Bombardier coupe 7000 postes

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Le Québec n'est pas épargné puisque la province représente 2400 des 2830 postes éliminés au Canada. Les licenciements s'effectueront surtout dans la région de Montréal.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

La cure minceur se poursuit chez Bombardier (TSX:BBD.B), qui, malgré l'engagement d'Air Canada à l'endroit de la CSeries, supprimera 7000 postes, dont 2000 contractuels, d'ici deux ans.

Ces compressions, qui représentent près de 10% de la main d'oeuvre mondiale de l'entreprise, se feront principalement au Canada, ainsi qu'en Europe.

«C'est une décision très difficile, a expliqué mercredi le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, en marge d'une conférence de presse conjointe avec Air Canada. Comme dirigeant, il n'y a rien de plus dur que de réduire l'effectif.»

Cette nouvelle réduction d'effectifs a été annoncée à l'occasion de la divulgation des résultats financiers du quatrième trimestre et de l'exercice 2015 de la multinationale québécoise.

Le Québec n'est pas épargné puisque la province représente 2400 des 2830 postes éliminés au pays. Les licenciements s'effectueront surtout dans la région de Montréal. Près de 3200 travailleurs de Bombardier Transport, surtout en Allemagne, sont également concernés.

Les mises à pied touchent aussi 500 personnes dans les Amériques et 240 autres dans le reste du monde. En dépit de cette restructuration, M. Bellemare n'a rien fait pour rassurer les 64 000 travailleurs restants en ce qui a trait à leur sécurité d'emploi à court et moyen terme.

«Ce qu'on a cherché à faire, c'est de rebâtir, a-t-il répondu, lorsque questionné sur le sujet. Nous avons un plan de relance. Nous ajustons nos effectifs pour être en mesure de rebâtir un Bombardier solide financièrement.»

Ces compressions entraîneront une charge de restructuration variant entre 250 et 300 millions $ US, selon le constructeur d'avions et de trains.

Parallèlement, Bombardier prévoit embaucher dans son secteur des avions commerciaux, ce qui devrait se traduire par l'ajout d'environ 300 travailleurs aux 2200 qui se trouvent déjà à Mirabel pour construire les avions CSeries.

M. Bellemare, qui sollicite une aide financière du gouvernement fédéral après avoir vu Québec injecter 1 milliard $ US dans la CSeries, a par ailleurs rejeté du revers de la main les critiques selon lesquelles Bombardier vivait au crochet des contribuables.

«Nous sommes ceux qui dépensent le plus en recherche et développement, a-t-il dit. Uniquement l'an dernier, nous avons dépensé 2 milliard $ afin de développer de nouveaux produits.»

Air Canada s'engage

Par ailleurs, Air Canada (TSX:AC) y est allé d'un vote de confiance à l'égard de la CSeries en signant une lettre d'intention dans laquelle le transporteur s'engage à acheter 45 avions CS300 - une première commande ferme en près de 18 mois pour ce nouvel avion commercial.

Au prix du catalogue, la facture de cette commande, qui comprend également des options pour 30 autres appareils, atteint 3,8 milliards $ US.

«C'est un des moments les plus excitants pour la CSeries et un point tournant du programme», a expliqué M. Bellemare, en conférence de presse aux côtés du grand patron d'Air Canada, Calvin Rovinescu.

Ainsi, le carnet de commandes de la CSeries comptera 288 engagements fermes, soit tout près de l'objectif de 300 avions fixé par Bombardier d'ici l'entrée en service du CS100 au mois de juin.

Ces nouvelles ont été accueillies favorablement par les investisseurs, puisqu'à la Bourse de Toronto, le titre de la multinationale a bondi de 19 cents, soit 21,1%, pour clôturer à 1,09 $.

Aucune pression d'Ottawa

Par ailleurs, le grand patron d'Air Canada a assuré qu'il n'avait reçu aucune pression du gouvernement fédéral afin de favoriser le nouvel avion de Bombardier.

«Absolument pas, a martelé M. Rovinescu. Nous étudions cet avion depuis longtemps. Ce n'est pas une décision influencée par la politique.»

À Ottawa, le même message a été repris par le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, qui a répondu qu'Air Canada prenait «ses propres décisions» après avoir été questionné sur le sujet.

Celui-ci a par ailleurs réitéré que le gouvernement Trudeau étudiait toujours avec «diligence» la demande d'aide financière faite par Bombardier.

En matinée, au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes, M. Bellemare avait laissé entendre qu'il espérait une intervention similaire à celle du gouvernement du Québec, qui a injecté 1 milliard $ US dans la CSeries en échange d'une participation de 49,5 pour cent dans ce programme.

Même si Bombardier compte sur des liquidités oscillant autour de 6,5 milliards $ - en tenant compte des investissements de Québec et de la Caisse de dépôt et placement du Québec - une intervention fédérale constituerait un appui supplémentaire pour la CSeries, a expliqué M. Bellemare.

De son côté, le Syndicat des machinistes a réservé un accueil mitigé aux nouvelles, déplorant les compressions tout en se réjouissant de la nouvelle commande.

«Nous allons évaluer la situation et tout faire pour limiter les mises à pied, a dit le président de la section locale 712, Yvon Paiement. Nous allons donc tout faire pour que les membres touchés puissent bénéficier soit d'une opportunité de relocalisation, soit d'un programme de formation qui leur permettra de se retrouver un emploi rapidement.»

Bombardier a également profité de la publication de ses résultats trimestriels pour annoncer un regroupement de ses actions, ce qui devrait transposer le cours de son titre dans une fourchette oscillant entre 10 $ et 20 $.

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