Démodés, les guichets automatiques ?

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Les guichets automatiques ne représentent plus que 10% des transactions.

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<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Alors qu'il implantait de 100 à 250 nouveaux guichets automatiques par an durant les années 90, le Mouvement Desjardins en ferme maintenant plus de 40 par année à cause du désintéressement des clients envers cette plateforme.

De 2839 guichets automatiques Desjardins au Québec en 2001, le chiffre était passé à 2225 en 2014 et, selon les informations obtenues par Le Soleil, passera sous la barre de 2200 au début 2016. Quant au nombre de points de services, il passera le 1er janvier officiellement sous la barre de 800 pour la première fois depuis plusieurs années alors qu'on en répertoriait 901 en 2001.

«Il n'y a aucun plan de fermeture de points de services et de guichets chez Desjardins. Ce sont des décisions qui sont prises localement dans les caisses et qui suivent les habitudes d'utilisation des clients», assure Valérie Lamarre, porte-parole de Desjardins.

Diminutions

Au cours des cinq dernières années, le nombre de transactions par guichet automatique aurait toutefois diminué de 21 % chez Desjardins et le nombre de transactions au comptoir aurait chuté de 28 %, alors que les transactions sur les autres plateformes (par Internet, sur tablette, téléphone intelligent ou par téléphone) auraient augmenté de 58 %.

«Ce sont des chiffres qui parlent. On constate une croissance fulgurante en ce qui a trait aux services AccèsD, qui sont disponibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept», indique Mme Lamarre, ajoutant que même les gens qui souhaitent se procurer de l'argent comptant sont de moins en moins portés à le faire dans un guichet automatique.

«Par exemple, beaucoup de nos membres préfèrent retirer une somme supplémentaire en payant leurs achats par Interac», poursuit la porte-parole de Desjardins. Avec 27 % des transactions, le paiement direct serait d'ailleurs le deuxième mode de transaction préféré des clients de Desjardins, derrière les solutions en ligne qui sont maintenant passées en tête avec 29 %.

Les transactions automatisées prennent la troisième place avec 18 % des transactions, suivies des services mobiles (sur tablette ou sur téléphone intelligent) qui représentent 11 % du nombre total des transactions.

Si populaires dans les années 80 et 90, les guichets automatiques ne représentent plus que 10 % des transactions et les services au comptoir, seulement 3 %, un maigre point devant le 2 % des services financiers par téléphone.

Dernier recours

Desjardins assure malgré tout que les fermetures de points de services et de guichets demeurent une solution de dernier recours tout en ajoutant que la tendance des consommateurs à se tourner vers d'autres plateformes semble vouloir se maintenir.

«Oui, ce sont des décisions de dernier recours qui sont prises en fonction de l'utilisation des services. Et il y a toujours des mesures qui peuvent être mises en place, dans certains cas des solutions de transport comme des navettes quand la caisse est rendue trop loin pour certains clients», souligne Mme Lamarre. De la formation sur tablette est également offerte. «C'est très populaire dans les résidences pour personnes âgées. Il ne faut pas penser que ces gens ne sont pas capables d'utiliser les autres plateformes.»

Valérie Lamarre ajoute qu'il pourrait devenir coûteux pour Desjardins de maintenir des guichets automatiques en place. «Il y a les frais de location d'espace, de remplissage, de connexion au réseau, de cueillette et de traitement des enveloppes de dépôt et ça devient moins rentable quand l'utilisation des services diminue.»

Même si Desjardins demeure l'institution financière comptant le plus de points de services et de guichets au Québec, les annonces de fermetures faites depuis la fin août à Saint-Donat et Saint-Narcisse, dans le Bas-Saint-Laurent, Tourelle et Marsoui, en Gaspésie, ainsi que Duparquet, Gallichan, Sainte-Rose de Poularies, Roquemaure et Sainte-Germaine-Boulé en Abitibi continuent de susciter la grogne de certains membres.

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