Entretien des CSeries: Québec ne peut exiger un nombre d'embauches

La semaine dernière, Philippe Couillard a annoncé que... (Alain Roberge, La Presse)

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La semaine dernière, Philippe Couillard a annoncé que Québec renoncerait à son recours judiciaire si Air Canada matérialise son engagement pour l'achat de 45 appareils CSeries en plus de s'engager à faire au Québec la maintenance de ces appareils durant 20 ans.

Alain Roberge, La Presse

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Alexandre Robillard
La Presse Canadienne
Québec

Le gouvernement du Québec n'a pas le pouvoir d'exiger que 1000 emplois soient créés pour l'entretien des avions CSeries de Bombardier qu'Air Canada a l'intention d'acheter, a déclaré mardi le premier ministre Philippe Couillard.

M. Couillard a affirmé que le gouvernement insistera néanmoins sur cette demande, en échange de l'abandon d'un recours judiciaire contre le transporteur.

«Ce n'est pas à l'État de dicter à une entreprise quelles sont ses politiques en termes de maintien d'emplois, a-t-il dit. On va insister et ça fait partie des conditions pour qu'éventuellement le recours judiciaire soit levé, ce qui n'est pas le cas. On va insister pour que ce centre d'entretien des Séries C soit confirmé.»

Dans un point de presse, à l'Assemblée nationale, M. Couillard s'est montré réticent à s'engager dans ce qu'il a qualifié de débat «stérile» concernant le maintien des activités de grand entretien d'avions à Montréal.

Le premier ministre a mis l'accent sur l'importance de soutenir le secteur aéronautique montréalais grâce à la vente d'appareils CSeries de Bombardier, un programme dont l'État québécois est actionnaire.

«Je reviens en arrière parce qu'on nous fait toujours dévier dans une direction qui est stérile, ce n'est pas ça le débat, a-t-il dit. Le débat c'est la survie de Bombardier Aéronautique, la survie du secteur aéronautique de Montréal et la nécessité d'avoir cette commande.»

Malgré une décision de la Cour d'appel favorable au gouvernement du Québec, face à Air Canada, M. Couillard a expliqué que les 1800 employés de la société d'entretien Aveos ne retrouveraient pas pour autant leurs postes, après la fermeture de ce sous-traitant en 2012.

«C'est une illusion malheureusement cruelle de laisser penser aux gens, qui auparavant travaillaient pour Aveos, que si le recours juridique éventuellement allait dans le direction souhaitée, qu'ils retrouveraient leur emploi, c'est tout simplement pas comme ça que ça arriverait», a-t-il dit.

La semaine dernière, M. Couillard a annoncé que Québec renoncerait à son recours judiciaire si Air Canada matérialise son engagement pour l'achat de 45 appareils CSeries en plus de s'engager à faire au Québec la maintenance de ces appareils durant 20 ans.

Aux journalistes, mardi, M. Couillard a expliqué que ce n'est pas le rôle de l'État d'exiger que ces activités permettent l'embauche de 1000 personnes, un chiffre pourtant mentionné la semaine dernière par le premier ministre lors d'un déplacement à Washington.

Par ailleurs, M. Couillard a précisé qu'il souhaite que l'entretien soit fait dans la grande région de Montréal, incluant Mirabel, tel que prévu à la Loi sur la participation publique au capital d'Air Canada.

«Je partage l'avis du maire de Montréal (Denis Coderre) que Montréal ou la grande région de Montréal est toute désignée pour ça», a-t-il dit.

En Chambre, M. Couillard a précisé que les nouveaux emplois devront s'ajouter aux 200 de l'entreprise Premier Aviation de Trois-Rivières, qui effectue l'entretien des appareils Embraer d'Air Canada.

Réaction de l'opposition

Après la période des questions, la Coalition avenir Québec (CAQ) a présenté une motion demandant au gouvernement québécois de ne pas renoncer à ses recours juridiques pour le maintien de 1800 emplois d'Aveos pour l'entretien des appareils d'Air Canada.

La motion, qui a reçu l'appui du Parti québécois et de Québec solidaire, demandait également au gouvernement fédéral de maintenir les dispositions qui obligent Air Canada à garder son entretien à Montréal.

Les libéraux ont cependant bloqué son adoption en prétextant que la cause pourrait se retrouver devant la Cour suprême, à la suite du dépôt d'une requête en janvier par Air Canada.

Le chef caquiste François Legault avait tenté plus tôt d'obtenir l'appui de M. Couillard pour empêcher l'initiative de ministre fédéral des Transports.

«On a un ministre à Ottawa, Marc Garneau, qui semble pressé de changer la loi, a-t-il dit. Or, si la loi d'Air Canada est changée, il ne pourra plus poursuivre Air Canada.»

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau a de son côté réclamé la publication de l'entente du gouvernement avec le transporteur.

«Est-ce que le premier ministre s'engage à rendre publics les termes de l'entente avec Air Canada ou nous devrons conclure que ce sont des ententes secrètes?», a-t-il dit.

M. Couillard s'est limité à indiquer que «certains détails» seront divulgués «au moment requis». «On est devant une entreprise privée qui fonctionne dans un environnement excessivement compétitif», a-t-il dit.

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