Les investissements miniers en baisse au Québec

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Les investissements miniers au Québec ont poursuivi leur glissade l'an dernier pour se rapprocher de leur niveau de 2009.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

La morosité du secteur minier à l'échelle mondiale a continué d'avoir des répercussions au Québec, où les investissements ont poursuivi leur glissade l'an dernier pour se rapprocher de leur niveau de 2009.

Ils ont ainsi reculé de 22,7 pour cent par rapport à 2014 pour s'établir aux alentours de 2,3 milliards $, d'après des données préliminaires publiées jeudi par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Comparativement au sommet de 2012 - où les investissements avaient atteint 5,1 milliards $ au Québec - il s'agit d'un plongeon de 55,2 pour cent.

Au total, 15 934 personnes travaillaient dans le secteur minier en 2015, ce qui représente un recul de 9,9 pour cent par rapport à l'année précédente.

Optimisme pour L'agence statistique brosse toutefois un portrait plus optimiste pour l'année 2016, puisqu'elle prévoit que les dépenses du secteur minier atteindront 2,8 milliards $, en hausse de 21,1 pour cent.

«Il y a une embellie, mais avec certains bémols, a observé le responsable des statistiques sur l'investissement minier à l'ISQ, Louis Madore. Ce n'est pas une remontée définitive.»

Pour 2016, la croissance sera principalement soutenue par des investissements totaux de 2,6 milliards $ en travaux d'aménagement, en immobilisation ainsi qu'en réparation et entretien sur les sites miniers de la province.

Selon M. Madore, cela s'explique par la décision de nombreuses sociétés de retenir certains investissements en raison du contexte difficile de 2015.

«Les producteurs ont réduit leurs dépenses au maximum, ce qui a créé une carence, souligne-t-il. Les investissements qui n'ont pas été faits l'an dernier devraient ainsi se faire en 2016.»

«Fin de la saignée»

De leur côté, les dépenses en travaux d'exploration devraient demeurer plutôt stables en 2016, à 219 millions $, ce qui, sans être une embellie, constitue en quelque sorte la «fin de la saignée», croit M. Madore.

Cela représente tout de même une baisse d'environ 31 pour cent par rapport à 2014 et un recul de 73,6 pour cent comparativement au sommet de 834 millions $ enregistré en 2011.

«Si les dépenses d'exploration continuent de baisser, c'est tout un pan de l'économie du Québec qui continuera de se fragiliser», s'est inquiété la présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec (AMQ), Josée Méthot.

Vraisemblablement, il faudra attendre avant de voir une reprise pointer à l'horizon de ce côté, a laissé entendre le responsable des statistiques sur l'investissement minier à l'ISQ.

«Le capital de risque pour l'exploration minière n'est pas encore vraiment disponible pour les compagnies junior, croit M. Madore. C'est encore difficile pour elles d'aller chercher de l'argent.»

À une semaine du dépôt du budget du gouvernement Couillard, l'AMQ souhaite une «bouffée d'air frais» et des allègements dans les façons de faire afin de réduire les «irritants».

«On assiste à une diminution soutenue des investissements depuis 2013, a rappelé Mme Méthot. Bien qu'il soit vrai que le secteur minier mondial tourne au ralenti, les décisions que les différents gouvernements ont prises au cours des dernières années ont certes nui à l'attractivité du Québec auprès des investisseurs et on en subit les contrecoups.»

Des régions affectées

Sans surprise, ce sont encore les régions du Nord-du-Québec, la Côte-Nord et l'Abitibi-Témiscamingue qui se sont partagé la part du lion des investissements miniers, avec 96,4 pour cent, ou 1,63 milliard $.

Particulièrement affectée par la déprime des prix du fer, la Côte-Nord a constaté une baisse des dépenses de l'ordre de 30,7 pour cent, suivie du Nord-du-Québec, à 29,8 pour cent.

Surtout axée sur le secteur aurifère, l'Abitibi-Témiscamingue a été en mesure de limiter les dégâts, avec un léger recul de 0,5 pour cent des investissements.

«Extraire de l'or au Canada, c'est rentable à cause de la faiblesse du dollar canadien et des prix, a analysé M. Madore. En ce qui a trait au fer, ça demeure un exercice périlleux.»

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