Accusé de délit d'initié, le patron d'Amaya prend un congé payé

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La semaine dernière, l'AMF a déposé cinq chefs d'accusation à l'endroit de David Baazov en lien avec la mégatransaction de PokerStars, acquise en 2014 pour 4,9 milliards $ US.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Accusé de délit d'initié, le grand patron d'Amaya (TSX:AYA), David Baazov, se retire temporairement de ses fonctions au sein de l'entreprise qui exploite le populaire site PokerStars.

L'homme d'affaires de 35 ans - qui continuera d'être rémunéré - quitte volontairement afin d'éviter «toute distraction» pour Amaya ainsi que pour se consacrer à l'offre qu'il désire présenter afin de fermer le capital de la société établie à Pointe-Claire.

«Je crois qu'en quittant mon poste à court terme, la société et sa direction auront moins de distractions, et je pourrai contester vigoureusement les allégations dont je suis la cible et poursuivre mon offre visant l'acquisition de la société», a-t-il indiqué par voie de communiqué.

Cette décision a eu un impact positif sur le titre d'Amaya, qui a bondi de 16,70 $, soit 12,8 pour cent, pour clôturer à 16,70 $ à la Bourse de Toronto.

La semaine dernière, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a déposé cinq chefs d'accusation à l'endroit de M. Baazov en lien avec la mégatransaction de PokerStars, acquise en 2014 pour 4,9 milliards $ US.

Deux autres personnes de son entourage ainsi que trois compagnies sont également dans la mire du gendarme financier québécois, qui a déposé au total 23 chefs d'accusation.

L'AMF a aussi obtenu des ordonnances pour bloquer les activités de 13 autres individus, dont le frère de M. Baazov. Douze des 13 personnes visées auraient empoché environ 1,5 million $ en effectuant des transactions sur la base d'informations privilégiées.

Le président et chef de la direction d'Amaya nie être la «source principale» des fuites d'informations privilégiées, tel qu'avancé par l'AMF dans des documents.

Celui-ci sera remplacé sur une base intérimaire par Rafi Ashkenaz, qui dirige actuellement la division regroupant PokerStars ainsi que Full Tilt.

Le poste de président du conseil d'administration sera confié à Divyesh (Dave) Gadhia, qui en est membre depuis 2010 et qui préside le comité indépendant qui évaluerait toute offre d'achat éventuelle de la part de M. Baazov.

Si la décision du dirigeant d'Amaya est un «pas dans la bonne direction», l'analyste Adam Krejcik, de la firme Eilers & Krejcik Gaming, croit cependant que l'entreprise devra en faire davantage.

«À ce point, il faut probablement faire table rase compte tenu de la gravité des accusations et des défis auxquels l'entreprise fait face depuis 12 mois», a-t-il expliqué au cours d'un entretien téléphonique.

M. Krejcik n'a rien contre la décision de confier les rênes d'Amaya à M. Ashkenaz, même s'il ne s'agit que d'une «solution temporaire», à son avis.

Vers une vente ?

En annonçant le départ temporaire de son dirigeant, Amaya a également révélé que le comité indépendant avait mandaté son conseiller financier, Barclays Capital Canada, afin qu'il sollicite des acheteurs potentiels intéressés par l'entreprise.

Ce comité dit actuellement négocier avec certaines des tierces parties qui pourraient avoir accès à des renseignements confidentiels sur Amaya.

«Le comité n'a pas encore décidé si la vente d'Amaya est dans l'intérêt fondamental ou non de la société à ce moment-ci, souligne l'entreprise spécialisée dans le jeu en ligne. Il étudiera toute offre que M. Baazov présente et toute déclaration d'intérêt de tiers au moment où ces offres ou déclarations seront présentées.»

En février, M. Baazov avait fait part de son intention d'offrir 21 $ au comptant pour chaque action en circulation, ce qui représentait une prime d'environ 40 pour cent par rapport à la valeur de l'action d'Amaya au cours de cette période.

En raison des accusations qui visent M. Baazov, les chances que ce dernier soit capable de fermer le capital d'Amaya sont très minces, croit l'analyste d'Eilers & Krejcik Gaming.

Selon M. Krejcik, il ne serait pas surprenant de voir les firmes américaines Blackstone et BlackRock, qui contrôlent près de 31 pour cent de l'entreprise, racheter la part de 12 pour cent détenue par M. Baazov pour changer la direction ou déposer une offre afin de fermer le capital de la société.

Pour l'analyste, il est très difficile pour l'homme d'affaires de 35 ans de trouver des investisseurs enclins à se ranger derrière lui ou une institution financière qui acceptera de lui prêter une somme considérable.

Par ailleurs, le Centre Cummings, un organisme communautaire, a indiqué qu'il est toujours prévu que M. Baazov soit l'invité d'honneur d'un événement prévu le 10 avril, auquel doivent prendre part l'ex-joueur du Canadien de Montréal Larry Robinson et l'ancien lanceur des Expos Steve Rogers.

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