Un appel lancé aux employeurs

Dans un aéroport de Jordanie, des réfugiés syriens... (Raad Adayleh, The Associated Press)

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Dans un aéroport de Jordanie, des réfugiés syriens complètent des procédures avant de migrer vers le Canada.

Raad Adayleh, The Associated Press

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La Presse Canadienne
Montréal

Un appel pressant a été lancé, mardi à Montréal, aux employeurs du Québec pour qu'ils ouvrent leurs portes aux réfugiés syriens qui arriveront en masse au cours des prochaines semaines afin de soutenir leur intégration à la société québécoise.

Les ministres du Travail et de l'Immigration, Sam Hamad et Kathleen Weil, ont lancé cet appel, flanqués des représentants de l'ensemble des grandes organisations patronales qui ont profité de l'occasion pour le retransmettre à leurs membres.

D'ailleurs, ces organisations n'ont pas caché qu'il ne s'agit pas tant de demander aux entreprises de poser un geste charitable que de leur permettre de saisir la chance qui s'offre à elles.

«On a une occasion extraordinaire d'offrir à des gens sur le plan humanitaire une nouvelle vie, mais en même temps comme employeurs, et il ne faut pas être gênés de le dire, d'avoir accès à une main-d'oeuvre. Et les deux, c'est gagnant-gagnant. C'est gagnant aussi pour la société», a affirmé le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval.

La vice-présidente principale de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Martine Hébert, a ainsi fait valoir qu'il y a présentement 66 000 emplois à pourvoir au Québec et que ces réfugiés représentent une force de travail extrêmement motivée.

Salaires subventionnés

Le ministre Hamad a profité de l'occasion pour rappeler l'existence et la disponibilité du programme PRIME du gouvernement du Québec qui vise précisément l'intégration d'immigrants en subventionnant leurs salaires jusqu'à hauteur de 15 000 $ par année. Ce programme soutient non seulement l'emploi, mais aussi les mesures périphériques d'adaptation, incluant l'apprentissage de la langue, élément prioritaire d'intégration de réfugiés.

Le ministre Weil, pour sa part, a profité de l'occasion pour souligner à quel point l'emploi vient déconstruire le mythe de l'immigrant sur l'aide sociale. «Pour tous nos immigrants, c'est sûr que pendant une période, certains vont avoir l'aide sociale (...) mais les données nous montrent qu'ils ne retournent pas sur l'aide sociale. Dès qu'ils ont un emploi - et c'est ce qu'ils cherchent -, ils sont partis pour le succès.»

La présidente de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, s'est quant à elle engagée à porter le message dans les régions, puisque les réfugiés sont attendus dans 13 villes québécoises, dont Granby, et pas seulement à Montréal.

Certes, le défi de la rétention y pose parfois problème, reconnait la ministre Weil, qui précise toutefois qu'en dehors de Montréal, les villes de Gatineau, Sherbrooke et Québec, notamment, réussissent à retenir leurs immigrants. Mais pour son collègue Sam Hamad, la solution est déjà identifiée. «La meilleure rétention, c'est l'emploi. Quand on a un emploi, ça aide l'intégration et ça aide au niveau financier», a-t-il dit.

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