Quotas de sirop d'érable: Hall ne veut pas revenir au «Wild West»

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Le président du Syndicat des producteurs acéricoles région Saint-Hyacinthe, David Hall, était de la manifestation pour dénoncer le rapport Gagné mardi dernier à Québec.

Dournie par le Syndicat des producteurs acéricole région Saint-Hyacinthe

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Jérôme Roy
La Voix de l'Est

(Lac-Brome) David Hall a vécu les deux époques en acériculture: avant et après le système des quotas. Il critique sévèrement les conclusions du rapport Gagné et s'explique mal que le ministre de l'Agriculture Pierre Paradis y soit favorable.

«Moi, j'ai déjà fait du sirop à 1$ la livre!», illustre le président du Syndicat des producteurs acéricole région Saint-Hyacinthe. Il qualifie cette époque de «Wild West».

«Aujourd'hui, on peut planifier notre argent, argue celui qui possède une érablière à Lac-Brome, dans le secteur de Iron Hill. Avant, quand tu fabriquais ton sirop et que l'acheteur en avait besoin, il le prenait. Sinon, il ne le prenait pas».

Pour M. Hall, l'argument économique ne tient donc tout simplement pas la route. Le président du Syndicat va même jusqu'à mettre en doute la véracité des données avancées dans le rapport. «Tout le monde peut jouer avec les chiffres...», suggère-t-il.

M. Hall reproche également au document de ne pas être complet. «Si on n'a pas de contingent et si le monde peut sortir de la Fédération, est-ce qu'on va avoir des inspecteurs? On ne sait pas. Est-ce que ça va être un vrai "free for all"? On ne sait pas», peste-t-il.

L'herbe plus verte chez nos voisins?

David Hall jure que le rapport Gagné ne présente pas un portrait juste de la situation américaine.

«J'assiste à des réunions (de producteurs) aux États-Unis. [...] Au Vermont, ils n'ont pas assez d'argent pour un site Internet! [...] Ici, une partie du prélèvement va à la promotion, ce n'est pas immédiat, mais ça rapporte», assure le président du Syndicat. Selon lui, cette promotion permet au sirop québécois de percer des marchés comme le Japon, l'Allemagne, l'Angleterre et même l'Inde.

Il prétend aussi que le système américain est beaucoup plus difficile, puisque les nouveaux producteurs doivent louer des terres à l'entaille. En raison de ce système, ils sélectionneraient seulement les plus gros érables et obtiendraient ainsi un meilleur rendement à l'entaille, mais un plus petit à l'acre. Il ajoute qu'ils sont souvent forcés d'étirer la saison, au détriment de la qualité du produit.

Et avec le taux de change favorable au Canada, M. Hall estime que les parts de marchés québécoises devraient croître bientôt.

«Je n'ai pas les chiffres exacts, mais on vend plus de sirop cette année que l'année passée. Le chèque [qui sera remis aux producteurs par la Fédération] en mars va être surprenant. Le marché est en croissance, il n'y a aucun doute», assure-t-il.

Stabilité

D'après lui, cette façon de faire procure une stabilité aux producteurs qui les garde en bonne santé financière. «Le sirop d'érable, c'est beaucoup d'investissement pour un mois, un mois et demi de production», fait-il valoir.

M. Hall ajoute que le libre marché exposerait les producteurs à certains risques. Il craint notamment que les acheteurs attendent la fin de la saison pour négocier le prix du sirop et ainsi exercer une pression à la baisse sur les prix - au moment précis où les acériculteurs commencent à avoir besoin de liquidités pour payer leurs factures.

Il prétend aussi que le système actuel permet aux prêteurs de financer les producteurs avec plus de confiance.

Perte de confiance envers Paradis

La prise de position du ministre Pierre Paradis en faveur du rapport Gagné est d'ailleurs loin de plaire à David Hall.

«Non, répond-il lorsqu'on lui demande s'il lui fait confiance. Au début oui, mais maintenant, j'ai perdu confiance. Est-ce qu'on peut faire des améliorations [dans le système actuel]? Oui, mais j'ai vécu le système d'avant et c'était très dur».

Il était cependant très satisfait de la manifestation de mardi, à Québec, à laquelle il a participé.

«C'était impressionnant! Malgré la pluie, malgré le verglas, on était au moins 1000 personnes à Québec. Si c'était arrivé en octobre ou en novembre, on aurait été 5000», avance-t-il, convaincu que la majorité des producteurs préfèreraient conserver le système actuel.

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