Des différences salariales entre le public et le privé

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a plutôt soutenu qu'en termes de rémunération globale par heure travaillée, il y a parité entre les deux secteurs.

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La Presse Canadienne
Montréal

Les employés de l'administration publique québécoise affichent un retard de 10 pour cent quant au salaire par rapport à leurs pairs du privé, mais leur situation est à parité avec le privé quand on regarde l'ensemble de leur rémunération globale.

L'Institut de la statistique du Québec a dévoilé, jeudi, son portrait annuel de la rémunération des employés de l'administration québécoise.

Il en ressort, encore une fois, que c'est grâce à leur semaine de travail plus courte et à ce qui est qualifié de «temps chômé payé» (congés plus nombreux) que les employés du secteur public se tirent mieux d'affaires. Car quand on tient uniquement compte des salaires, les employés du secteur public sont en retard par rapport à toutes les autres catégories d'employés avec lesquelles ils ont été comparés: administration municipale, universitaire, privé syndiqué et non syndiqué, entre autres.

L'Institut a souligné que la semaine de travail dans le secteur public est en moyenne de 35,9 heures, alors qu'elle est de 37,8 heures dans le secteur privé. Au bout de l'année, cette différence résulte en une différence de 2,75 semaines de travail en moins dans l'administration québécoise.

Cette comparaison de l'ISQ prend une saveur particulière cette année, puisqu'elle coïncide avec une période de négociation des conventions collectives dans les secteurs public et parapublic touchant 500 000 employés de l'État.

D'ailleurs, dans sa contre-proposition, le front commun intersyndical demande la première année une augmentation équivalant à 2,9 pour cent. Or, l'ISQ révèle que les augmentations prévues en 2016 dans le secteur privé atteignent 2,2 pour cent.

Au cours d'une entrevue, la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque, responsable de la négociation du secteur public, a vu dans ces constatations de l'ISQ des arguments qui viennent étayer la thèse du front commun voulant que les employés du secteur public aient un rattrapage salarial à faire.

«Il vient ajouter une autre voix qui, elle, est perçue comme étant neutre, qui vient dire effectivement que ce qu'on demande et la réalité dont on fait état, c'est quelque chose de bel et bien concret, de bel et bien réel», a opiné Mme Lévesque.

Ce n'est pas l'avis du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, qui a soutenu, jeudi, qu'en termes de rémunération globale par heure travaillée, la situation des employés du secteur public était toujours équivalente à celle des travailleurs du secteur privé.

«Je pense qu'au-delà de ça, ce qu'il faut considérer, c'est qu'on offre la sécurité d'emploi, ce qui n'existe pas dans le secteur privé avec lequel le secteur public est déjà en équivalence», a indiqué M. Coiteux.

«On a aussi le RREGOP, un régime de retraite à prestations déterminées qui ne trouve pas son équivalent non plus dans le secteur privé. Alors, l'État, c'est un bon employeur. C'est même un très, très bon employeur.»

Détérioration

L'Institut de la statistique confirme également que la situation de l'administration québécoise s'est détériorée depuis 2009.

Ainsi, en 2009, les employés de l'administration québécoise affichaient un retard salarial de 6 pour cent par rapport à ceux du privé. Cet écart en défaveur des employés de l'administration québécoise était rendu à 10 pour cent en 2015.

Pour ce qui est de la rémunération globale - qui inclut les salaires, les avantages sociaux et les heures de présence au travail -, les employés de l'administration québécoise sont passés d'un avantage de 3,6 pour cent face au privé, en 2009, à un avantage de 1 pour cent en 2015. L'ISQ qualifie toutefois cette baisse de «stabilité», estimant qu'elle n'est pas significative au plan statistique.

Mme Lévesque souligne que là encore, les statistiques confirment la thèse des syndicats du secteur public.

«Ça vient témoigner que la situation des travailleurs du secteur public continue de se détériorer. Et le gouvernement ne peut pas continuer de prétendre, comme le disait Martin Coiteux, la semaine dernière, que ce n'est pas vrai qu'il y a une forme d'appauvrissement des travailleurs du secteur public», a commenté Mme Lévesque.

Interrogé sur cette question jeudi, M. Coiteux a de nouveau nié l'existence de cette forme d'appauvrissement au sein du secteur public.

«La rémunération dans le secteur public au cours des 15 dernières années a augmenté plus que l'inflation. Il n'y a pas eu d'appauvrissement. Dans les offres que l'on fait, il n'y en a pas non plus, d'appauvrissement, a-t-il martelé. Et puis, on a des conditions qui sont extrêmement favorables. La sécurité d'emploi et le régime de retraite à prestations déterminées, on ne mesure pas la valeur de ça dans les enquêtes statistiques, mais c'est très important.»

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