la microbrasserie Archibald, de Québec. Les deux affirment qu'il s'agit là d'une stratégie pour un géant qui perd du terrain face à la popularité croissante des plus petits qui parviennent à s'imposer dans le paysage brassicole québécois.

Sébastien Gagnon, président directeur général de la Brasserie... (fournie) - image 1.0

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Sébastien Gagnon, président directeur général de la Brasserie Dunham 

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«Ce n'est vraiment pas surprenant, parce que c'est un mouvement qui est amorcé depuis déjà quelques années, particulièrement aux États-Unis», indique Sébastien Gagnon, président directeur général de la Brasserie Dunham.

Même son de cloche pour Jean Gadoua, directeur général et copropriétaire de Farnham Ale&Lager.

«C'était un peu prévisible. [...] Il fallait s'attendre à ce qu'ils deviennent intéressants pour les géants qui cherchent à contrer l'avancée des microbrasseries. [...] Quand les géants commencent à acheter des plus petits, dans un créneau légèrement différent, c'est parce que tu commences à leur gratter le derrière un peu. Tu commences à les achaler.»

Industriel contre microbrasserie

Aux yeux des deux brasseurs, Archibald était donc un candidat idéal pour ce type de transaction. Avec un produit plus accessible et une production relativement importante, le mariage avec Labatt ne leur apparaît pas invraisemblable.

Jean Gadoua explique cependant que les microbrasseries plus petites peuvent offrir un produit plus raffiné. Et d'après lui, cela s'inscrit bien dans l'évolution des goûts des consommateurs québécois dans le domaine de l'alimentation en général. Loin de le décourager, il voit donc dans la transaction une opportunité pour son entreprise.

«Nous autres, ça ne va pas nous arrêter!»

Quant à lui, Sébastien Gagnon juge offrir un produit qui est très loin de ce qu'offre Archibald. Se disant dans un créneau «de niche», il mise sur la qualité plutôt que la quantité.

«On a une excellente réputation à l'étranger, on est dans le top 100 mondial depuis 3 ans», affirme-t-il avec fierté.

M. Gagnon croit qu'Archibald a pris une excellente décision d'affaires, mais une chose le dérange cependant.

«Qu'une entreprise se fasse acheter par un consortium multinational et qu'ils continuent de brander ça "microbrasserie du Québec", je trouve qu'à un moment donné il faut faire attention, parce que les gens deviennent un peu leurrés par ça.»

Pour lui, une sorte d'appellation d'origine contrôlée pourrait permettre aux microbrasseries détenues par des intérêts locaux de se démarquer clairement face aux produits des grandes entreprises.

Vendre ou ne pas vendre...

Et pas question pour Sébastien Gagnon de les imiter. Il est catégorique.

«C'est sûr que ce serait non! De toute façon, on n'est pas assez des gros joueurs encore», s'exclame-t-il.

Pour sa part, Jean Gadoua resterait attentif à une offre généreuse pour son entreprise qui connaît une belle croissance.

«Je ne serais surpris que dans les prochaines années, c'est à notre porte qu'on va se faire cogner et qu'on va se faire dire: "là vous dérangez, combien ça coûte? " [...] On n'est pas à vendre, mais tout à un prix. On a le droit de rêver...»

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