Un dragon ratoureux de passage à Granby

Une bonne idée, quelques cartes de crédit, 40$,... (Janick Marois)

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Une bonne idée, quelques cartes de crédit, 40$, de la confiance en soi et beaucoup d'irrévérence: c'est tout ce qu'il faut pour réussir à se lancer en affaires, à en croire Serge Beauchemin.

Janick Marois

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Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est

(Granby) Une bonne idée, quelques cartes de crédit, 40$, de la confiance en soi et beaucoup d'irrévérence: c'est tout ce qu'il faut pour réussir à se lancer en affaires, à en croire Serge Beauchemin. L'homme d'affaires, qu'on peut voir dans l'émission Dans l'oeil du dragon, est venu raconter son parcours particulier et partager quelques conseils aux entrepreneurs réunis mercredi midi à l'Hôtel Castel Spa & Confort de Granby.

Jeune adulte, il souhaitait offrir une vie meilleure à sa mère et son jeune demi-frère. Il est donc entré rapidement sur le marché du travail, et a fait ses débuts dans la vente dans un magasin d'informatique.

Un jour, il quitte son emploi et choisit de devenir maître de sa propre destinée. «Des fois, la vie paraît complexe, mais ce n'est pas pour rien. Certains dépassent cette complexité et réalisent leurs rêves en combattant l'adversité», estime l'investisseur.

Alors âgé au début de la vingtaine, Serge Beauchemin réalise qu'une majorité des détaillants en informatique ne fournissent pas leur clientèle en logiciels. Il y voit l'occasion de lancer son entreprise, ce qu'il fait à l'été 1987 avec un ami. 3-SOFT était née.

«Ça prend une idée qui répond à un besoin ressenti par un grand nombre de personnes et auquel aucune solution ne semble exister, mais pour laquelle les gens sont prêts à payer, énumère-t-il. Ça prend aussi un modèle d'affaires qui va permettre d'exploiter cette idée-là au maximum.»

Ingéniosité

Après quelques mois d'activité, le duo a réussi à revendre des logiciels à de grandes entreprises et sociétés d'État, parfois grâce à des astuces tout aussi ingénieuses que... ratoureuses. Que ce soit en référant la clientèle à leur siège social - l'appartement de la soeur de son associé -, en gonflant l'importance de son entreprise ou en négociant des marges de crédit auprès de ses fournisseurs en les faisant renchérir, le dragon en devenir amène sa société à générer un chiffre d'affaires de 74 millions$ en 2004.

L'année suivante, «l'aventure exceptionnelle» de 3-SOFT prend fin, quand la compagnie est acquise par une entreprise concurrente. Une transaction qui était «la bonne chose à faire», selon l'homme d'affaires. «C'est aussi bien de vendre quand les choses vont bien, quand on a encore de la valeur, que quand ça ne vaut plus rien.»

Mais la fin de ce chapitre n'a été que le début de bien d'autres, rappelle celui qui est depuis partenaire de plusieurs entreprises.

Le discours de Serge Beauchemin s'est conclu sur une note plus politique, lui qui souhaite que les entrepreneurs d'ici assurent un monde meilleur aux générations futures. «Le Québec est une société exceptionnelle, a-t-il déclaré. C'est un des endroits où il fait le mieux vivre. Il faut se demander quel monde on veut donner à nos enfants, et ce n'est pas en vendant nos ressources naturelles à crédit qu'on va y parvenir. Il faut créer la richesse, et c'est pour ça qu'on a besoin d'entrepreneurs forts.»

Nouveau rendez-vous d'affaires à Granby

M. Beauchemin était de passage à Granby dans le cadre du tout premier événement de Contact à Faire, qui se tenait sous le thème Osez l'action, maintenant! Ce nouveau rendez-vous de la communauté d'affaires de Granby et région est l'initiative du Centre des congrès de Granby de l'Hôtel Castel Spa & Confort.

Outre l'allocution de M. Beauchemin, une formation sur la vente et le développement des affaires a été prodiguée en avant-midi par le conférencier Guy Bourgeois, et un panel de discussion portant sur l'innovation en entreprise a permis un échange d'idées en après-midi. Le tout s'est conclu par un cocktail dînatoire de réseautage.

«Je crois que ça vient combler un besoin qu'on ressent dans la région, d'avoir un nouveau concept réfléchi pour les gens d'affaires», explique Jonathan St-Laurent, délégué commercial et corporatif.

«Les gens veulent s'enrichir de connaissances et d'expériences, et parfois, les 5 à 7 s'y prêtent moins. Notre but, avec Contact à Faire, c'est d'organiser des activités qui créent des liens et qui favorisent les échanges entre les entrepreneurs», poursuit-il.

Avec 130 inscriptions, cette première mouture de l'événement devrait être de retour l'an prochain.

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