Bombardier: trop de risques selon l'opposition

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Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau questionne le gouvernement sur le nouveau partenariat avec Bombardier.

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Québec

Investir 1 milliard $ US de fonds publics dans l'avion commercial CSeries de Bombardier est une aventure trop risquée, ont tonné jeudi les partis d'opposition, qui ont dénoncé en Chambre cette décision du gouvernement Couillard.

Autant le chef péquiste Pierre Karl Péladeau que son homologue caquiste François Legault ont accusé le premier ministre et son gouvernement de ne rien comprendre à l'économie et d'être de «piètres négociateurs», au cours d'une période de questions où les attaques personnelles ont fusé.

En vertu de cette transaction, l'État sera le propriétaire à 49,9 pour cent d'une division qui manufacture la CSeries, un avion qui a provoqué un gouffre financier dans l'entreprise en raison de problèmes de commercialisation.

De l'avis des deux chefs de l'opposition, il aurait fallu que l'État prenne une participation plutôt dans la société mère, qui compte au moins deux divisions rentables.

«Est-ce que le premier ministre peut nous dire pourquoi il a décidé que les contribuables et les Québécois devaient prendre tous les risques pour le bénéfice des actionnaires?» a demandé M. Péladeau à la période de questions.

«Désolante manifestation d'amateurisme, a rétorqué Philippe Couillard. C'est comme si on avait attendu les remarques du chef de l'opposition officielle - et Dieu sait qu'on n'attend pas grand-chose de sa part - pour nous intéresser à l'avenir de l'aéronautique au Québec.»

M. Legault n'a pas été plus tendre quand il est revenu à la charge. Selon lui, le premier ministre a prouvé «qu'il ne comprend rien» en investissant dans la division en difficulté, sans minimiser les risques par l'entremise d'une prise de participation dans l'ensemble du groupe.

«Pourquoi prendre autant de risques avec l'argent des contribuables? C'est un mauvais deal. Le gouvernement libéral s'est comporté comme un enfant d'école dans cette transaction-là», a-t-il dit.

«On voit pourquoi notre collègue a quitté le milieu des affaires», a répondu le chef libéral, en rappelant le passé de son adversaire caquiste, cofondateur d'Air Transat, une entreprise dont il s'est séparé.

«Je pense que mon chef a eu pas mal plus de succès en affaires que lui a pu en avoir avec Arthur Porter», a lancé par la suite le leader parlementaire caquiste François Bonnardel.

Le premier ministre a répété que d'investir dans Bombardier était une «décision justifiée, équilibrée, sage, à la hauteur des ambitions des Québécois». Il a même ajouté que c'était une «décision cruciale» pour l'avenir même de la filière aéronautique au Québec.

À ses yeux, il est aussi important pour le Québec de soutenir son industrie aéronautique que pour l'Ontario de soutenir son industrie automobile, ce que la province voisine a fait massivement.

Il a reproché à ses adversaires leurs propos, qui sont une «marque de non-confiance» envers le géant aéronautique et son appareil. «Chaque mot qui est prononcé ici sur cette entreprise et ses projets a un impact direct sur les marchés», a-t-il dit.

Lui-même n'a pas manqué d'éloges pour l'appareil de la CSeries, qui, loin d'être un canard boiteux pour l'avionneur, est «l'avion le plus perfectionné sur le marché», a-t-il estimé.

M. Couillard demeure convaincu que les Québécois en ont pour leur argent dans cette transaction. Le gouvernement a obtenu la garantie pour 20 ans de conserver le siège social des activités d'assemblage et de génie à Montréal, de même que la possibilité d'obtenir des bons de souscription dans la compagnie mère à partir d'un certain niveau de valeur de l'action, a-t-il fait valoir.

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