Christine Lagarde devrait demeurer à la tête du FMI

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La Française Christine Lagarde est virtuellement assurée d'être reconduite à la tête du FMI pour un nouveau mandat de cinq ans.

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Jeremy Tordjman
Agence France-Presse
Washington

Christine Lagarde est virtuellement assurée d'être reconduite à la tête du Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau mandat de cinq ans dont le début risque d'être dominé par le coup de froid de l'économie mondiale.

Le conseil d'administration du FMI, qui représente ses 188 États membres, a mis fin jeudi à un suspense très relatif en révélant que la dirigeante française, âgée de 60 ans, était la seule candidate à la tête de l'institution financière.

Le processus de dépôts de candidatures, qui était ouvert depuis le 21 janvier, s'est refermé mercredi soir sans avoir vu émerger d'autre prétendant, a indiqué le communiqué.

L'organe de direction du FMI va désormais formellement faire passer un grand oral à l'ancienne ministre de l'Économie française et entend prendre sa décision finale «aussi vite que possible» et sur la base du consensus.

À moins d'un improbable coup de théâtre, l'issue du processus ne fait guère de doutes.

Arrivée à la tête du FMI en juillet 2011, Mme Lagarde avait officiellement fait acte de candidature le 22 janvier et aussitôt reçu le soutien d'importants États membres du FMI, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la France, et de plusieurs pays émergents, notamment en Amérique du Sud.

Les États-Unis, premiers actionnaires du FMI, ont eux aussi apporté leur soutien à sa candidature en saluant jeudi, par la voix de leur secrétaire au Trésor Jack Lew, «le travail exceptionnel» accompli par Mme Lagarde «à un moment crucial pour l'économie mondiale».

Ce concert unanime de soutiens, auquel le Canada a également participé, a sans doute découragé toute candidature alternative.

En 2011, avant de succéder à Dominique Strauss-Kahn, Mme Lagarde avait en revanche dû se mesurer à la candidature du gouverneur de la Banque centrale du Mexique Agustin Carstens.

Grèce et Ukraine au menu

Plus qu'un autre candidat, ce sont surtout les ennuis judiciaires de Mme Lagarde qui auraient pu contrarier ses plans de briguer un nouveau mandat.

En décembre, la justice française l'a renvoyée devant le tribunal pour sa «négligence» supposée dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais au moment où elle était ministre de l'Économie en France.

Mme Lagarde a contesté cette décision en justice, mais elle a surtout reçu le soutien du conseil d'administration du FMI, qui lui a aussitôt témoigné de sa «confiance» dans sa capacité à assurer sa mission en dépit de ces ennuis judiciaires.

«J'ai ma conscience pour moi dans cette affaire. J'espère que la justice, au terme de la procédure, aussi longue et pénible qu'elle soit, en conviendra», avait dit Mme Lagarde, assurant avoir agi «dans l'intérêt de l'État».

Sa très probable reconduction à la tête du FMI entérinera en tout cas une nouvelle fois la règle tacite selon laquelle les Européens nomment l'un des leurs à la tête du FMI tandis que les Américains se réservent la présidence de la Banque mondiale.

Au cours de son mandat, Mme Lagarde aura notamment su redorer le blason d'une institution traumatisée par le scandale Strauss-Kahn même si les remèdes économiques du FMI sont loin de faire l'unanimité.

La dirigeante peut également se prévaloir de l'adoption définitive d'une réforme renforçant le poids des pays émergents au sein du FMI et d'avoir ouvert l'institution à de nouveaux thèmes, tels que le changement climatique ou les inégalités sociales.

Nombreux défis

Le début de son prochain mandat sera sans aucun doute dominé par les inquiétudes croissantes suscitées par l'économie mondiale, sur fond de ralentissement chinois et de dévissage des autres pays émergents.

Elle devra également continuer de surveiller de près deux dossiers brulants qui ont occupé le FMI ces dernières années.

Le Fonds doit d'une part prochainement décider s'il participe ou non au troisième plan d'aide à la Grèce, un pays qu'il a déjà renfloué à deux reprises depuis 2010, mais qui reste englué dans une profonde crise économique.

Le FMI devra également se prononcer sur son plan d'aide à l'Ukraine qu'il vient de menacer de suspendre si Kiev n'intensifiait pas ses efforts dans la lutte contre la corruption.

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