Bombardier: le transfert d'emplois dénoncé

Le ministre de l'Économie Jacques Daoust a tenu... (Alexandre Gouger, tirée du web)

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Le ministre de l'Économie Jacques Daoust a tenu à prendre ses distances de la multinationale québécoise, en rappelant que Québec avait investi spécifiquement et exclusivement dans le programme CSeries et non dans la société-mère.

Alexandre Gouger, tirée du web

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Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
Québec

Le projet de Bombardier de transférer une partie de ses activités vers ses usines situées en Inde, au Mexique et au Maroc a créé un malaise dans les rangs des partis d'opposition, mercredi.

Ce projet de délocalisation dans des pays où la main-d'oeuvre est disponible à faible coût n'augure rien de bon en termes de maintien et de création d'emplois au Québec, selon le Parti Québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS).

Mardi, en présentant sa stratégie quinquennale de redressement de l'entreprise, le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, a exprimé son intention de réduire ses coûts d'exploitation en recourant davantage à la délocalisation de certaines activités de fabrication vers l'étranger.

Il n'a toutefois pas précisé le nombre d'emplois qui seront ainsi affectés.

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, et le chef de la CAQ, François Legault, y ont vu la preuve que Québec avait conclu une mauvaise entente avec Bombardier, sans aucune garantie de maintien des emplois au Québec.

Le gouvernement Couillard annonçait récemment un investissement de 1,3 milliard$ dans la filiale de Bombardier consacrée à mettre au point et commercialiser ses appareils du programme CSeries, en difficulté financière.

«Mauvaise transaction»

M. Péladeau fait valoir qu'en procédant à cette annonce, le premier ministre Philippe Couillard disait vouloir protéger les emplois au Québec.

Or, la démonstration est maintenant faite que «ce n'est pas le cas», a-t-il indiqué lors d'une mêlée de presse, mercredi matin, en se disant inquiet de voir le secteur aéronautique de la multinationale visé par cette annonce.

Cela prouve que c'était «une mauvaise transaction» négociée sans «exigences minimales», a déploré le chef péquiste.

En Chambre, il est revenu à la charge pour demander au premier ministre de rendre publique l'entente, pour qu'on puisse en connaître les détails. M. Couillard a répondu que ce serait fait «en temps et lieu».

Selon le chef caquiste, le gouvernement aurait dû exiger qu'aucun des 17 500 emplois de Bombardier au Québec ne puisse être transféré à l'étranger. Mais le gouvernement a plutôt choisi de laisser cette question «au bon vouloir de Bombardier», a déploré M. Legault.

Chez Québec solidaire, la réaction est semblable. Le transfert d'activités à l'étranger, dans des usines où les coûts sont faibles, «est une mauvaise habitude des grandes multinationales, mais on s'attendait à mieux d'une entreprise qui demande la charité des contribuables!», a commenté le député Amir Khadir.

Lui aussi est d'avis que le gouvernement aurait dû accompagner son investissement d'une prise de contrôle et des exigences claires de maintien des emplois au Québec.

La CSeries avant tout

Le ministre qui a piloté le dossier, Jacques Daoust, ne voit pas les choses de cette façon.

Lors d'un bref point de presse, le ministre de l'Économie a tenu à prendre ses distances de la multinationale québécoise, en rappelant que Québec avait investi spécifiquement et exclusivement dans le programme CSeries et non dans la société mère.

«J'ai investi dans CSeries, j'ai pas investi dans Bombardier», a-t-il tranché.

Il a ajouté qu'actuellement, le programme CSeries procurait un emploi à 1700 personnes au Québec. «On ne délocalisera pas, on va monter à 2300 en pleine production», voire à 5500 en comptant les emplois indirects, a calculé le ministre.

Questionné à savoir si la multinationale demeurait un bon citoyen corporatif en misant sur la délocalisation, M. Daoust a répondu: «Je ne commenterai pas».

En vertu de l'entente signée avec Québec le 29 octobre, la multinationale s'est engagée à maintenir son siège social stratégique et ses activités de production et d'ingénierie au Québec pendant 20 ans. Bombardier a 80 usines à travers le monde, qui fournissent un emploi à 74 000 personnes.

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