Air Canada commande des avions CSeries

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La commande d'Air Canada, annoncée mercredi, prévoit également des options pour l'achat de 30 avions supplémentaires, ce qui pourrait porter le total de la commande à 75 avions.

Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Air Canada a exprimé sa confiance envers Bombardier en signant une lettre d'intention pour l'acquisition de 45 avions CS300, tout en réglant par la bande un litige avec le gouvernement du Québec qui traînait devant les tribunaux depuis quelques années.

Cette commande, annoncée mercredi, prévoit également des options pour l'achat de 30 avions supplémentaires, ce qui pourrait porter le total de la commande à 75 avions. D'après le prix de catalogue des CS300, la valeur totale d'une telle commande atteindrait environ 6,3 milliards $ US.

Les livraisons devraient débuter à la fin de 2019 pour s'échelonner jusqu'en 2022. De plus, certaines commandes pourraient être converties en appareils CS100 de plus petite taille.

Au cours d'une conférence de presse conjointe avec Bombardier, le président et chef de la direction d'Air Canada (TSX:AC), Calvin Rovinescu, a expliqué que ces négociations «difficiles» avaient pris plusieurs mois.

Plus tard, en point de presse, il est toutefois revenu sur sa déclaration. «Lorsque c'est un avion qui vient d'être construit, il y a toutes sortes de clauses concernant les garanties ainsi que la performance», a expliqué le grand patron d'Air Canada.

Le transporteur aérien misera sur les CS300 afin de remplacer une partie des 45 avions E190 d'Embraer qui se trouvent actuellement dans sa flotte d'appareils. La compagnie compte sur l'appareil pour accroître son réseau.

M. Rovinescu a également minimisé l'ajout des CSeries au parc aérien d'Air Canada, qui compte également des avions Airbus, Boeing et Embraer.

Après avoir convaincu d'importants transporteurs en Europe (Swiss) et en Asie (Korean Air), le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, s'est réjoui de l'ajout d'un important joueur nord-américain à la liste des clients de la CSeries.

Dans une note d'analyse, Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, a estimé que cette commande d'Air Canada pourrait transformer le programme de la CSeries en lui donnant l'élan nécessaire afin d'assurer sa viabilité à long terme.

Entretien à Montréal

Parallèlement, le transporteur montréalais s'est engagé à réaliser les travaux de révision et d'entretien lourd des nouveaux appareils au Québec pendant au moins 20 ans. Le contrat serait attribué à un «fournisseur de services de maintenance reconnu», a indiqué Air Canada, sans fournir plus de détails.

Cet engagement a convaincu le gouvernement du Québec de renoncer à sa poursuite en justice contre le transporteur. Le conflit trouvait son origine dans la fermeture, en 2012, du centre d'entretien montréalais Aveos, qui avait entraîné la mise à pied de 2600 employés, dont environ 1700 à Montréal.

M. Rovinescu a toutefois tenu à rappeler que le centre ne serait toutefois pas mis sur pied par Air Canada. «Cela n'a rien à voir avec les emplois d'Aveos, a-t-il dit. Nous allons aider à l'établissement éventuel d'un centre au Québec. Si les conditions sont adéquates en ce qui a trait aux coûts, d'autres compagnies aériennes pourraient être intéressées.»

Après avoir perdu sa cause devant la Cour supérieure et la Cour d'appel du Québec, Air Canada, s'était adressé au plus haut tribunal du pays dans l'espoir qu'il renverse le jugement l'obligeant à conserver des activités d'entretien des appareils au pays.

Le coordonnateur québécois du Syndicat des machinistes, David Chartrand, s'est demandé pourquoi Québec avait renoncé à sa poursuite, alors qu'on en sait très peu sur le nouveau centre.

Au cours d'un entretien téléphonique, il a notamment estimé que l'engagement d'Air Canada n'était qu'un «très petit pansement sur une grosse plaie».

«L'entretien sur les CS300 ne se fera pas avant 2025, a déploré M. Chartrand, au bout du fil. À court terme, les perspective pour les employés d'Aveos ne sont pas très réconfortantes.»

«Les CSeries ne représentent qu'une infime partie de la flotte d'Air Canada, a-t-il ajouté. Les Boeing et Airbus entretenus ailleurs, ils ne reviendront pas au Québec.»

Résultats en hausse pour 2015

En plus de préciser ses intentions sur le renouvellement de son parc aérien, Air Canada dévoilait mercredi ses plus récents résultats financiers, qui ont fait état d'un bénéfice annuel ajusté record pour un deuxième exercice de suite.

Air Canada a fait état d'un profit net ajusté de 1,2 milliard $, ou 4,18 $ par action, pour l'exercice 2015, soit plus du double de celui de 531 millions $ réalisé en 2014.

Au quatrième trimestre, le bénéfice ajusté par action, qui ne tient pas compte des éléments non récurrents, a été de 40 cents, conforme aux prévisions des analystes sondés par Thomson Reuters.

Le transporteur aérien a toutefois affiché une perte nette trimestrielle de 116 millions $, comparativement à une perte nette de 100 millions $ un an plus tôt.

L'action d'Air Canada a plongé mercredi de 1,02 $, soit 12,1%, pour clôturer à 7,39 $ à la Bourse de Toronto.

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