Pfizer et Allergan en discussion pour fusionner dans la pharmacie

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Si elle se concrétisait, la fusion entre Pfizer et Allergan serait la plus importante de l'année.

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Jeremy Tordjman
Agence France-Presse
Washington

Les géants pharmaceutiques Pfizer et Allergan ont confirmé jeudi avoir engagé des discussions en vue d'une mégafusion qui pourrait aboutir à la plus grande OPA de l'année et relancer le débat sur la fiscalité des entreprises aux États-Unis.

La demande en mariage a été formulée par l'américain Pfizer, le fabricant du Viagra, qui cherche à s'agrandir pour faire face à l'érosion de ses ventes et fait des yeux doux à son compatriote Allergan et à son blockbuster, le médicament antirides Botox.

«Pfizer confirme qu'il a engagé une discussion préliminaire et amicale avec Allergan au sujet d'une possible transaction», a assuré le groupe dans un communiqué, après que les tractations ont été éventées par le Wall Street Journal mercredi soir.

Quelques heures plus tôt, Allergan avait lui aussi confirmé avoir été «approché» par Pfizer, ajoutant mener «des discussions préliminaires sur une base amicale concernant une éventuelle fusion de leurs activités».

Dans leurs communiqués, les deux groupes prennent toutefois soin de préciser qu'il n'y a «aucune certitude» qu'un accord soit trouvé.

Le coût de l'opération pourrait, de fait, constituer un obstacle de taille. Pour le moment, aucun montant ne circule, mais Pfizer devra sans doute débourser davantage que les quelque 113 milliards de dollars de capitalisation boursière d'Allergan.

«Pfizer ne commentera pas les spéculations concernant les conditions d'une possible transaction», a fait savoir le groupe.

Une chose est sûre: cette fusion, si elle se concrétisait, serait la plus importante de l'année et détrônerait l'alliance entre les deux principaux géants de la bière, SABMiller et AB InBev, scellée pour environ 104 milliards de dollars.

Exil fiscal 

La transaction présenterait de nombreux avantages pour Pfizer, en étoffant son arsenal de médicaments sous brevets et en permettant de contrer l'impact de l'expiration de certains brevets et de la concurrence des génériques.

Ce fusion aurait une autre vertu, moins avouable: il permettrait à Pfizer de se relocaliser en Irlande où Allergan a son siège et où l'impôt sur les bénéfices (12,5 %) est quasiment trois fois plus faible qu'aux États-Unis (35 % au seul échelon fédéral)

«Nous sommes actuellement totalement désavantagés dans cette course (contre les entreprises étrangères)», a affirmé le PDG de Pfizer, Ian Read, dans un entretien au Wall Street Journal.

«Il y a des entreprises étrangères qui ont des niveaux d'impôts de 15 % et qui peuvent investir 2 à 3 milliards de plus dans la recherche. Nous nous battons avec une main attachée dans le dos», a ajouté le dirigeant.

En mai 2014, Pfizer avait déjà tenté de s'implanter fiscalement hors des États-Unis en rachetant son concurrent AstraZeneca, basé en Grande-Bretagne. Mais son offre de 117 milliards de dollars avait été rejetée.

Quelques mois plus tard, les autorités américaines avaient annoncé un plan pour freiner ces opérations dites d'«inversion fiscale» qui permettent à des multinationales de fuir l'impôt sur les sociétés aux États-Unis, le plus élevé dans le monde industrialisé, à la faveur de rachat d'entreprises.

«La question n'est pas que nous ne voulons pas être aux États-Unis», s'est défendu M. Read. «Mais il n'y a pas d'avantage compétitif au fait d'être domicilié aux États-Unis par rapport au fait d'être domicilié en dehors des États-Unis. En fait, il y a un énorme désavantage».

Le débat pourrait rapidement rebondir sur le terrain politique au moment où les candidats à l'investiture républicaine pour la Maison Blanche tirent à boulets rouge sur la fiscalité des entreprises américaines.

Interrogé lors d'un point-presse, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest s'est, lui, refusé à tout commentaire sur la transaction en elle-même. Mais il a redit l'attachement du président Obama à supprimer «ces niches pour les entreprises qui ne profitent qu'aux plus riches et à ceux qui ont le plus de connexions».

En dépit de son échec avec AstraZeneca, Pfizer, dont la capitalisation boursière avoisine les 218 milliards de dollars, avait continué à racheter des entreprises, mettant ainsi la main sur le laboratoire américain Hospira pour 17 milliards de dollars, dans un secteur en pleine consolidation.

Sa cible actuelle, Allergan, avait d'ailleurs elle-même été rachetée par l'américain Actavis en novembre 2014 pour 66 milliards de dollars.

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